Déclaration d’ouverture au Comité permanent des opérations gouvernementales de l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest
L’enseignement dans les Territoires du Nord-Ouest — Ministère de l’Éducation, de la Culture et de l’Emploi
(L’enseignement dans les Territoires du Nord-Ouest — Ministère de l’Éducation, de la Culture et de l’Emploi — Rapport de mai 2010 de la vérificatrice générale)
Le 8 juin 2010
Sheila Fraser, FCA
Vérificatrice générale du Canada
Monsieur le Président, je vous remercie de nous donner l’occasion de discuter de notre rapport de mai 2010, intitulé « L’enseignement dans les Territoires du Nord-Ouest — Ministère de l’Éducation, de la Culture et de l’Emploi ». Je suis accompagnée d’Andrew Lennox, vérificateur général adjoint, et de Glenn Wheeler, directeur principal, qui étaient responsables de cette vérification.
L’enseignement est essentiel au développement des Territoires du Nord-Ouest, tant au niveau individuel que collectif. La réussite scolaire est étroitement liée à la réussite professionnelle et personnelle. Elle a des retombées directes sur l’économie, la société et la qualité de vie des citoyens.
En 2009-2010, le ministère de l’Éducation, de la Culture et de l’Emploi a consacré près de 149 millions de dollars à l’enseignement primaire et secondaire, un peu plus de 32 millions de dollars à l’enseignement postsecondaire et à l’éducation des adultes, et un peu plus de 5 millions de dollars aux programmes d’éducation préscolaire.
Notre objectif pour cette vérification était de déterminer si le Ministère a planifié et surveillé adéquatement les programmes d’enseignement et de formation destinés à multiplier les occasions pour les résidants des Territoires du Nord-Ouest de participer pleinement à la société, et s’il a communiqué de l’information à ce sujet de façon adéquate. Nous avons vérifié le Ministère, mais non les conseils scolaires, ni le collège Aurora.
Monsieur le Président, nous avons constaté que le Ministère planifie et surveille adéquatement certains aspects de ses programmes d’enseignement, et communique comme il se doit de l’information à ce sujet, mais que d’autres éléments exigent toutefois son attention.
J’aimerais me pencher sur deux éléments que le Ministère peut améliorer. D’abord, il peut assumer un rôle de chef de file pour faire la promotion de programmes et d’initiatives qui satisfont les besoins des résidants des Territoires du Nord-Ouest. Deuxièmement, il peut mieux évaluer si les programmes produisent les résultats attendus.
Même si la responsabilité à l’égard de l’enseignement est partagée entre le Ministère, les conseils scolaires et le collège Aurora, le Ministère doit, pour l’ensemble du territoire, définir les normes relatives aux programmes, évaluer la progression des élèves et surveiller la conformité aux lois ainsi qu’à ses propres normes et directives.
Le Ministère a fait preuve de leadership à certains égards, mais il doit élargir son rôle dans d’autres volets pour que le système scolaire s’améliore.
Par exemple, le Ministère a fait preuve de leadership en lançant l’initiative d’amélioration de la réussite scolaire des Autochtones. Cette initiative vise à combler l’écart persistant entre le taux d’obtention de diplôme chez les étudiants autochtones par rapport aux étudiants non autochtones. Les résultats de projets pilotes menés dans le cadre cette initiative seront évalués cette année.
Dans le domaine de la formation des adultes, le Ministère a fait appel à des partenariats pour cerner les besoins du marché du travail selon les communautés ou les régions et coordonner la prestation des programmes de formation. Un exemple de ces partenariats est l’utilisation de l’unité mobile de formation aux métiers, qui peut circuler dans les communautés de l’ensemble des Territoires du Nord-Ouest. L’unité fait office de salle de classe mobile et peut offrir des cours de menuiserie, de plomberie et de construction de base.
Le Ministère doit cependant élargir son rôle de chef de file dans sa collaboration avec les conseils scolaires qui mettent en œuvre les programmes d’éducation primaire et secondaire dans les Territoires du Nord-Ouest. Bien que le nombre d’étudiants qui obtiennent leur diplôme d’études secondaires ait régulièrement augmenté depuis 2005, les autres indicateurs de réussite scolaire ont peu ou pas progressé — à savoir les résultats des tests provinciaux de rendement de l’Alberta, des examens obligatoires de fin d’études secondaires et des évaluations fonctionnelles des niveaux scolaires. Le Ministère n’a pas officiellement entrepris d’analyses pour cerner les causes profondes de ce manque de progrès, et il n’a pas fourni aux conseils scolaires de directives pour les aider à élaborer des plans d’action détaillés pour améliorer les résultats scolaires par rapport aux indicateurs. Il n’a pas non plus formulé de stratégie claire quant à ce qu’il compte faire pour améliorer les résultats scolaires par rapport aux indicateurs.
Nous avons constaté que le Ministère doit mieux évaluer si ses programmes produisent les résultats attendus. Afin de déterminer si les programmes fonctionnent comme prévu et de recenser les améliorations possibles, il est important de recueillir des données, de définir des cibles de rendement, puis de mesurer et de communiquer les résultats.
Par exemple, le Ministère a mis davantage l’accent sur la mise en œuvre de programmes éducatifs dans les garderies, mais il n’a pas encore commencé à recueillir des données sur ces programmes. Il n’a pas non plus déterminé si les enfants qui fréquentent une garderie réussissent mieux à l’école primaire que les autres. Or, sans cette information, il est difficile pour le Ministère de savoir si une prise en charge précoce des jeunes enfants permet de mieux les préparer à l’école primaire ou s’il doit apporter des ajustements à ses programmes d’éducation préscolaire.
De plus, les programmes de formation qui sont établis pour faciliter l’insertion professionnelle des adultes ne sont pas évalués régulièrement afin de déterminer s’ils doivent être maintenus ou modifiés, ou si de nouveaux programmes doivent être envisagés.
Nous avons adressé au Ministère une série de recommandations visant à améliorer sa planification et sa surveillance des programmes d’enseignement ainsi que la communication d’information à cet égard. Nous sommes heureux d’annoncer que le Ministère a accepté toutes nos recommandations.
Monsieur le Président, voilà qui conclut ma déclaration d’ouverture. Mes collègues et moi-même serions heureux de répondre aux questions du Comité. Je vous remercie.
