Déclaration d’ouverture du commissaire à l’environnement et au développement durable

Conférence de presse du Rapport d’automne 2010 — 7 décembre 2010

Bonjour. Notre rapport aujourd’hui aborde plusieurs sujets, depuis les déversements de pétrole provenant de navires à la surveillance des ressources en eau et aux impacts des changements climatiques. Il souligne des faiblesses communes, des faiblesses qui ne sont pas nouvelles, dans la façon dont le gouvernement fédéral gère les enjeux liés à l’environnement – autant un manque de données essentielles qu’une information insuffisante sur les grandes menaces environnementales et un manque de plans pour faire face à ces menaces.

Le gouvernement s’est engagé plus d’une fois, au fil des années, à assumer le leadership en matière de protection de l’environnement et d’avancement du développement durable.

Un leadership soutenu est nécessaire pour venir à bout de ces faiblesses que nous avons signalées à maintes reprises.

Les déversements de pétrole provenant de navires

Le premier chapitre du rapport examine la mesure dans laquelle le gouvernement est prêt à faire face aux déversements de pétrole provenant de navires. Chaque jour, en moyenne, au moins un déversement de pétrole est signalé à la Garde côtière canadienne. Heureusement, la plupart de ces déversements sont petits. Cependant, étant donné les constatations de la vérification, je crains que le gouvernement ne soit pas prêt à faire face à un déversement majeur.

La vérification sur les déversements de pétrole a conclu que le plan national de gestion des urgences de la Garde côtière canadienne n’est pas à jour et que celle-ci n’a pas fait d’évaluation complète de sa capacité d’intervention depuis 2000.

Transports Canada évalue les organismes d’intervention certifiés du secteur privé pour confirmer qu’ils sont prêts à intervenir en cas de déversement. Il n’existe pas de pratique équivalente pour la Garde côtière.

Nous avons aussi constaté que faute d’avoir un système fiable pour consigner l’information sur les déversements de pétrole, la Garde côtière n’est pas en mesure de déterminer avec précision combien de déversements arrivent chaque année et quelles en sont la taille et les impacts sur l’environnement.

Nous avons relevé plusieurs lacunes inquiétantes, allant d’évaluations de risque incomplètes à des plans d’intervention d’urgence désuets. Ces lacunes doivent être comblées pour que le gouvernement fédéral soit prêt à réagir à tous les déversements de pétrole provenant de navires qui se produisent en eaux canadiennes.

La surveillance des ressources en eau

Le chapitre 2 se penche sur la façon dont Environnement Canada surveille la qualité et la quantité des ressources en eau douce du Canada par le biais des programmes de surveillance à long terme. Environnement Canada dirige les programmes fédéraux de surveillance de l’eau depuis 40 ans. Pourtant, il n’a toujours pas fait des choses élémentaires, par exemple définir ses responsabilités et réagir aux menaces qu’il a reconnues comme pesant sur les ressources en eau du Canada.

Environnement Canada ne surveille pas la qualité de l’eau sur la majorité des terres fédérales, et il ignore si d’autres ministères fédéraux y exercent une surveillance quelconque.

La vérification a aussi montré que le Ministère a évalué les risques qui menacent les ressources en eau du Canada, mais il n’a pas adapté son réseau de surveillance en fonction du développement industriel, des changements climatiques et de la croissance démographique dans certaines régions.

Environnement Canada devrait mettre à jour son évaluation des menaces qui pèsent sur les ressources en eau du Canada, depuis les changements climatiques aux impacts sur la santé humaine, pour pouvoir gérer son réseau de surveillance de manière à reconnaître les menaces les plus urgentes et à faire face à ces menaces.

L’adaptation aux impacts climatiques

Le chapitre 3 s’attarde sur le rôle que joue le gouvernement fédéral dans l’adaptation aux impacts des changements climatiques.

Le gouvernement a reconnu que les impacts des changements climatiques sont inévitables, et qu’ils se produisent déjà. La santé des Canadiens et l’environnement naturel, les collectivités ainsi que l’économie du Canada sont vulnérables à ces impacts, et le gouvernement n’est pas prêt à faire face à ces impacts.

L’absence de stratégie et de plan d’action du gouvernement fédéral a nui aux efforts des ministères pour coordonner leurs actions afin de faire face aux effets des changements climatiques. Les ministères examinés ont recensé les risques auxquels ils pourraient être exposés en raison des changements climatiques, mais ils ont pris peu de mesures concrètes pour s’adapter aux impacts qui pourraient se concrétiser.

L’adaptation aux changements climatiques exige un leadership soutenu, notamment la mise en place d’une stratégie fédérale et d’un plan prévoyant des mesures concrètes tant pour informer les Canadiens sur les impacts des changements climatiques que pour les aider à s’y adapter.

Les pétitions en matière d’environnement

Le dernier chapitre de mon rapport est mon rapport annuel sur les pétitions en matière d’environnement. Le processus de pétition a été établi en 1995 pour fournir aux Canadiens un mécanisme officiel, mais simple, d’exprimer leurs préoccupations environnementales aux ministres fédéraux et d’obtenir une réponse.

Nous avons reçu 18 pétitions cette année. Encore une fois, l’incidence des enjeux environnementaux sur la santé est le sujet qui a été le plus souvent soulevé par les pétitionnaires, suivi par les substances toxiques, les pêches et l’eau.

Je suis maintenant prêt à répondre à vos questions.