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2002 octobre — Rapport de la commissaire à l'environnement et au développement durable
Rapport d'octobre 2002 — Chapitre 4
Étude de cas 4.5 — Le crabe vert remonte les côtes est et ouest du Canada
Le crabe vert, ou crabe enragé, a envahi la côte nord-américaine, à partir de Cape Cod, il y a plus d'un siècle. Dans les années 1950, il avait déjà colonisé les eaux du Nouveau-Brunswick. Il est fort probable qu'il a pénétré en Colombie-Britannique en 1998 grâce aux courants de marée chauds provoqués par El Niño. Non seulement le crabe vert est un prédateur des crabes indigènes, des palourdes, des huîtres et des moules et occupe leur habitat, mais il se nourrit aussi des mêmes aliments que les crabes, les homards et de nombreux oiseaux de mer. Un seul crabe vert peut manger 40 palourdes par jour. Il est aussi porteur d'un parasite nuisible à l'eider, dont le duvet est prisé depuis des générations pour la confection de vêtements isolants et de literie.
L'effondrement de la pêche à la palourde dans le nord de la Nouvelle-Angleterre et en Nouvelle-Écosse dans les années 1950 a été associé au crabe vert. En Californie, des pertes en palourdes japonaises de l'ordre de 50 p. 100 lui ont été attribuées.
Le crabe vert colonise agressivement la côte est du Canada, mettant ainsi en péril l'industrie de la palourde, de la moule et de l'huître. La valeur au débarquement de la pêche à la palourde, à la moule et à l'huître atlantiques s'élevait à elle seule à environ 57 millions de dollars en 2000. La valeur au débarquement du homard de l'Atlantique, que les scientifiques croient aussi menacé, était de plus de 500 millions de dollars en 2000.
Sur la côte ouest, le détroit de Georgia est considéré comme un habitat propice au crabe vert. La valeur au débarquement des palourdes et du crabe indigènes en Colombie-Britannique se chiffrait à environ 25 millions de dollars en 2000. Le crabe dormeur est la plus importante espèce commerciale de crabe dans cette province. Près de 222 bateaux de pêche et leurs équipages respectifs, ainsi que des milliers de pêcheurs de 33 communautés côtières des Premières Nations, dépendent de cette espèce. Les pêcheurs récréatifs de crabe sont au nombre de 10 000 à 20 000.
Cet envahisseur omnivore, agressif et opportuniste a décimé bien des peuplements de mollusques et de crustacés dans son sillage.
Photo : Glen Jamieson, Pêches et Océans Canada
Source : Andrea Locke, Pêches et Océans Canada
Aires de colonisation du crabe vert européen sur les côtes est et ouest du Canada
Source : Pêches et Océans Canada
Le codium présente une menace
Les scientifiques croient que le codium, une algue marine, étouffe les mollusques indigènes, entrave le cycle de reproduction de l'oursin et chasse la zostère marine, qui constitue un habitat de l'anguille. Le codium prend aussi la place des laminaires indigènes, qui forment le principal habitat du homard et d'autres espèces prisées commercialement.
Au Canada, le codium se trouve le long du littoral de la Colombie-Britannique, y compris aux îles de la Reine-Charlotte et à l'île de Vancouver. Il a pour la première fois été signalé sur la côte est, en Nouvelle-Écosse, à la fin des années 1980. On l'a depuis découvert dans les eaux côtières de l'Île-du-Prince-Édouard.
On croit aussi que le codium a des incidences importantes sur l'exploitation du homard, de l'huître, de l'oursin, et sur le varech. Il affecte peut-être aussi les anguilles.
En 2000, la valeur de la pêche à l'oursin dans l'Atlantique s'élevait à plus de sept millions de dollars. Les captures d'anguilles ont rapporté environ 700 000 $.
Le codium est une sorte d'algue qui peut causer des ravages importants aux habitats indigènes, ce qui nuit aux espèces indigènes de varech, d'oursins, d'huîtres et de homards ainsi qu'aux zostères.
Photo : John Pearse, University of California, Santa Cruz
Distribution du codium dans la partie méridionale du golfe du St-Laurent.
Source : Andrea Locke, Pêches et Océans Canada
