Déclaration d’ouverture de la vérificatrice générale

Projet du pont de Deh Cho — Ministère des Transports; Programmes et services de santé — Ministère de la Santé et des Services sociaux — Rapports de mars 2011 — Le 1er mars 2011

Je suis heureuse d’être à Yellowknife aujourd’hui pour vous parler des deux rapports que j’ai remis au président de l’Assemblée législative plus tôt dans la journée. Le premier rapport porte sur les programmes et services de santé dans les Territoires du Nord-Ouest , et le second, sur le projet du pont de Deh Cho.

Comme ailleurs au Canada, les soins de santé prennent une part plus grosse des dépenses publiques dans les Territoires du Nord-Ouest, tandis que les coûts augmentent et que la population change. Devant ces défis, le ministère de la Santé et des Services sociaux doit améliorer sa gestion du système de soins de santé. Le budget du Ministère en 2010-2011 s’élève à 326 millions de dollars, soit environ 25 % du budget territorial.

Nous avons constaté que le ministère de la Santé et des Services sociaux a défini des grandes priorités pour améliorer le système de soins de santé, et il a pris des mesures dans certains secteurs. Cependant, il  n’a pas l’information qu’il lui faut pour déterminer si la santé de la population s’améliore par suite de ses actions.

Le Ministère et les administrations des services de santé et des services sociaux qui exécutent les programmes dans les collectivités doivent collaborer davantage. Entre autres, il faut recueillir de l’information plus complète sur la façon dont les administrations dépensent les fonds qu’elles reçoivent du Ministère, et sur les résultats obtenus.

Le Ministère doit aussi surveiller de plus près la mise en œuvre des programmes par les administrations.  Par exemple, il n’a pas d’information pour déterminer si l’état de santé des personnes diabétiques s’améliore. De plus, les normes relatives aux programmes de soins à domicile et de soins de longue durée sont trop générales pour permettre d’assurer un contrôle.

Nous avons observé que le Ministère a pris des mesures pour améliorer la prestation du programme d’aide au transport pour raisons médicales. Il s’affaire aussi à chercher des façons d’améliorer le recrutement des médecins et du personnel infirmier.

Le Ministère a fixé une orientation claire pour améliorer le système en énonçant dans son plan stratégique des priorités et des mesures à prendre en matière de santé. Toutefois, il doit faire le suivi avec les administrations régionales pour réaliser ces priorités et obtenir des améliorations durables à long terme.

Le Ministère a accepté toutes les recommandations contenues dans notre rapport, mais n’a pas encore élaboré un plan d’action officiel. Passons maintenant au pont de Deh Cho.

Le pont de Deh Cho mettra fin aux interruptions saisonnières du trafic routier qui surviennent quand le pont de glace est impassable ou que le service de traversier est suspendu. Il est le plus grand projet d’infrastructure publique jamais entrepris dans les Territoires du Nord-Ouest. Il a été présenté à l’origine comme un projet de 55 millions de dollars; aujourd’hui, le gouvernement dit qu’il va coûter 182 millions de dollars.

Nous avons constaté que le gouvernement a bien cerné les risques liés à la construction du pont, mais qu’il ne les a pas gérés adéquatement. Par exemple, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a renoncé à approuver le plan du pont pour permettre aux travaux de débuter malgré les préoccupations du ministère des Transports à l’égard de la conception du pont.

De plus, nous avons observé que ce qui devait être un partenariat avec le secteur privé est devenu un projet financé par les deniers publics, ce qui a entraîné des coûts supplémentaires et des risques pour le gouvernement.

Depuis que le ministère des Transports a repris le projet, il a instauré un cadre pour gérer les principaux risques. Cependant, certaines mesures d’atténuation des risques sont trop générales pour être utiles. Même si l’assurance et le contrôle de la qualité sont maintenant plus rigoureux, des risques demeurent en ce qui concerne le calendrier d’exécution, la portée et les coûts du projet.

Nous sommes heureux d’annoncer que le Ministère a accepté toutes nos recommandations. Quoiqu’il ait indiqué comment il entend y donner suite, nous n’avons pas encore vu de plan d’action officiel.

Le Ministère doit donner l’assurance à l’Assemblée législative et au public qu’il a pris les mesures qui s’imposent pour gérer les risques qui demeurent.

Je suis maintenant prête à répondre à vos questions.