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2008 mars — Rapport Le Point du commissaire à l'environnement et au développement durable

Chapitre 8 — Outils de gestion et engagements du gouvernement — Les accords internationaux en matière d'environnement

Points saillants

Introduction

Constatations de rapports antérieurs
Objet de la vérification

Observations et recommandation

Disponibilité et fidélité des renseignements

La disponibilité et la fidélité des renseignements demeurent variables
Les accords en matière d'environnement sont énumérés dans la base de données sur les traités d'Affaires étrangères et Commerce international Canada

Suivi et communication des résultats du Sommet mondial sur le développement durable

Le Canada n'a toujours pas de plan d'action global pour faire rapport sur ses engagements prioritaires liés au Sommet mondial sur le développement durable

Conclusion

À propos de la vérification

Annexe — Tableau des recommandations

Pièces :

8.1 — Notre définition de la disponibilité et de la fidélité des renseignements

8.2 — Les progrès accomplis à l'égard de la disponibilité et la fidélité de l'information sont insatisfaisants

8.3 — Les progrès accomplis à l'égard d'une liste d'accords internationaux en matière d'environnement sont satisfaisants

8.4 — Suivi des engagements pris au Sommet de la terre de 1992 et au Sommet mondial sur le développement durable de 2002

8.5 — Les progrès accomplis à l'égard de la planification, de la communication et du suivi des engagements pris par le Canada au Sommet mondial sur le développement durable sont insatisfaisants

Points saillants

Objet

Le Canada a signé plus de 100 accords internationaux en matière d'environnement au fil des ans, dont le Protocole de Kyoto, dans le cadre desquels il s'engage à prendre des mesures quant aux enjeux cruciaux comme la pollution des océans, la conservation des ressources halieutiques et la protection des espèces menacées d'extinction.

En 2004, nous avions signalé que les principaux ministères chargés des accords que nous avions examinés disposaient d'un niveau variable d'information quant aux objectifs atteints. Certains ministères ne connaissaient pas toujours les résultats environnementaux qu'ils obtenaient dans le cadre des accords ou, dans certains cas, ceux qu'ils étaient censés atteindre. De plus, ce n'étaient pas tous les ministères qui communiquaient les résultats qu'ils avaient obtenus. En 2005, nous avions observé que le gouvernement n'avait toujours pas de plan d'action pour respecter les engagements pris en 2002 au sommet mondial sur le développement durable.

Dans la présente vérification de suivi, nous avons examiné la gestion, assurée par le gouvernement fédéral, des renseignements sur les accords internationaux en matière d'environnement afin d'évaluer les progrès qu'il a réalisés depuis 2004. Nous nous sommes penchés sur 20 accords internationaux en matière d'environnement dont sont chargés quatre ministères, à savoir Environnement Canada, Pêches et Océans Canada, Transports Canada et Affaires étrangères et Commerce international Canada. Nous avons évalué la disponibilité et la fidélité des renseignements de ces ministères sur les objectifs des accords, les moyens auxquels ils ont recouru pour les atteindre, leurs cibles actuelles et leur communication des progrès. Nous avons en outre examiné comment le gouvernement planifie et rend compte des progrès réalisés par rapport aux engagements pris au Sommet mondial sur le développement durable.

Nous n'avons pas abordé la question de la mesure dans laquelle les accords ont été respectés. Nous nous sommes plutôt demandé si les parlementaires et les autres Canadiens intéressés disposent de renseignements suffisants pour déterminer si le Canada respecte les engagements en matière d'environnement qu'il a pris envers la communauté internationale.

Pertinence

Compte tenu de l'accroissement de la sensibilisation mondiale à l'égard des dangers que représentent les activités humaines pour l'environnement, la réputation internationale du Canada à ce chapitre repose en partie sur la crédibilité qu'il établit en respectant ses engagements internationaux en matière d'environnement et sur sa capacité de démontrer les résultats environnementaux qu'il obtient dans le cadre des accords. Possédant un des plus vastes territoires au monde et disposant d'abondantes ressources naturelles, le Canada a en outre beaucoup à gagner en respectant ses accords internationaux en matière d'environnement — et une obligation correspondante.

Constatations

  • Le gouvernement a accompli des progrès insatisfaisants relativement à la présentation d'un tableau complet et compréhensible des résultats prévus en vertu des accords internationaux en matière d'environnement qu'il a signés. En règle générale, Environnement Canada, Pêches et Océans Canada, Transports Canada et Affaires étrangères et Commerce international Canada communiquent des renseignements sur les obligations du Canada conformément aux accords, mais ils en fournissent moins sur les programmes et les moyens mis en place pour respecter ces obligations. De plus, les ministères ne communiquent habituellement pas de renseignements complets et faciles à comprendre sur les résultats que le gouvernement prévoyait obtenir et sur ceux qu'il a obtenus afin de remplir ses obligations dans le cadre des accords.
  • Le gouvernement a réalisé des progrès insatisfaisants à l'égard de la planification, du suivi et de la communication de la mesure dans laquelle le Canada respecte les engagements qu'il a pris en 2002 au Sommet mondial sur le développement durable. Il a suivi la méthode de surveillance et de communication des renseignements de la Commission du développement durable des Nations Unies. Toutefois, il n'a toujours pas de plan à long terme qui lui permette de veiller à la communication des progrès importants en ce qui concerne ses engagements, tout en tenant compte du calendrier d'examen établi par les Nations Unies.

Réaction des ministères. Les ministères acceptent notre recommandation. Leurs réponses détaillées suivent la recommandation dans le présent chapitre.

Introduction

8.1 Comment les pays règlent-ils les questions environnementales qui s'étendent au-delà d'une ou de plusieurs frontières géopolitiques? L'expérience nous démontre que les pays ne peuvent pas régler seuls des questions comme la pollution atmosphérique, la détérioration de la couche d'ozone, le changement climatique ou la pollution des océans. Ils ont plutôt dû conclure des accords internationaux sur une vaste gamme de sujets, leur permettant ainsi de collaborer.

8.2 En 2001, les responsables du Programme des Nations Unies pour l'environnement ont signalé qu'il existe plus de 500 traités et autres accords internationaux relatifs à l'environnement.

8.3 Depuis 1972, le Canada est un intervenant clé dans les activités environnementales internationales. Au fil des ans, il a signé un grand nombre d'accords internationaux et d'instruments similaires concernant diverses questions environnementales. Le Protocole de Kyoto, sur les émissions de gaz à effet de serre, en est un exemple. Les engagements en matière d'environnement pris par le Canada envers la communauté internationale ont augmenté au même rythme que le nombre et la complexité des accords qu'il a signés.

Constatations de rapports antérieurs

8.4 Dans le chapitre 2 « Les engagements internationaux du Canada en matière d'environnement : une collaboration mondiale » du Rapport du commissaire à l'environnement et au développement durable de 1998, nous avions conclu que le Canada ne pouvait pas évaluer son rendement en ce qui concerne ses engagements internationaux à l'égard de l'environnement et du développement durable parce qu'il n'existait pas de liste globale des engagements pris à ce jour. Sans cette information, la capacité du Parlement à surveiller la mesure dans laquelle le Canada respecte ses engagements internationaux en matière d'environnement était grandement réduite. De plus, nous expliquions qu'une partie intéressée avait besoin de réponses aux quatre questions suivantes afin de bien évaluer le rendement du Canada dans le cadre de ces accords :

  • Quels sont les engagements du Canada?
  • Quelles sont les mesures nécessaires pour veiller au respect de ces engagements?
  • Quelles mesures le Canada a-t-il prises?
  • Dans quelle mesure ces initiatives ont-elles permis de respecter les engagements pris par le Canada?

8.5 Dans le chapitre 1 « Accords internationaux en matière d'environnement » du Rapport de la commissaire à l'environnement et au développement durable de 2004, nous avions cherché à déterminer si les principaux ministères chargés de cinq accords internationaux en matière d'environnement savaient dans quelle mesure ils en atteignaient les objectifs clés. Nous nous étions intéressés aux résultats obtenus pour un objectif de chacun des accords. Nous avions également examiné si les ministères pouvaient garantir la qualité des renseignements. Voici les observations que nous avions consignées dans notre rapport :

  • Le ministère principal chargé de deux des accords savait dans quelle mesure il atteignait ses objectifs environnementaux.
  • Pour les trois autres accords, des lacunes ont été constatées dans l'atteinte des objectifs environnementaux.
  • En ce qui concerne quatre des cinq accords, nous avions fait des recommandations précises au ministère chargé de l'accord et une recommandation générale à tous les ministères principaux.

Les ministères avaient accepté de communiquer des renseignements plus complets et plus faciles à comprendre au sujet des accords dont ils étaient chargés. Le gouvernement avait réagi à la vérification en indiquant qu'il continuerait à travailler en vue d'améliorer les dispositions des accords internationaux en matière d'environnement pour la communication des renseignements.

8.6 En 2002, on a tenu à Johannesburg, en Afrique du Sud, le Sommet mondial sur le développement durable. Cet événement important a rassemblé près de 200 pays qui se sont penchés sur la question du développement durable à l'échelle mondiale. Le document intitulé Plan de mise en œuvre de Johannesburg, qui expose les engagements pris par les pays au Sommet mondial sur le développement durable, en a été le résultat principal. Depuis, nous avons souligné dans nos rapports de 2002 à 2005 que le gouvernement fédéral a besoin d'élaborer un plan d'action pour obtenir des résultats en ce qui concerne les engagements pris par le Canada au Sommet mondial sur le développement durable. Dans notre vérification de 2005, nous signalions que le gouvernement ne l'avait pas encore fait.

Objet de la vérification

8.7 L'objectif de la présente vérification était d'évaluer les progrès réalisés par des ministères sélectionnés à l'égard des questions soulevées dans le cadre de certaines de nos recommandations et observations ainsi qu'à l'égard de certains engagements sur la communication de renseignements sur leurs activités et leurs résultats concernant les engagements internationaux du Canada en matière d'environnement. Nous avons évalué ces progrès en tenant compte de la complexité des questions soulevées et du temps qui s'est écoulé. Nous nous sommes intéressés à :

  • la disponibilité des renseignements sur les résultats prévus quant aux engagements internationaux du Canada en matière d'environnement ainsi qu'à la mesure et à la communication de ces résultats;
  • la planification, au suivi et à la communication des progrès réalisés par le Canada pour ce qui est du respect des engagements qu'il a pris au Sommet mondial sur le développement durable.

8.8 La section intitulée À propos de la vérification, à la fin du chapitre, fournit d'autres détails sur l'objectif, l'étendue, la méthode et les critères de la vérification.

Observations et recommandation

Disponibilité et fidélité des renseignements

8.9 Dans le cadre de la présente vérification, nous avons examiné deux grandes questions liées aux engagements internationaux du Canada en matière d'environnement : la disponibilité des renseignements pour le Parlement et les Canadiens, et la fidélité de ces derniers, qui doivent être faciles à comprendre (voir la pièce 8.1). Comme nous l'avions précisé dans nos rapports antérieurs, nous nous attendions à ce que les ministères principaux aient clairement défini et documenté les résultats prévus ainsi que la façon de les mesurer et de les communiquer. Nous nous attendions également à ce que le gouvernement fédéral :

  • assure le suivi des accords internationaux en matière d'environnement signés par le Canada;
  • ait désigné un ministère principal pour chaque accord;
  • ait défini l'obligation de rendre compte du ministère principal au sujet des réalisations et des renseignements à communiquer.

Pièce 8.1 — Notre définition de la disponibilité et de la fidélité des renseignements

En ce qui concerne la disponibilité des renseignements, nous nous attendions à ce que le ministère principal rende des renseignements complets et compréhensibles facilement et publiquement accessibles en les présentant dans ses documents de planification et d'information (rapports sur les plans et les priorités, rapports ministériels sur le rendement, stratégies de développement durable) ainsi que sur son site Web, ou en dirigeant les utilisateurs vers des endroits où les renseignements peuvent être facilement obtenus, comme dans les rapports à l'intention d'organismes internationaux.

En ce qui concerne la fidélité des renseignements, nous nous attendions à ce que le ministère principal fournisse, de façon claire, complète et compréhensible, les renseignements à jour dont le Parlement et les Canadiens ont besoin pour évaluer les progrès accomplis. Essentiellement, ces renseignements indiqueraient la mesure dans laquelle le Canada respecte ses engagements dans le cadre d'accords internationaux en matière d'environnement.

8.10 Dans le cadre de notre vérification de 2004, nous avions constaté que les ministères principaux disposaient d'un niveau variable de renseignements sur les résultats ainsi que sur l'atteinte des objectifs de leurs accords. En réponse à notre recommandation, le gouvernement fédéral avait affirmé qu'il travaillait en vue d'améliorer les dispositions des accords internationaux en matière d'environnement pour la communication des renseignements.

8.11 Afin d'évaluer les progrès réalisés par le gouvernement fédéral depuis 2004, nous avons sélectionné 20 accords dont sont chargés les 4 ministères désignés comme ministères principaux pour le plus grand nombre d'accords, selon la base de données des accords internationaux en matière d'environnement d'Affaires étrangères et Commerce international Canada. Voici les quatre ministères principaux pour 93 des 130 accords énumérés dans la base de données :

  • Environnement Canada;
  • Pêches et Océans Canada;
  • Transports Canada;
  • Affaires étrangères et Commerce international Canada.

Les autres critères de sélection retenus sont notamment : le Canada est le signataire; l'accord a été ratifié et il est en vigueur au Canada et à l'échelle internationale; l'accord est important sur le plan environnemental. La section intitulée À propos de la vérification, à la fin du chapitre, fournit d'autres détails sur le processus de sélection et la méthode de vérification.

8.12 Nous avons tenu compte des divers moyens d'information que le gouvernement peut utiliser, comme les documents de planification et d'information, les rapports requis dans le cadre des accords internationaux ainsi que les sites Web ministériels et d'autres documents. Nous cherchions des renseignements qui feraient état de la mesure dans laquelle le Canada respecte ses engagements dans le cadre d'accords internationaux en matière d'environnement.

8.13 Nous avons également évalué les directives que le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada donne quant à la communication des progrès accomplis dans le cadre d'accords internationaux en matière d'environnement ainsi que sa définition de la reddition de comptes du ministère principal pour la communication des renseignements.

8.14 Nous avons observé que le Secrétariat du Conseil du Trésor donne des directives générales sur la mesure et la communication des résultats, même s'il ne précise pas les procédures particulières à suivre pour les accords internationaux en matière d'environnement. Par exemple, le Guide pour la préparation de la Partie III du Budget des dépenses donne des directives sur la façon de produire les rapports sur les plans et les priorités ainsi que les rapports ministériels sur le rendement. Le Secrétariat du Conseil du Trésor fournit également des directives dans le document intitulé Des résultats pour les Canadiens et les Canadiennes : Un cadre de gestion pour le gouvernement du Canada, qui précise que la gestion au sein des ministères, des organismes et des fonctions doit être axée sur l'atteinte des résultats et leur communication par des moyens simples aux représentants élus et aux Canadiens.

La disponibilité et la fidélité des renseignements demeurent variables

8.15 Les documents de planification et d'information contenaient peu de renseignements sur les accords. Par exemple, 6 des 20 accords examinés n'étaient pas mentionnés dans ces documents, tandis que certaines activités réelles ou proposées des autres accords n'y étaient décrites que brièvement. De plus, la fréquence des rapports relatifs aux accords qui sont requis à l'échelle internationale varie :

  • neuf des vingt accords doivent faire l'objet d'une forme quelconque de rapport annuel;
  • six exigent des rapports pluriannuels (tous les deux à quatre ans);
  • cinq n'exigent pas de rapports officiels.

Étant donné que des rapports annuels ne sont pas toujours requis, une bonne partie des renseignements disponibles ne sont pas à jour.

8.16 Compte tenu des divers moyens d'information, notamment des sites Web ministériels, nous avons observé que la disponibilité et la fidélité des renseignements sur les accords internationaux du Canada en matière d'environnement étaient variables. Pour la plupart des accords que nous avons examinés, des renseignements relativement complets et faciles à comprendre étaient disponibles sur les questions qui ne changent pas beaucoup, comme les obligations et les objectifs généraux des accords et, dans une moindre mesure, les programmes, les partenariats et les moyens particuliers mis en place pour les remplir. Les renseignements sur les questions plus opérationnelles et plus variables, comme les mécanismes d'application de la loi, les cibles actuelles ainsi que les progrès accomplis par le Canada afin de remplir ses obligations, tendaient à être moins complets, moins faciles à comprendre et plus difficiles à obtenir. Si ces renseignements ne sont pas complets, faciles à comprendre et disponibles, le Parlement et les Canadiens ne peuvent pas bien connaître la position du Canada à l'égard de ses engagements ou la mesure dans laquelle il atteint les objectifs du traité. Les exemples ci-dessous, tirés de deux des accords examinés, illustrent ces points.

8.17 La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. Cette Convention est entrée en vigueur en 1975 en conséquence de l'accroissement de la sensibilisation à la menace que constitue le commerce international des espèces sauvages pour leur survie. Environnement Canada est le ministère principal chargé de la mise en œuvre de la Convention au nom du gouvernement du Canada.

8.18 Les documents de planification et d'information d'Environnement Canada contenaient des renseignements limités sur l'accord et les activités opérationnelles. Ils décrivaient certaines activités menées au cours de l'année, comme la participation à des réunions et la mise à jour de règlements.

8.19 Le site Web d'Environnement Canada concernant la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, accessible par l'intermédiaire du site Web principal du Ministère, donne des renseignements facilement accessibles, relativement complets et faciles à comprendre sur la Convention et l'approche du gouvernement fédéral. Il indique et décrit le rôle d'Environnement Canada, de ses principaux partenaires (notamment des provinces et des organismes) ainsi que leurs rôles. Il ne contient cependant pas de description des rôles de l'Agence des services frontaliers du Canada ni de la Gendarmerie royale du Canada. Le site Web décrit clairement l'instrument législatif, soit la Loi sur la protection d'espèces animales ou végétales sauvages et la réglementation de leur commerce international et interprovincial, que le Canada utilise pour remplir ses obligations et il donne accès à des liens vers les règlements. Ce site Web contient des listes d'espèces réglementées par la Convention, décrit le processus d'obtention de permis de commerce et donne des renseignements sur la Convention ainsi que des liens vers le site Web du Secrétariat international de la Convention.

8.20 En revanche, le site Web de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction d'Environnement Canada contient peu de renseignements sur les objectifs ou les activités en matière d'application de la loi. De plus, on n'y retrouve pas tous les renseignements sur la façon dont le Canada établit ses objectifs ou ses attentes visant à remplir ses obligations dans le cadre de la Convention. Conformément aux exigences de la Loi, on y stipule que les activités des autorités canadiennes en matière scientifique, de gestion et d'application de la loi pour la Convention sont présentées dans les rapports annuels d'Environnement Canada sur l'exécution de la Loi. Toutefois, étant donné que le dernier rapport annuel remonte à 2001, les Canadiens ne sont pas au courant des activités et des objectifs actuels. Les représentants du Ministère nous ont dit qu'ils prévoyaient présenter au Parlement un rapport combiné pour les années 2002 à 2004 à la fin de 2007.

8.21 La Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination. La Convention de Bâle, entrée en vigueur en 1992, vise à contrôler les mouvements transfrontières de déchets dangereux et de matières recyclables dangereuses, qui ne cessent de croître, et plus précisément ceux vers des lieux qui ne possèdent pas les installations pour les traiter, ainsi qu'à promouvoir leur gestion écologique. Environnement Canada est le ministère principal chargé de la mise en œuvre de la Convention au nom du gouvernement fédéral.

8.22 Les documents de planification et d'information d'Environnement Canada les plus récents ne contenaient pas de renseignements sur la Convention de Bâle, à l'exception d'une brève mention dans le rapport ministériel sur le rendement de 2005-2006 qui signale que les règlements du Canada concernant les déchets dangereux et les matières recyclables dangereuses ont été mis à jour.

8.23 Le site Web d'Environnement Canada sur la gestion des déchets contenait des liens vers le site Web international de la Convention de Bâle. Ce dernier site renferme des liens vers les rapports du Canada présentés au Secrétariat de la Convention de Bâle ainsi que des renseignements complets, faciles à comprendre et aisément accessibles sur les trois principaux objectifs de la Convention, qui sont :

  • réduire la production de déchets dangereux et de matières recyclables dangereuses;
  • veiller à ce qu'on élimine les déchets dangereux et les matières recyclables de façon écologique, et ce, aussi près que possible de l'endroit où ils ont été produits;
  • réduire les mouvements internationaux des déchets dangereux et des matières recyclables dangereuses.

Le site Web international de la Convention contenait également des renseignements sur les exigences internationales en matière d'information à communiquer sur les progrès. De plus, nous avons constaté que le Ministère publie sur son site Web des rapports annuels qui contiennent certains renseignements statistiques sur les mouvements de déchets. Le dernier rapport, publié en décembre 2006, porte sur les activités de 2005.

8.24 Le site Web du Ministère contenait des renseignements limités sur les rôles actuels des principaux intervenants, plus précisément sur la façon dont les provinces et l'Agence des services frontaliers du Canada participent à l'atteinte des objectifs de la Convention. Le site Web explique clairement comment le principal règlement, soit le Règlement sur l'exportation et l'importation de déchets dangereux et de matières recyclables dangereuses, permet de réaliser le troisième objectif de la Convention et, dans une certaine mesure, le deuxième objectif. Toutefois, ce site Web donnait très peu de renseignements au sujet du premier objectif. De plus, il ne contenait pas de description claire au sujet de la surveillance effectuée par Environnement Canada quant aux progrès accomplis par le Canada en ce qui concerne la Convention et les cibles précises que ce dernier s'est fixées pour atteindre ses objectifs, notamment la cible visant à réduire la production de déchets dangereux et de matières recyclables dangereuses.

8.25 Comme le montrent ces exemples, le Parlement et les Canadiens ne sont pas en mesure d'évaluer les progrès réalisés quant à l'atteinte des objectifs internationaux et canadiens, les tendances enregistrées dans les activités canadiennes ou les lacunes dans la mise en œuvre lorsque les renseignements sur les obligations internationales du Canada, notamment les résultats prévus et réels, ne sont pas complets, faciles à comprendre ou disponibles.

8.26 Étant donné que la disponibilité et la fidélité des renseignements demeurent variables, nous considérons que les progrès réalisés par le gouvernement sont insatisfaisants quant à la communication d'un tableau complet et facile à comprendre des accords internationaux du Canada en matière d'environnement (voir la pièce 8.2).

Pièce 8.2 — Les progrès accomplis à l'égard de la disponibilité et la fidélité de l'information sont insatisfaisants

Constatation

Progrès

Les ministères principaux chargés d'accords internationaux en matière d'environnement doivent fournir au Parlement et aux Canadiens un tableau complet et compréhensible des progrès accomplis et des résultats prévus relativement aux accords internationaux du Canada en matière d'environnement. (voir paragraphe 1.130 du chapitre 1 du Rapport de la commissaire à l'environnement et au développement durable de 2004 et voir paragraphes 2.71 et 2.72 du chapitre 2 du Rapport du commissaire à l'environnement et au développement durable de 1998)

Insatisfaisants

Satisfaisants — Les progrès sont satisfaisants, compte tenu de l'importance et de la complexité de la question ainsi que du temps qui s'est écoulé depuis que la constatation a été formulée.

Insatisfaisants — Les progrès sont insatisfaisants, compte tenu de l'importance et de la complexité de la question ainsi que du temps qui s'est écoulé depuis que la constatation a été formulée.

8.27 Recommandation. En tant que ministères principaux chargés d'accords internationaux en matière d'environnement, Environnement Canada, Pêches et Océans Canada, Transports Canada et Affaires étrangères et Commerce international Canada devraient fournir au Parlement et aux Canadiens des renseignements complets, faciles à comprendre et à jour sur les objectifs et les moyens ainsi que sur les résultats prévus et réels.

Réponse d'Environnement Canada. Le Ministère accepte la recommandation. Environnement Canada dispose de divers moyens pour rendre compte de ses activités : rapports ministériels annuels sur le rendement, rapports sur les plans et les priorités et mises à jour régulières des engagements internationaux du Ministère sur ses sites Internet afin de communiquer les progrès réalisés et de permettre leur suivi. Le Ministère utilisera le Rapport sur les plans et les priorités, le Rapport ministériel sur le rendement ainsi que son site Web, afin de s'assurer que les renseignements sur les objectifs liés à ses accords internationaux en matière d'environnement, les moyens pour les atteindre, les résultats attendus et les résultats obtenus sont communiqués de façon efficace et transparente au Parlement et aux Canadiens.

D'ici l'automne 2008, les renseignements sur les résultats atteints liés aux accords internationaux en matière d'environnement par rapport aux résultats attendus seront mis en évidence dans le Rapport ministériel sur le rendement.

D'ici le printemps 2009, les renseignements sur les activités, les plans et les priorités relatifs aux accords internationaux en matière d'environnement seront mis en évidence dans le Rapport sur les plans et les priorités.

Avant la fin du mois de mars 2009, Environnement Canada procédera régulièrement à des mises à jour des progrès concernant les accords internationaux en matière d'environnement sur les sites Internet de ses directions, le cas échéant. De plus, avant la fin du mois de mars 2008, le Ministère mettra en application la recommandation, le cas échéant, lorsqu'il mettra à jour le site Internet des Affaires internationales.

Réponse de Pêches et Océans Canada. Pêches et Océans Canada accepte la recommandation dans la mesure où elle a trait aux ententes en vigueur et principales auxquelles le Ministère participe directement. Le Ministère participe à des activités internationales liées à la gestion responsable des pêches en haute mer et au développent durable des écosystèmes afférents dans le but d'améliorer la gouvernance internationale. C'est dans cet esprit que le Ministère collabore aux travaux d'organisations régionales de gestion des pêches.

Les sites Web de Pêches et Océans Canada présenteront des renseignements à jour sur les plans établis et les mesures prises en matière d'environnement par ces organisations, et ils définiront les rôles du Canada à l'égard de ces dernières. Le Ministère présentera également ces renseignements d'une manière cohérente dans ses rapports au Parlement et aux Canadiens, notamment dans le Rapport sur les plans et les priorités, dans le plan d'activités, dans le Rapport ministériel sur le rendement et dans les plans intégrés de gestion des pêches. Ces documents seront mis à jour à compter du prochain exercice et les sites Web seront mis à jour continuellement, lorsque des révisions seront apportées aux documents mentionnés précédemment.

Réponse de Transports Canada. Le Ministère accepte la recommandation. Il convient de noter que comme ces questions sont complexes, plusieurs ministères peuvent être chargés de mettre en application un accord pour le Canada en vertu de leurs lois habilitantes et de leurs mandats respectifs.

Le Ministère communique déjà au Parlement et au public les renseignements sur les activités concernant les accords internationaux en matière d'environnement dont il est responsable. Depuis la vérification, Transports Canada a amélioré la communication au public des renseignements portant sur le respect de ses obligations internationales.

En 2007, l'Organisation maritime internationale a effectué une vérification des efforts déployés par le Canada à l'égard de la mise en œuvre de toutes ses conventions et elle a constaté des résultats extrêmement positifs. On est en train de mettre la touche finale à la version intégrale du rapport de l'Organisation maritime internationale qui sera publiée dans le site Web du Ministère à titre d'information pour tous les Canadiens.

Réponse d'Affaires étrangères et Commerce international Canada. Le Ministère accepte la recommandation. Affaires étrangères et Commerce international Canada est disposé à trouver, avec les ministères pertinents, des moyens qui permettraient aux responsables et aux ministères principaux chargés d'accords internationaux en matière d'environnement de mieux informer le Parlement et les Canadiens sur la diplomatie environnementale mondiale.

Les accords en matière d'environnement sont énumérés dans la base de données sur les traités d'Affaires étrangères et Commerce international Canada

8.28 En 1998, nous signalions qu'il n'existait pas de liste d'accords internationaux en matière d'environnement. Nous avons donc créé à ce moment-là, dans le cadre de notre travail, une base de données complète comprenant les accords et les engagements en matière d'environnement. Dans sa réponse à notre rapport, Affaires étrangères et Commerce international Canada avait accepté de tenir à jour la base de données.

8.29 Dans le cadre de la présente vérification, nous avons constaté que le Ministère ne tient pas à jour la base de données complète, mais qu'il met actuellement à jour sa base de données sur les traités (une liste qui énumère principalement les aspects formels de tous les traités que le Canada a signés, comme la date d'entrée en vigueur, les signataires et les parties ainsi que le texte des traités). Cette base de données est accessible à partir d'un site Web fédéral et elle renferme des données sur les accords internationaux en matière d'environnement. Bien qu'elle renferme des renseignements sur les ministères principaux négociateurs concernés, ces renseignements ne sont pas accessibles au public. Nous avons remarqué que la base de données sur les traités contient moins de renseignements accessibles au public que la base de données sur les accords internationaux en matière d'environnement que nous avions créée en 1998. Par exemple, cette dernière donnait le nom du ministère fédéral principal ainsi qu'une interprétation des principaux engagements pris dans le cadre de l'accord. Le système actuel oblige les utilisateurs à communiquer avec le Ministère pour obtenir ce genre de renseignements.

8.30 En plus de ces bases de données, Environnement Canada produit périodiquement un recueil imprimé des quelque 60 accords dans le cadre desquels il joue un rôle. La dernière version publiée remonte à 2002. Ce document ne dresse pas une liste exhaustive des accords internationaux du Canada en matière d'environnement, mais il fournit des renseignements de base sur chaque accord énuméré, comme les objectifs et les engagements ainsi que les coordonnées des personnes-ressources. Il sert principalement d'outil de référence interne. Toutefois, étant donné son caractère périodique, il ne fournit pas de renseignements précis sur les cibles ou les résultats. En 2006, Environnement Canada a commencé la mise à jour du recueil, mais n'avait pas encore publié cette dernière version au moment de la présente vérification.

8.31 Bien qu'Affaires étrangères et Commerce international Canada n'ait pas tenu à jour la base de données complète sur les accords internationaux en matière d'environnement, étant donné que sa base de données sur les traités contient tous les traités, y compris les accords en matière d'environnement, nous considérons que les progrès réalisés par le gouvernement quant à la mise à jour d'une liste d'accords en matière d'environnement sont satisfaisants (voir la pièce 8.3).

Pièce 8.3 — Les progrès accomplis à l'égard d'une liste d'accords internationaux en matière d'environnement sont satisfaisants

Constatation

Progrès

Il est nécessaire d'établir une liste complète des engagements que le Canada a pris en matière d'environnement et de développement durable. (voir paragraphes 2.73 à 2.82 du chapitre 2 du Rapport du commissaire à l'environnement et au développement durable de 1998)

Satisfaisants

Satisfaisants — Les progrès sont satisfaisants, compte tenu de l'importance et de la complexité de la question ainsi que du temps qui s'est écoulé depuis que la constatation a été formulée.

Insatisfaisants — Les progrès sont insatisfaisants, compte tenu de l'importance et de la complexité de la question ainsi que du temps qui s'est écoulé depuis que la constatation a été formulée.

Suivi et communication des résultats du Sommet mondial sur le développement durable

8.32 En 2002 (année du 10e anniversaire du Sommet de la terre de Rio), le Canada figurait parmi les quelque 200 pays qui ont participé au Sommet mondial sur le développement durable. Cet événement a mené principalement à l'élaboration du Plan de mise en œuvre de Johannesburg, une liste de plus de 600 engagements pris par les pays participants.

8.33 Le Secrétariat canadien du Sommet de la terre 2002 a préparé une liste provisoire de priorités liées à 46 des engagements du Plan de mise en œuvre de Johannesburg. Si la liste avait été approuvée par le Comité de coordination de l'environnement et du développement durable des sous-ministres, elle serait devenue la première étape de l'élaboration d'un plan d'action. Toutefois, elle n'a jamais été approuvée et le Secrétariat a été dissous peu de temps après, soit au début de l'année 2003. Voici des exemples de mesures proposées dans la liste de priorités du Secrétariat :

  • « réduire de moitié, d'ici 2015, la proportion de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable ou qui n'ont pas les moyens de s'en procurer »;
  • « afin que d'ici 2020 les produits chimiques soient utilisés et produits de manière à ce que les effets néfastes graves sur la santé humaine et sur l'environnement soient réduits au minimum »;
  • « prendre des mesures immédiates pour progresser dans la formulation et l'élaboration de stratégies nationales de développement durable et commencer à les mettre en œuvre d'ici à 2005 ».
Le Canada n'a toujours pas de plan d'action global pour faire rapport sur ses engagements prioritaires liés au Sommet mondial sur le développement durable

8.34 Dans nos rapports de 2002 à 2005, nous précisions que le gouvernement fédéral devait élaborer un plan d'action pour respecter les engagements du Canada dans le cadre du Sommet mondial sur le développement durable. Dans notre rapport de 2005, nous signalions que le gouvernement ne l'avait pas encore fait. Nous mentionnions également que la liste des priorités proposée par le Secrétariat canadien du Sommet de la terre 2002 indiquait les ministères principaux et les autres ministères chargés de la mise en œuvre et que certains ministères avaient intégré leurs engagements précis dans le cadre du Sommet mondial sur le développement durable à leur stratégie de développement durable de 2004. Toutefois, dans la présente vérification, notre examen des stratégies de 2007 ne nous a pas permis de trouver de renvois précis au Sommet mondial sur le développement durable, comme c'était le cas en 2004. Des représentants des ministères ont indiqué que leur stratégie comprenait un grand nombre de leurs engagements liés au Sommet mondial sur le développement durable, même s'ils n'y étaient pas mentionnés expressément.

8.35 De plus, des représentants d'Affaires étrangères et Commerce international Canada, d'Environnement Canada et de l'Agence canadienne de développement international (anciennes principales organisations fédérales responsables du Secrétariat canadien du Sommet de la terre 2002) nous ont mentionné qu'il est devenu difficile d'inscrire le Sommet mondial sur le développement durable au programme des cadres supérieurs. Par exemple, bien que la Commission du développement durable des Nations Unies constitue l'organisme de haut niveau chargé d'assurer le suivi des engagements pris au Sommet de la terre et au Sommet mondial sur le développement durable de 1992, la présence de cadres supérieurs des ministères aux dernières réunions a été limitée ou nulle. Les représentants ont ajouté qu'aucun progrès n'a été accompli pour :

  • approuver la liste des priorités liées aux engagements pris par le Comité des sous-ministres sur la prospérité économique, l'environnement et l'énergie (qui a remplacé le Comité stratégique des sous-ministres sur l'environnement et le développement durable);
  • désigner un ministère principal qui aurait la responsabilité globale du suivi des engagements pris dans le cadre du Sommet mondial sur le développement durable.

8.36 Le Canada à la Commission du développement durable des Nations Unies. Les Nations Unies ont établi la Commission du développement durable pour assurer le suivi des mesures mondiales relatives aux engagements pris au Sommet de la terre de 1992 et au Sommet mondial sur le développement durable. En 2003, la Commission a adopté un cycle de deux ans afin de se concentrer sur un groupe thématique de questions connexes pour chaque cycle (voir la pièce 8.4).

Pièce 8.4 — Suivi des engagements pris au Sommet de la terre de 1992 et au Sommet mondial sur le développement durable de 2002

Les Nations Unies ont établi la Commission du développement durable pour assurer le suivi des engagements pris au Sommet de la terre de 1992 (notamment Action 21, qui est un plan d'action global à appliquer à tous les niveaux de chaque domaine où les humains affectent l'environnement) et au Sommet mondial sur le développement durable de 2002. Plutôt que d'examiner les progrès accomplis relativement à tous les engagements d'Action 21 et du Plan de mise en œuvre de Johannesburg chaque année, la Commission a adopté un cycle de deux ans et elle se concentre sur un groupe thématique de questions connexes pour chaque cycle.

2004 et 2005

Eau, assainissement et établissements humains

2006 et 2007

L'énergie pour le développement durable, le développement industriel, la pollution atmosphérique et le changement climatique

2008 et 2009

Agriculture, développement rural, terres, sécheresse, désertification et Afrique

2010 et 2011

Transports, produits chimiques, gestion des déchets, mines et cadre décennal de programme sur la consommation durable et les modèles de production

2012 et 2013

Forêts, biodiversité, biotechnologie, tourisme et montagnes

2014 et 2015

Océans et mers, ressources marines, les petits États insulaires en développement et gestion des catastrophes et vulnérabilité

2016 et 2017

Évaluation générale de la mise en œuvre d'Action 21, du Programme relatif à la poursuite de la mise en œuvre d'Action 21 et du Plan de mise en œuvre de Johannesburg

La première année (année d'examen) de chaque cycle, les pays ont la possibilité de faire rapport à la Commission sur les activités qu'ils ont menées pour respecter les engagements relatifs au thème de ce cycle. Ces rapports nationaux sont intégrés au rapport thématique du Secrétaire général aux membres de la Commission. La deuxième année (année stratégique) permet d'aider les pays à trouver des moyens de surmonter les obstacles les empêchant de respecter leurs engagements, ce qui mène habituellement à la formulation de recommandations stratégiques.

La Commission recherche la coopération d'organismes internationaux et des mécanismes de coordination inter-agences (comme ONU-Eau) qui ont permis d'établir des processus de surveillance et de suivi des engagements pris au cours de chaque cycle. De plus, la Commission organise des examens de suivi de thèmes antérieurs.

Source : Commission du développement durable, rapport sur la onzième session (27 janvier 2003 et du 28 avril au 9 mai 2003).

8.37 Affaires étrangères et Commerce international Canada coordonne la participation du Canada aux activités de la Commission du développement durable. Pour chaque cycle thématique, le Ministère détermine quels ministères et organismes fédéraux pourraient y participer, dirige un groupe de travail interministériel qui se réunit régulièrement tout au long du cycle et surveille si le gouvernement du Canada participe annuellement aux activités de la Commission en mai. Le groupe de travail produit et soumet le rapport national volontaire du Canada à la Commission au cours de l'année d'examen de chaque cycle. Ce rapport est un aperçu détaillé des activités pour le thème de l'heure.

8.38 Bien que cette approche permette au Canada de surveiller et de communiquer volontairement les progrès accomplis relativement au cycle thématique de l'heure de la Commission, le gouvernement fédéral n'a toujours pas de plan d'action pour veiller à ce que le Canada puisse communiquer des progrès importants et concrets par rapport aux engagements, tout en tenant compte des cycles futurs et de l'évaluation globale au cours du cycle final. Sans un tel plan, il sera difficile pour le Parlement et les Canadiens de savoir comment le gouvernement a l'intention de respecter les engagements qu'il a pris au Sommet mondial sur le développement durable, et l'étendue des progrès accomplis. À notre avis, les ministères doivent continuer de travailler ensemble à l'élaboration d'un plan d'action pangouvernemental à long terme et coordonné. Étant donné ces constatations, nous considérons que les progrès accomplis par le gouvernement sont insatisfaisants quant à la planification, à la communication et au suivi des engagements pris par le Canada au Sommet mondial sur le développement durable (voir la pièce 8.5).

Pièce 8.5 — Les progrès accomplis à l'égard de la planification, de la communication et du suivi des engagements pris par le Canada au Sommet mondial sur le développement durable sont insatisfaisants

Constatation

Progrès

Affaires étrangères et Commerce international Canada, Environnement Canada et l'Agence canadienne de développement international doivent planifier, surveiller et communiquer la mesure dans laquelle le Canada respecte les engagements qu'il a pris au Sommet mondial sur le développement durable. (voir paragraphes 7.46 à 7.51 du chapitre 7 du Rapport de la commissaire à l'environnement et au développement durable de 2005)

Insatisfaisants

Satisfaisants — Les progrès sont satisfaisants, compte tenu de l'importance et de la complexité de la question ainsi que du temps qui s'est écoulé depuis que la constatation a été formulée.

Insatisfaisants — Les progrès sont insatisfaisants, compte tenu de l'importance et de la complexité de la question ainsi que du temps qui s'est écoulé depuis que la constatation a été formulée.

Conclusion

8.39 Les progrès accomplis par les quatre ministères clés que nous avons examinés sont insatisfaisants pour ce qui est de la communication de renseignements complets faciles à comprendre et aisément accessibles sur les attentes et les résultats liés aux accords internationaux du Canada en matière d'environnement. Nous avons constaté que la disponibilité et la fidélité des renseignements demeurent variables.

8.40 Les progrès réalisés par le Canada sont insatisfaisants quant à la planification, au suivi et à la communication des engagements qu'il a pris au Sommet mondial sur le développement durable et à la communication des renseignements à ce sujet. Bien que des efforts soient faits pour surveiller et communiquer les progrès accomplis quant aux engagements en conformité avec les exigences de la Commission du développement durable des Nations Unies, le gouvernement n'a toujours pas de plan d'action pangouvernemental à long terme et coordonné pour veiller à ce qu'il puisse communiquer les progrès importants au sujet des engagements relatifs à Action 21 et au Plan de mise en œuvre de Johannesburg d'ici la période cible 2016-2017 des Nations Unies pour l'évaluation globale.

8.41 Bien qu'Affaires étrangères et Commerce international Canada n'ait pas tenu à jour la base de données complète sur les accords internationaux en matière d'environnement, nous estimons que sa base de données sur les traités renferme assez de renseignements sur les accords internationaux en matière d'environnement pour permettre aux Canadiens d'approfondir leurs recherches.

À propos de la vérification

Objectif

L'objectif général de cette vérification était d'évaluer les progrès que les ministères sélectionnés ont accomplis afin de régler les questions soulevées par certaines de nos recommandations et observations ainsi que par certains engagements pris par ces ministères quant à la communication de renseignements au sujet de leurs activités et de leurs résultats concernant les engagements internationaux du Canada en matière d'environnement.

Étendue et méthode

Notre vérification a porté sur certaines des recommandations, des observations importantes et des engagements du gouvernement adaptés du Rapport de la commissaire à l'environnement et au développement durable de 2004, chapitre 1 « Accords internationaux en matière d'environnement »; du Rapport du commissaire à l'environnement et au développement durable de 1998, chapitre 2 « Les engagements internationaux du Canada en matière d'environnement : une collaboration mondiale »; du Rapport de la commissaire à l'environnement et au développement durable de 2005, chapitre 7 « Stratégies de développement durable ». Nous avons plus précisément cherché à déterminer :

  • si Environnement Canada, Pêches et Océans Canada, Transports Canada et Affaires étrangères et Commerce international Canada, avec l'encadrement et l'appui du Secrétariat du Conseil du Trésor, ont collectivement apporté des améliorations à leur présentation au Parlement et aux Canadiens d'un tableau complet et facile à comprendre des progrès accomplis et des résultats prévus relativement aux accords internationaux du Canada en matière d'environnement;
  • si Affaires étrangères et Commerce international Canada, Environnement Canada et l'Agence canadienne de développement international ont accompli des progrès à l'égard de la planification, du suivi et de la communication de la mesure dans laquelle le Canada respecte les engagements qu'il a pris au Sommet mondial sur le développement durable.

Notre méthode consistait à évaluer 20 accords, à examiner des documents et à nous entretenir avec des représentants des ministères. La sélection s'est faite en deux étapes. Nous avons d'abord déterminé les quatre ministères désignés comme ministères principaux pour le plus grand nombre d'accords, au moyen de la base de données sur les accords internationaux en matière d'environnement d'Affaires étrangères et Commerce international Canada. Ces quatre ministères étaient chargés de 93 des 130 accords énumérés. Nous avons ensuite choisi les accords les plus importants sur le plan environnemental dont étaient chargés ces ministères afin de traiter la plupart des questions environnementales clés telles que la biodiversité, l'eau et l'air. Les accords devaient également avoir été ratifiés par le Canada et être en vigueur. La récente Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants ne figurait pas encore dans la base de données, mais nous l'avons ajoutée à notre sélection en raison de son importance sur le plan environnemental. Nous n'avons pas tenu compte du Protocole de Kyoto à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, car nous l'avions examiné en détail dans le cadre de notre vérification de 2006.

Nous avons demandé aux ministères principaux de fournir des renseignements sur les accords en fonction des quatre catégories suivantes utilisées dans la vérification : obligations et objectifs; programmes et moyens; attentes et cibles; mesure et communication des résultats. Ces catégories ont été tirées de notre étude de 1998. Nous avons donc utilisé ces catégories pour évaluer la fidélité et la disponibilité des renseignements sur les accords. Nous n'avons pas vérifié l'exactitude des renseignements fournis.

Nous avons examiné la disponibilité de renseignements complets, faciles à comprendre et à jour sur la façon dont le Canada remplit ses obligations internationales dans les documents ministériels de planification et d'information, les rapports à présenter aux organismes internationaux, et dans les sources accessibles au public comme les sites Web ministériels.

Accords internationaux sélectionnés en matière d'environnement

Environnement Canada

  • Accord Canada – États-Unis relatif à la qualité de l'eau dans les Grands Lacs
  • Accord Canada – États-Unis sur la qualité de l'air
  • Accord entre le Canada et les États-Unis concernant les déplacements transfrontaliers de déchets dangereux
  • Accord sur la conservation des ours blancs (polaires)
  • Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et de leur élimination
  • Convention de Ramsar sur les zones humides
  • Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants
  • Convention sur la diversité biologique
  • Convention sur la pollution atmosphérique transfrontalière à longue distance
  • Convention sur la protection des oiseaux migrateurs au Canada et aux États-Unis
  • Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction
  • Protocole à la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance relatif à la lutte contre les émissions d'oxydes d'azote
  • Protocole à la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance relatif à une nouvelle réduction des émissions de soufre

Pêches et Océans Canada

  • Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique
  • Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest
  • Organisation pour la conservation du saumon de l'Atlantique Nord
  • Traité sur le saumon du Pacifique

Transports Canada

  • Convention internationale et protocole pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL 73/78)
  • Convention internationale sur la préparation, la lutte et la coopération en matière de pollution par les hydrocarbures

Affaires étrangères et Commerce international Canada

  • Convention sur la conservation de la faune et la flore marine de l'Antarctique

Critères

Les critères utilisés pour la présente vérification sont tirés des observations, des recommandations (y compris la réponse du gouvernement) et des critères de notre étude de 1998 ainsi que de nos vérifications de 2004 et de 2005 :

  • Le gouvernement a un système en place lui permettant d'effectuer le suivi des accords internationaux du Canada en matière d'environnement.
  • Le gouvernement a désigné un ministère principal pour chaque accord et le Parlement et les Canadiens peuvent facilement prendre connaissance du nom de ce ministère.
  • Les ministères principaux chargés d'accords internationaux en matière d'environnement ont clairement défini et documenté les résultats environnementaux qu'ils prévoient obtenir et la façon dont ils mesureront et communiqueront les résultats obtenus.
  • Le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada a donné des directives et une orientation aux ministères sur la façon de mesurer et de communiquer les résultats réels et prévus par rapport aux obligations internationales du Canada en matière d'environnement.
  • Les ministères principaux ont donné des directives à leur personnel responsable des accords internationaux en matière d'environnement sur la façon de mesurer et de communiquer les résultats réels et prévus par rapport aux obligations internationales du Canada en matière d'environnement.
  • Le gouvernement a désigné un ou des ministères principaux pour effectuer le suivi de ses engagements à l'égard du Sommet mondial sur le développement durable.
  • Le gouvernement (ou le ministère principal) a élaboré un plan d'action pour veiller au respect des engagements du Canada à l'égard du Sommet mondial sur le développement durable.
  • Le ou les ministères principaux du Sommet mondial sur le développement durable font régulièrement rapport sur les progrès accomplis quant à la mise en œuvre des engagements.

Fin des travaux de vérification

Les travaux de vérification menés aux fins du présent chapitre ont été pour l'essentiel terminés le 15 juin 2007.

Équipe de vérification

Directeurs principaux : Paul Morse et Neil Maxwell

Directeur : David Willey

Gayle Chong
Marc-André Lafrance
Mark Lawrence

Pour obtenir de l'information, veuillez joindre la Direction des communications en composant le 613-995-3708 ou le 1-888-761-5953 (sans frais).

Annexe — Tableau des recommandations

La recommandation formulée au chapitre 8 est présentée ici sous forme de tableau. Le numéro du paragraphe où se trouve la recommandation apparaît en début de ligne. Les chiffres entre parenthèses correspondent au numéro des paragraphes où le sujet de la recommandation est abordé.

Recommandation

Réponse du Ministère

Disponibilité et fidélité des renseignements

8.27 En tant que ministères principaux chargés d'accords internationaux en matière d'environnement, Environnement Canada, Pêches et Océans Canada, Transports Canada et Affaires étrangères et Commerce international Canada devraient fournir au Parlement et aux Canadiens des renseignements complets, faciles à comprendre et à jour sur les objectifs et les moyens ainsi que sur les résultats prévus et réels. (8.9–8.26)

Réponse d'Environnement Canada. Le Ministère accepte la recommandation. Environnement Canada dispose de divers moyens pour rendre compte de ses activités : rapports ministériels annuels sur le rendement, rapports sur les plans et les priorités et mises à jour régulières des engagements internationaux du Ministère sur ses sites Internet afin de communiquer les progrès réalisés et de permettre leur suivi. Le Ministère utilisera le Rapport sur les plans et les priorités, le Rapport ministériel sur le rendement ainsi que son site Web, afin de s'assurer que les renseignements sur les objectifs liés à ses accords internationaux en matière d'environnement, les moyens pour les atteindre, les résultats attendus et les résultats obtenus sont communiqués de façon efficace et transparente au Parlement et aux Canadiens.

D'ici l'automne 2008, les renseignements sur les résultats atteints liés aux accords internationaux en matière d'environnement par rapport aux résultats attendus seront mis en évidence dans le Rapport ministériel sur le rendement.

D'ici le printemps 2009, les renseignements sur les activités, les plans et les priorités relatifs aux accords internationaux en matière d'environnement seront mis en évidence dans le Rapport sur les plans et les priorités.

Avant la fin du mois de mars 2009, Environnement Canada procédera régulièrement à des mises à jour des progrès concernant les accords internationaux en matière d'environnement sur les sites Internet de ses directions, le cas échéant. De plus, avant la fin du mois de mars 2008, le Ministère mettra en application la recommandation, le cas échéant, lorsqu'il mettra à jour le site Internet des Affaires internationales.

Réponse de Pêches et Océans Canada. Pêches et Océans Canada accepte la recommandation dans la mesure où elle a trait aux ententes en vigueur et principales auxquelles le Ministère participe directement. Le Ministère participe à des activités internationales liées à la gestion responsable des pêches en haute mer et au développent durable des écosystèmes afférents dans le but d'améliorer la gouvernance internationale. C'est dans cet esprit que le Ministère collabore aux travaux d'organisations régionales de gestion des pêches.

Les sites Web de Pêches et Océans Canada présenteront des renseignements à jour sur les plans établis et les mesures prises en matière d'environnement par ces organisations, et ils définiront les rôles du Canada à l'égard de ces dernières. Le Ministère présentera également ces renseignements d'une manière cohérente dans ses rapports au Parlement et aux Canadiens, notamment dans le Rapport sur les plans et les priorités, dans le plan d'activités, dans le Rapport ministériel sur le rendement et dans les plans intégrés de gestion des pêches. Ces documents seront mis à jour à compter du prochain exercice et les sites Web seront mis à jour continuellement, lorsque des révisions seront apportées aux documents mentionnés précédemment.

Réponse de Transports Canada. Le Ministère accepte la recommandation. Il convient de noter que comme ces questions sont complexes, plusieurs ministères peuvent être chargés de mettre en application un accord pour le Canada en vertu de leurs lois habilitantes et de leurs mandats respectifs.

Le Ministère communique déjà au Parlement et au public les renseignements sur les activités concernant les accords internationaux en matière d'environnement dont il est responsable. Depuis la vérification, Transports Canada a amélioré la communication au public des renseignements portant sur le respect de ses obligations internationales.

En 2007, l'Organisation maritime internationale a effectué une vérification des efforts déployés par le Canada à l'égard de la mise en œuvre de toutes ses conventions et elle a constaté des résultats extrêmement positifs. On est en train de mettre la touche finale à la version intégrale du rapport de l'Organisation maritime internationale qui sera publiée dans le site Web du Ministère à titre d'information pour tous les Canadiens.

Réponse d'Affaires étrangères et Commerce international Canada. Le Ministère accepte la recommandation. Affaires étrangères et Commerce international Canada est disposé à trouver, avec les ministères pertinents, des moyens qui permettraient aux responsables et aux ministères principaux chargés d'accords internationaux en matière d'environnement de mieux informer le Parlement et les Canadiens sur la diplomatie environnementale mondiale.

 


Définitions :

Secrétariat canadien du Sommet de la terre 2002 — Le Secrétariat canadien du Sommet de la terre 2002, l'organe du gouvernement fédéral créé de façon temporaire pour gérer et coordonner la préparation et la participation du Canada au Sommet mondial sur le développement durable, a été dissous le 31 mars 2003.

Environnement Canada, l'Agence canadienne de développement international et Affaires étrangères et Commerce international Canada étaient les principales organisations fédérales représentant le Canada dans le cadre du processus du Sommet. (Retourner)

Cadres supérieurs — Sous-ministres, sous-ministres délégués et sous-ministres adjoints qui siègent à des comités de direction ministériels. (Retourner)