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1993 — Rapport du vérificateur général du Canada

Chapitre 2 — Suivi des recommandations formulées dans des rapports antérieurs

Points saillants

Introduction

La Gendarmerie royale du Canada — Application des lois fédérales — 1990, chapitre 26

Contexte

Conclusion

Observations

Meilleures relations et rôles plus clairs pour ce qui est de l'application des lois fédérales
La mise en oeuvre de la législation en matière de produits de la criminalité pose toujours des difficultés
Les systèmes d'information de gestion

La Gendarmerie royale du Canada — Services de soutien aux organismes canadiens chargés de l'application de la loi — 1990, chapitre 27

Contexte

Conclusion

Observations

Le Service des laboratoires judiciaires
Le Centre d'information de la police canadienne
Le Collège canadien de police
Le Service de l'identité judiciaire
Les Services judiciaires — Aperçu général

Innovation et cadre du contrôle parlementaire — 1991, chapitre 5

Contexte

Conclusion

Observations

Directives données par les organismes centraux
La surveillance des contingents
La pêche exploratoire
Le Parlement pourrait envisager de revoir l'interprétation
Un examen de la politique du Conseil du Trésor sur les opérations non monétaires s'impose

Projets d'immobilisations — Le ministère des Travaux publics — Contrôle de la qualité d'immeubles déjà construits — 1991, chapitre 6

Contexte

Observations

La gestion des parcs automobiles — 1991, chapitre 7

Contexte

Conclusion

Observations

La gestion de la dette et les pensions des employés — 1991, chapitre 8

Contexte

Étendue

Conclusion

Observations

Répercussions à long terme des autres mécanismes de financement possibles
La responsabilité fiduciaire
L'information destinée au Parlement

Gestion et contrôle financiers des recettes non fiscales — 1991, chapitre 9

Contexte

Conclusion

Observations

Surveillance exercée par les organismes centraux
Planification stratégique et recensement des sources de recettes
Divulgation à l'intention du public

Le ministère des Affaires extérieures — Cotisations versées aux organisations internationales — 1991, chapitre 12

Contexte

Conclusion

Observations

Pertinence et avantages de l'appartenance à des organisations internationales
Efforts pour susciter une réforme du système des Nations Unies
Obligation de rendre compte des réalisations du Canada
L'information destinée au Parlement

Le ministère des Pêches et des Océans — Activités de la région du Centre et de l'Arctique — 1991, chapitre 13

Contexte

Conclusion

Observations

La délégation aux provinces
La gestion de l'habitat du poisson
La gestion des pêches dans l'Arctique
Établissement des priorités en recherche scientifique
Les ports pour petits bateaux

Le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien — 1991, chapitre 14

Contexte

Conclusion

Observations

Cadre de responsabilités
Retard en matière de logements dans les réserves
Données sur les membres
Revendications particulières
Pétrole et gaz des Indiens du Canada

Le ministère du Revenu national, Douanes et Accise — Opérations douanières — 1991, chapitre 15

Contexte

Étendue

Conclusion

Observations

Les voyageurs aux postes-frontière terrestres
Planification des installations physiques
Mainlevée des marchandises commerciales
Les drogues illicites
Les matières dangereuses

Le ministère du Revenu national, Impôt — Services aux contribuables — 1991, chapitre 16

Contexte

Conclusion

Observations

Comprendre les attentes et y répondre
Demandes de renseignements par téléphone
Demandes de renseignements au comptoir
Formulaires et publications
Évaluation des avantages et des coûts des services et des activités
L'obligation de rendre compte

Le ministère des Travaux publics — Planification et location de logement de bureaux — 1991, chapitre 17

Contexte

Étendue

Conclusion

Observations

Examen opérationnel et restructuration de l'administration fédérale
Rôles du ministère des Travaux publics en matière de services et de contrôle
Loyer imposé à l'utilisateur
Planification et stratégies d'investissement à long terme
La planification et l'acquisition de locaux de bureaux loués

Le Secrétariat d'État — Langues officielles et traduction — Le Bureau de la traduction — 1991, chapitre 20

Contexte

Étendue

Conclusion

Observations

Les coûts
Gestion des ressources humaines et rendement des traducteurs
La satisfaction des clients et la qualité des traductions
L'information de gestion

Points saillants

2.1 Les ministères continuent de combler des lacunes, mais les progrès sont lents dans certains secteurs. Depuis des années, il reste toujours des questions à régler.

2.2 Innovation et cadre de contrôle parlementaire - Des mesures ont été prises pour répondre à nos préoccupations concernant la surveillance des contingents et des précisions ont été demandées sur la question de la pêche exploratoire. Toutefois, les précisions obtenues ne répondent pas entièrement à nos préoccupations. Le Conseil du Trésor devrait revoir les directives qu'il a données sur les opérations non monétaires de façon à s'assurer que la pêche exploratoire entre dans le cadre de contrôle parlementaire. De plus, la question d'autoriser la pêche exploratoire dans un but scientifique et d'accorder un droit de pêche comme paiement n'est toujours pas réglée.

2.3 La gestion de la dette et les pensions des employés - Le ministère des Finances et le Secrétariat du Conseil du Trésor ont amélioré la communication au Parlement de l'information sur les comptes de pensions. En outre, le ministère des Finances a terminé son étude des répercussions, sur la gestion de la dette, des mécanismes de pensions actuels. Cependant, les travaux progressaient lentement dans les principaux secteurs qui nous préoccupent, soit les répercussions à long terme des autres mécanismes possibles de financement sur les régimes de pension des employés fédéraux et les responsabilités fiduciaires.

2.4 Gestion et contrôle financiers des recettes non fiscales - La gestion des recettes non fiscales continue de s'améliorer et il s'ensuit des résultats concrets. Toutefois, la gestion et le contrôle financiers de ces recettes continuent de soulever certaines inquiétudes.

2.5 Le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien - Le Ministère a fait des progrès en donnant suite à nos observations et à nos recommandations sur les revendications particulières et sur l'organisme Pétrole et gaz des Indiens du Canada. La faiblesse du cadre de responsabilité pour les fonds versés aux organisations autochtones et le retard en matière de logements dans les réserves sont des problèmes de longue date auxquels il faut trouver rapidement une solution.

Introduction

2.6 Les ministères prennent des mesures pour combler les lacunes relevées dans nos rapports antérieurs, mais les progrès sont lents dans certains secteurs. Comme nous l'indiquons dans le chapitre 1, certaines questions signalées dans des rapports antérieurs resurgissent dans les vérifications courantes des mêmes programmes et dans d'autres programmes. Nous reconnaissons que certaines questions sont complexes, mais il est souhaitable de combler rapidement ces lacunes pour que les fonds publics soient utilisés de façon efficiente et efficace.

2.7 Les observations et les recommandations faites dans notre rapport annuel font habituellement l'objet d'un suivi et on en fait état deux ans après la publication du chapitre initial. Cette année, deux suivis font l'objet de chapitres distincts et trois autres ont été reportés. Un autre suivi a été publié l'an dernier.

2.8 Les chapitres 25, 26 et 27 sur l'examen de la réglementation abordent des questions semblables à celles du chapitre de 1989 sur le «Processus d'examen des projets de réglementation fédérale».

2.9 Le chapitre de 1991 «Le régime de responsabilisation des sociétés d'État : Comment le rendre fonctionnel» fait l'objet d'un suivi dans le chapitre 4 «Les sociétés d'État - L'obligation de rendre compte du rendement».

2.10 Le suivi du chapitre de 1991 «Le ministère de l'Agriculture - Programmes de sécurité du revenu agricole» a été reporté à 1994.

2.11 Les questions soulevées dans les deux chapitres de 1991 sur le ministère des Approvisionnements et Services «Gestion du service des marchés publics» et «Les marchés publics et le développement industriel» feront l'objet d'un suivi en 1994. Ce suivi sera intégré à celui du chapitre de 1992 sur le ministère de la Défense nationale «Grands projets d'immobilisations - Initiatives de développement industriel» et à la vérification de portée générale que nous prévoyons effectuer sur l'élaboration des systèmes, laquelle vérification constituera un mécanisme important pour l'actualisation des méthodes d'approvisionnement.

2.12 Le chapitre de 1991 sur le ministère de l'Environnement «Conservation et protection» a été intégré au suivi du chapitre de 1990 qui portait sur le même ministère, et les résultats ont été présentés dans le chapitre des suivis de 1992.

La Gendarmerie royale du Canada - Application des lois fédérales - 1990, chapitre 26

Contexte

2.13 En 1990, nous avons présenté un chapitre sur l'application, par la Gendarmerie royale du Canada, des lois fédérales, ce qui implique la détection des infractions aux lois fédérales et les enquêtes qui s'ensuivent. Notre principale constatation était que les responsabilités confiées à la Gendarmerie relativement à l'application des lois fédérales n'étaient pas claires, et ce malgré de nombreuses études qui ont souligné cette lacune au fil des ans. Cela avait entraîné un chevauchement des secteurs de compétence et des problèmes opérationnels entre la Gendarmerie et d'autres ministères fédéraux. Nous avions également observé que les relations de travail devaient être améliorées sensiblement entre le service de police et certains ministères.

Conclusion

2.14 La Gendarmerie a pris des mesures relativement à tous les problèmes que nous avions soulevés en 1990. Certains problèmes sont réglés; d'autres sont en voie de l'être.

2.15 Nous avons constaté que la Gendarmerie avait pris des mesures pour régler le problème le plus important, celui du chevauchement des secteurs de compétence, et que les conflits entre elle et Douanes Canada étaient beaucoup moins fréquents. La Gendarmerie a également fait des efforts pour améliorer les systèmes d'information de gestion sur l'application des lois fédérales.

2.16 Par ailleurs, la mise en oeuvre des dispositions de la loi en matière de produits de la criminalité s'est avérée lente.

Observations

Meilleures relations et rôles plus clairs pour ce qui est de l'application des lois fédérales
2.17 En 1990, nos recommandations visaient l'amélioration des relations entre la Gendarmerie et Douanes Canada sur deux fronts : l'application de la Loi sur les Douanes et la lutte antidrogue.

2.18 La Gendarmerie et Douanes Canada ont signé un protocole d'entente en juin 1991 pour clarifier le rôle du service de police dans l'application de la Loi sur les Douanes . Les relations entre la Gendarmerie et Douanes Canada pour ce qui est de l'application de cette loi se sont améliorées sensiblement depuis.

2.19 Pour ce qui est de la lutte antidrogue, les deux organismes ont signé en février 1991 un énoncé de principes qui définit leurs responsabilités et leurs rôles respectifs aux points d'entrée, sur le territoire canadien et à l'étranger, au chapitre de la cueillette et du partage de renseignements et de l'attribution du mérite des saisies lors de conférences de presse. La situation s'est améliorée considérablement. Nous avons tout de même relevé certains incidents isolés attribuables au manque de collaboration et ils sont traités individuellement au niveau local en regard de l'énoncé de principes.

2.20 De plus, en 1992, le gouvernement du Canada a créé le Centre de coordination de l'application des lois fédérales pour promouvoir la coordination de toutes les activités d'application des lois fédérales. Le gouvernement fédéral s'inquiète du problème général de chevauchement des secteurs de compétence et la réorganisation du gouvernement, annoncée en juin 1993, pourrait modifier cette situation.

La mise en oeuvre de la législation en matière de produits de la criminalité pose toujours des difficultés
2.21 En 1990, nous avions observé que les divers ministères et organismes fédéraux impliqués dans la mise en oeuvre de la législation en matière de produits de la criminalité (le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social, le ministère de la Justice, la Gendarmerie et le Secrétariat du Conseil du Trésor) mettaient beaucoup de temps à résoudre certains problèmes.

2.22 Nous avons constaté un certain progrès depuis, mais nous avons remarqué que ce n'est qu'en 1992 que des unités pilotes (unités antidrogues spéciales mixtes) ont été créées pour veiller à l'application des lois dans trois grands centres (Vancouver, Toronto et Montréal), grâce à des fonds de la Phase II de la Stratégie canadienne antidrogue. Ces unités sont composées d'agents de la Gendarmerie, de procureurs de la Couronne fédérale, d'agents de police des corps provinciaux et municipaux, de juricomptables et de personnel de soutien administratif. De plus, le projet de loi C-123 ( Loi sur l'administration des biens saisis) , loi qui vise la gestion des biens saisis ou confisqués, a reçu la sanction royale en juin 1993 et est entré en vigueur en septembre 1993. Cette loi est un élément important qui complète les dispositions de la législation en matière de produits de la criminalité, déjà en vigueur depuis 1989.

2.23 L'objectif ultime de la loi est d'aider à démanteler les organisations criminelles en réduisant leur pouvoir financier et en éliminant leur motivation à demeurer en affaires. Jusqu'à maintenant, la loi a vu son usage restreint par des retards dans la mise sur pied de l'infrastructure nécessaire et dans l'adoption de la loi complémentaire susmentionnée.

Les systèmes d'information de gestion
2.24 En 1990, nous avions recommandé que la Gendarmerie royale du Canada améliore ses systèmes d'information de gestion de manière à gérer efficacement ses activités d'application des lois fédérales. Les problèmes reliés aux systèmes d'information de gestion ne sont toujours pas réglés, mais nous avons constaté que des efforts étaient accomplis en ce sens. Jusqu'à maintenant, la Gendarmerie a pris les mesures correctives suivantes :

  • la création d'une Sous-direction de l'information de la gestion générale;
  • la mise en oeuvre d'un nouveau système d'information de gestion au sein de la Direction de la police économique;
  • la mise au point, qui en est aux dernières étapes, d'un système d'information de gestion pour la Direction de la police des drogues;
  • le début d'une vérification approfondie de ses systèmes d'information.

La Gendarmerie royale du Canada - Services de soutien aux organismes canadiens chargés de l'application de la loi - 1990, chapitre 27

Contexte

2.25 En 1990, nous avons fait rapport sur les quatre principaux types de services spécialisés que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) offre aux organismes canadiens chargés de l'application de la loi : laboratoires judiciaires, formation policière, information portant sur l'application de la loi et identification par les empreintes digitales. La Gendarmerie désigne ces services comme étant les Services judiciaires.

2.26 Notre Rapport de 1990 renfermait plusieurs recommandations et observations qui portaient principalement sur les points suivants : l'absence d'analyse rigoureuse de toutes les possibilités pour le remplacement des vieux laboratoires qui offrent des services complets; les possibilités d'emploi abusif de l'information fournie par le Centre d'information de la police canadienne; la nécessité d'examiner la pertinence du programme pédagogique du Collège canadien de police en regard de son mandat; le manque de collaboration et de consultation entre la Gendarmerie et les organismes chargés de l'application de la loi pour ce qui est des moyens d'assurer des services d'identification par les empreintes digitales et le manque d'intégration des unités individuelles des Services judiciaires en une seule entité plus visible.

Conclusion

2.27 La Gendarmerie a réagi favorablement à toutes les recommandations que nous avions formulées en 1990 et y elle a donné suite. Comme on l'explique plus en détail dans les «Observations», il reste toutefois des mesures correctives à prendre dans trois secteurs.

Observations

Le Service des laboratoires judiciaires
2.28 La Gendarmerie a réduit le nombre de ses laboratoires de huit à six. Elle a fait des études et évalué d'autres possibilités avant de décider de construire un nouveau laboratoire à Regina pour remplacer le laboratoire actuel. Toutefois, nous constatons que, pour les études futures, il faudra améliorer l'établissement du coût complet des diverses solutions.

2.29 De plus, les études futures devront tenir compte des répercussions des changements technologiques importants que l'avenir ne manquera sûrement pas d'apporter, comme l'introduction récente de la génétique moléculaire (ADN).

Le Centre d'information de la police canadienne
2.30 La direction est tout à fait consciente du caractère délicat des renseignements auxquels le système du Centre donne accès. Elle envisagera la mise en place d'identificateurs personnels pour une version modernisée du système, ce qui devrait améliorer la capacité de dépistage des emplois abusifs de l'information. La direction a récemment publié une série de règlements et un code de déontologie qui soulignent que l'accès au système et la diffusion de l'information qui s'y trouve ne doivent servir que des fins légitimes. La direction s'assurera, grâce à des activités régulières de vérification, que tous les organismes participants se conforment aux règlements et au code de déontologie.

2.31 Nous remarquons que c'est un système vieillissant, et la direction a indiqué qu'elle devra le moderniser si elle veut répondre à la demande des utilisateurs de demain. À notre avis, il faut que la direction détermine le plus tôt possible le reste de la durée de vie économique et technologique de ce système d'information ainsi que le rôle futur qu'il jouera dans la prestation des services de police.

Le Collège canadien de police
2.32 Le Collège a réexaminé sa philosophie et son objectif et élaboré un énoncé de mission ainsi que des valeurs fondamentales et des principes directeurs qui s'y rattachent, sur lesquels seront fondés ses nouveaux plans stratégiques et ses nouveaux plans d'action de même que l'évaluation périodique de chaque cours.

2.33 Le Collège réévalue actuellement la structure de base, la composition et le rôle du comité consultatif de manière à y incorporer une perspective non policière. D'après ses indications, c'est cette année qu'il terminera son plan stratégique et ses plans d'action et qu'il mettra en place un nouveau comité consultatif.

Le Service de l'identité judiciaire
2.34 Le service d'identification par empreintes digitales a terminé la mise en oeuvre d'un système automatisé d'identification dactyloscopique moderne. Les utilisateurs de l'extérieur avec qui nous avons communiqué se sont dits très satisfaits de la qualité des services désormais offerts.

Les Services judiciaires - Aperçu général
2.35 La Gendarmerie a approuvé une mission commune pour ses Services judiciaires et mis sur pied des comités internes chargés de voir à ce que les opérations continuent de se dérouler dans le cadre d'un plein partenariat avec la communauté policière du Canada. Pour donner suite aux résultats de son examen des activités des Services judiciaires et pour tenir compte des exigences des organismes centraux, la Gendarmerie introduira graduellement des frais d'utilisation pour certains de ces services.

2.36 Nous avons remarqué, parmi les autres mesures correctives particulières qui ont été prises, que la Gendarmerie a amélioré le processus de consultation des utilisateurs de ses services judiciaires, spécialement ceux de l'extérieur.

Innovation et cadre du contrôle parlementaire - 1991, chapitre 5

Contexte

2.37 Dans ce chapitre, nous avions examiné le défi posé aux gestionnaires de la fonction publique qui devaient rendre conformes aux exigences qu'impose le cadre du contrôle parlementaire les initiatives visant à améliorer les services tout en respectant les restrictions financières. Nous avions examiné un certain nombre de projets de ce genre entrepris par des gestionnaires du ministère des Pêches et des Océans. Nous nous étions préoccupés du fait que deux de ces projets - la surveillance des contingents et la pêche exploratoire - n'étaient pas conformes aux exigences du contrôle parlementaire.

2.38 À notre avis, le financement de la surveillance des contingents n'était pas effectué, par le secteur privé, sans lien de dépendance avec le Ministère. Le processus de recouvrement des frais auprès des pêcheurs, pour ce service, n'était pas tout à fait indépendant de l'administration fédérale, et les recettes n'étaient pas soumises aux contrôles parlementaires relatifs à la perception, aux dépenses et à la comptabilisation.

2.39 Pour ce qui est de la pêche exploratoire, nous avions observé que certains pêcheurs recevaient des droits de pêche particuliers en échange de leurs services, ce qui, à notre avis, constituait une opération non monétaire sous forme de troc. Il n'était pas certain qu'aux termes de la loi habilitante, le Ministère ait eu le pouvoir de prendre cette initiative. Le Ministère fait rapport de la pêche exploratoire dans la Partie III du Budget des dépenses.

Conclusion

2.40 Dans notre suivi, nous avons constaté que les gestionnaires du Ministère avaient pris des mesures pour répondre à nos préoccupations concernant la surveillance des contingents. Ils avaient également cherché à obtenir des directives claires sur la façon dont ils devraient procéder en ce qui concerne la pêche exploratoire. Toutefois, les précisions obtenues du ministère de la Justice et du Secrétariat du Conseil du Trésor ne répondent pas entièrement à notre préoccupation concernant le fait que l'intention du Parlement doit être clairement respectée. Le Parlement pourrait envisager de revoir l'interprétation, au sens large, qui est donnée de la Loi sur les pêches et de son règlement d'application, laquelle permet au ministre des Pêches et des Océans de financer des programmes de gestion des pêches en accordant un droit de pêche. Le libellé de la politique du Conseil du Trésor sur les opérations non monétaires ne permet pas de ramener les opérations non monétaires importantes mentionnées au chapitre 5 à l'intérieur du cadre du contrôle parlementaire. Le Conseil du Trésor devrait revoir les directives qu'il a données sur les opérations non monétaires, pour s'assurer que la pêche exploratoire entre dans le cadre du contrôle parlementaire.

Observations

Directives données par les organismes centraux
2.41 Inspiré par notre chapitre de 1991, le Bureau du contrôleur général a donné, à l'intention des gestionnaires de l'administration fédérale, une vidéoconférence sur le défi que constitue pour eux le fait de garder le contrôle de leurs opérations à mesure que se concrétise la réforme de la fonction publique. Il y a eu des discussions autour de questions soulevées dans le chapitre; on peut obtenir la vidéocassette en s'adressant aux bibliothèques des ministères.

2.42 Le 24 juin 1993, le Conseil du Trésor a émis une politique visant à soumettre les opérations non monétaires au contrôle parlementaire. Cette politique a été déclarée rétroactive au 1er avril 1993.

La surveillance des contingents
2.43 Les gestionnaires de Pêches et Océans ont pris des mesures correctives au sujet de la surveillance des contingents. Le financement de la surveillance des contingents individuels se fait maintenant «sans lien de dépendance», étant désormais assuré exclusivement par le secteur privé, comme prévu. La nature de ces dispositions est exposée dans la Partie III du Budget des dépenses.

La pêche exploratoire
2.44 Les gestionnaires de Pêches et Océans ont demandé au ministère de la Justice de clarifier leurs pouvoirs en ce qui a trait à la pêche exploratoire. En dépit de l'opinion obtenue du ministère de la Justice, nous ne sommes pas convaincus que la question soit réglée, si l'on considère l'angle plus vaste du contrôle parlementaire des dépenses et de la perception des recettes.

2.45 L'interprétation du ministère de la Justice est un argument juridique qui se fonde sur une interprétation large de l'article 7 de la Loi sur les pêches aux termes duquel le Ministre «peut, à discrétion» octroyer des permis de pêche, sous réserve du règlement. Toutefois, cette opinion ne tient pas compte suffisamment de l'article 4 de la Loi qui renferme des dispositions explicites sur la pêche dans un but scientifique.

2.46 Donc, la question d'autoriser la pêche exploratoire dans un but scientifique et d'accorder un droit de pêche comme paiement n'est toujours pas réglée.

Le Parlement pourrait envisager de revoir l'interprétation
2.47 Cette interprétation signifie que le ministère des Pêches et des Océans peut se servir du poisson, ou du droit de pêche, pour financer des activités de gestion et de contrôle des pêches. Le Parlement pourrait envisager de revoir cette interprétation de la législation habilitante.

Un examen de la politique du Conseil du Trésor sur les opérations non monétaires s'impose
2.48 À notre avis, accorder à certains pêcheurs un droit de pêche particulier en échange de leurs services constitue une opération non monétaire sous forme de troc. Nous n'avons trouvé aucune preuve de changement dans la nature de l'opération décrite au chapitre 5 de 1991 (voir les pièces 5.3 et 5.4).

2.49 Des représentants du Conseil du Trésor ont avisé les gestionnaires de Pêches et Océans qu'aux termes de la politique, la pêche exploratoire est considérée comme étant un projet à frais partagés plutôt qu'une opération non monétaire et que, par conséquent, les exigences qui ont trait aux opérations non monétaires ne s'appliquent pas. Certes, il existe des intérêts communs aux pêcheurs et au Ministère, mais cela ne change pas la nature de l'opération de troc. Nous sommes d'avis que la pêche exploratoire ne peut être considérée comme un projet à frais partagés.

2.50 Le Conseil du Trésor devrait revoir l'application de cette expression qui fait qu'un échange important - évalué à 4,7 millions de dollars en 1990 - n'est pas soumis au contrôle parlementaire visant les pratiques et les procédures de l'administration fédérale au Canada.

Projets d'immobilisations - Le ministère des Travaux publics - Contrôle de la qualité d'immeubles déjà construits - 1991, chapitre 6

Contexte

2.51 La vérification de 1991 était une vérification pilote pour mettre à l'essai de nouveaux protocoles et de nouvelles méthodes de vérification. Deux immeubles seulement ont été examinés. Ils ont été choisis par le ministère des Travaux publics dans son portefeuille de la région de la capitale nationale. Dans le premier cas, il s'agissait de la Phase IV de la Place du Portage à Hull, qui appartient à l'État, et dans le deuxième cas, de l'immeuble Lionel-Chevrier à Cornwall, loué avec option d'achat.

2.52 De la vérification des principaux éléments, services et fonctions des immeubles, il est ressorti
41 recommandations consolidées de nature technique. Lorsque cela était approprié, le Ministère a pris sur-le-champ des mesures pour donner suite à ces constatations; il a également planifié d'autres mesures correctives et il a convenu d'étudier les constatations restantes en vue de prendre des mesures éventuelles ou d'en tenir compte dans de nouveaux projets de construction.

2.53 Notre suivi a porté sur les mesures prises par le Ministère pour donner suite à toutes nos observations et recommandations qui découlaient de la vérification pilote. Nous avons examiné le plan d'action de la région de la capitale nationale ainsi que la documentation à l'appui, sur les mesures prises, et les politiques ministérielles adoptées depuis 1991 qui donnent suite à nos recommandations. Nous avons mené des entrevues avec des membres du personnel professionnel du Ministère, des services de protection contre l'incendie du ministère du Travail, des comités de santé et de sécurité au travail des deux immeubles et enfin, nous avons interviewé le propriétaire et les gestionnaires de l'immeuble Lionel-Chevrier.

Observations

2.54 Nous avons constaté que le ministère des Travaux publics avait donné suite de manière prompte et responsable à toutes nos observations. Au cours des deux dernières années, il a effectué presque tous les travaux nécessaires pour remédier à la situation signalée à Place du Portage, à un coût d'environ 500 000 $, auxquels se sont ajoutés 900 000 $ de dépenses en immobilisations supplémentaires. Celles-ci ont servi à l'installation d'un système de contrôle à commande numérique directe afin d'améliorer l'efficience du système à double conduit pour le chauffage, la ventilation et le conditionnement d'air, et de l'éclairage par secteur. Par ailleurs, le Ministère a approuvé le financement de projets d'accessibilité à l'immeuble, à un coût de 975 000 $, afin de satisfaire aux exigences de la politique du Conseil du Trésor sur l'accessibilité. Le coût des travaux entrepris par le propriétaire de l'immeuble Lionel-Chevrier pour remédier à la situation dépassait 5 000 $; le ministère des Travaux publics doit également engager des dépenses de 99 000 $ pour améliorer l'accessibilité.

2.55 Les services régionaux de protection contre les incendies du ministère du Travail ont surveillé les travaux entrepris et prévus par le ministère des Travaux publics pour remédier à la situation en matière de sécurité incendie dans les immeubles, et ils sont généralement satisfaits des résultats. Les comités de santé et de sécurité au travail des principaux occupants des immeubles se sont dits satisfaits de la suite donnée par le Ministère et par la direction de l'immeuble Lionel-Chevrier.

2.56 Notre recommandation voulant que le ministère des Travaux publics examine le système à double conduit de la Phase IV de la Place du Portage, dans le but d'en modifier le fonctionnement pour qu'il soit plus économique, a fait l'objet de beaucoup d'attention. Les commandes pneumatiques du système à double conduit sont en voie d'être remplacées par un système à commande numérique directe. Ce dernier système devrait améliorer l'efficience du système de chauffage, de ventilation et de climatisation. D'autres zones d'éclairage par secteur ont été ajoutées; dans un but d'économie, elles seront contrôlées par le système à commande numérique directe. Néanmoins, en raison de la conception du système à double conduit, le fonctionnement en dehors des heures normales de travail (de 19 h à 7 h et les fins de semaine) reste coûteux, soit environ 337 000 $ par an. Par exemple, pour environ 150 employés en moyenne qui travaillent en dehors des heures normales, il faut activer le système en direct sur au moins cinq étages. (La capacité normale de la Phase IV est d'environ 4 300 personnes).

2.57 Notre chapitre renfermait cinq autres recommandations d'ordre général qui ont été acceptées par le ministère des Travaux publics. Nous recommandions notamment de procéder à une analyse des coûts du cycle de vie, de faire appel à du personnel spécialisé en mise en service, de résoudre le différend entre les concepteurs, d'engager des spécialistes en acoustique et de préparer des plans à long terme de réparation et de remplacement. Nous sommes heureux de constater que, depuis 1991, le bureau de la région de la capitale nationale du Ministère a mis toutes ces recommandations en oeuvre dans les travaux entrepris depuis 1991.

2.58 Nous avons commenté le fait que le ministère du Travail n'exige pas d'essais pour les installations actuelles protégées au halon. Nous avons été avisés par le Ministère qu'un expert procède actuellement à une enquête dans quelque 50 établissements de la région de la capitale nationale afin de déterminer le besoin d'une protection incendie qui utilise le halon. Le halon, un gaz qui sert pour étouffer les flammes, n'est pas considéré comme un produit écologique. Les biphényles polychlorés (PCB) ont été éliminés des transformateurs de la chambre des transformateurs de la Phase IV.

2.59 La réduction des services d'inspection par le Commissaire fédéral des incendies a amené le ministère des Travaux publics à créer un poste de chef de la Protection incendie et de la Sécurité en construction.

2.60 Un des grands avantages générés par cette vérification aura été que la méthode de vérification technique élaborée et mise à l'essai dans le projet pilote a été modifiée et élargie par l'Institut de recherche en construction, en collaboration avec notre Bureau et avec le ministère des Travaux publics, afin de servir aux propriétaires et aux gestionnaires d'immeubles du secteur public et du secteur privé.

2.61 Les protocoles de vérification de la sécurité incendie font déjà, à quelques exceptions près, partie du Guide d'inspection des risques d'incendie du ministère du Travail.

2.62 La Direction générale du logement du ministère des Travaux publics est le gardien des immeubles à bureaux polyvalents du gouvernement, un portefeuille qui comprend 379 immeubles qui appartiennent à l'État, d'une valeur de 2,6 milliards de dollars, neuf immeubles loués avec option d'achat et 3 068 baux courants, soit au total 4,8 millions de mètres carrés qui abritent environ 174 000 employés.

2.63 Le coût des travaux effectués pour remédier aux lacunes relevées par la vérification, particulièrement à la Phase IV, démontre que le ministère des Travaux publics et, en fait, l'administration fédérale, se sont implicitement engagés à faire d'autres dépenses importantes pour réparer et moderniser les immeubles vieillissants de manière à offrir, conformément aux demandes actuelles, un milieu de travail satisfaisant et accessible au personnel et au public qui sont handicapés.

2.64 Aux termes de la politique du Conseil du Trésor sur la gestion des immeubles, environ 50 p. 100 des immeubles que détient le gouvernement fédéral sont sous la garde de ministères autres que le ministère des Travaux publics. Nous recommandons fortement à tous les gardiens des immeubles du gouvernement de suivre nos recommandations générales, lesquelles ont été acceptées par le ministère des Travaux publics en 1991.

La gestion des parcs automobiles - 1991, chapitre 7

Contexte

2.65 Notre chapitre de 1991, qui porte sur la gestion des parcs automobiles, signalait d'importantes lacunes en matière de gestion, par exemple, le peu d'attention accordée à la planification des moyens de transport; le fait que l'on achète des véhicules sans tenir suffisamment compte des coûts du cycle de vie, ni des considérations environnementales; la nécessité d'uniformiser les parcs automobiles; la sous-utilisation des véhicules; l'absence de modalités établies pour calculer les avantages que constitue, aux fins de l'impôt sur le revenu, le fait que des employés soient autorisés à ramener des véhicules chez eux; enfin, des retards à se débarrasser des véhicules excédentaires. Par ailleurs, la plupart des ministères n'ont pas trouvé que les systèmes actuels d'information de gestion des véhicules étaient utiles.

Conclusion

2.66 Le gouvernement a entrepris des changements d'ordre administratif afin d'améliorer la gestion des parcs automobiles dans les ministères et les organismes. Toutefois, comme la mise en oeuvre n'en est encore qu'à ses débuts, il est trop tôt pour évaluer les mesures prises par les ministères pour répondre à nos préoccupations.

Observations

2.67 Les questions soulevées dans notre chapitre sont traitées par le Comité interministériel de la gestion du parc, créé en janvier 1991 par la Direction de la politique administrative du Conseil du Trésor.

2.68 La Direction de la politique administrative a tenu également des ateliers sur la gestion du cycle de vie du matériel et la gestion du parc automobile. En outre, il y a eu à Ottawa, un colloque interministériel sur la gestion du cycle de vie du matériel. La Direction a produit de plus des vidéocassettes sur la gestion du cycle de vie du matériel qui traitent des questions environnementales. On se sert de ces vidéocassettes dans les colloques et les cours de formation offerts par les organismes centraux et les ministères.

2.69 Pour inciter les ministères à mieux gérer leurs parcs automobiles, la Direction a encouragé le recours à des services privés. Parmi les améliorations déjà signalées par certains ministères, mentionnons :

  • une meilleure information en vue de la prise de décisions;
  • plus de facilité à comprendre et à appliquer les programmes de garanties des fabricants;
  • un meilleur contrôle des coûts d'utilisation, d'entretien et de réparation des véhicules;
  • une consolidation de la facturation, qui entraîne une réduction des frais généraux administratifs.
2.70 Au moment de la rédaction du présent document, sept ministères avaient pris des dispositions pour que leurs véhicules soient gérés par des entreprises privées à la grandeur du pays. Selon le Conseil du Trésor, cette mesure toucherait 30 p. 100 des véhicules qui appartiennent aux ministères fédéraux.

2.71 Bien que les ministères aient, en général, conclu au succès des projets pilotes, il est encore trop tôt pour juger si des dispositions seraient efficaces à l'échelle nationale. D'ordinaire, il faut à un ministère un an d'expérience pour régler les problèmes de démarrage et être en mesure de faire une évaluation fiable des services qu'offre le secteur privé. Il est possible que la restructuration des ministères et des organismes annoncée récemment ralentisse encore la mise en oeuvre de ces mesures.

2.72 La Loi sur les biens de surplus de la Couronne a été modifiée en janvier 1993 de manière à permettre aux ministères de se débarrasser des biens excédentaires soit par l'intermédiaire du ministère des Approvisionnements et Services, soit directement, sous réserve des conditions établies par le Conseil du Trésor. La Direction de la politique administrative est d'avis que cette modification est de nature à encourager les ministères à se débarrasser en temps opportun de leurs biens excédentaires, notamment des véhicules. Six ministères ont mené des projets pilotes concernant la vente directe de leurs biens.

La gestion de la dette et les pensions des employés - 1991, chapitre 8

Contexte

2.73 Le chapitre 8 de notre Rapport de 1991 recommandait que le gouvernement examine les répercussions à long terme de la pratique d'emprunt aux comptes de pensions des employés du gouvernement, qu'il envisage d'attribuer clairement les responsabilités fiduciaires relatives aux régimes de pension et qu'il améliore la communication de l'information sur les pensions des employés dans les Comptes publics et dans le Budget des dépenses.

2.74 Lors des audiences du Comité permanent des comptes publics, en février et en septembre 1992, le sous-ministre des Finances, le Secrétaire du Conseil du Trésor et le contrôleur général se sont engagés à réaliser, d'ici la fin de l'été 1993, une étude commune des répercussions à long terme des mécanismes de financement actuels et possibles sur les régimes de pension de la fonction publique. Le ministère des Finances s'est engagé également à entreprendre un examen interne des répercussions sur la gestion du déficit et de la dette, des mécanismes actuels relatifs aux régimes de pension. Le contrôleur général a, en outre, accepté de tenir compte de la recommandation du vérificateur général concernant la communication, dans les Comptes publics, de l'information sur les pensions.

Étendue

2.75 Notre suivi visait les mesures prises par les organismes centraux pour donner suite à nos recommandations. Nous avons examiné les réponses officielles au Comité permanent des comptes publics ainsi que les rapports d'étape fournis par le ministère des Finances, le Secrétariat du Conseil du Trésor et le Bureau du contrôleur général, dans le but d'y étayer le travail accompli. Nous avons également examiné le rapport de l'étude interne effectuée en mars 1993 par le ministère des Finances sur les répercussions, du point de vue de la gestion de la dette, des régimes de pension actuels. Nous avons interviewé des membres du personnel du ministère des Finances et du Secrétariat du Conseil du Trésor et avons examiné la documentation à l'appui des progrès signalés.

Conclusion

2.76 Le ministère des Finances et le Secrétariat du Conseil du Trésor ont amélioré l'information destinée au Parlement sur les comptes de pension. En outre, le ministère des Finances a terminé son étude des répercussions, sur la gestion de la dette, des mécanismes de pension actuels. Cependant, les travaux progressaient lentement dans les principaux secteurs qui nous préoccupent, soit les répercussions à long terme des autres mécanismes possibles de financement sur les régimes de pension des employés fédéraux et les responsabilités fiduciaires. Il faudra faire un autre suivi en 1994.

Observations

Répercussions à long terme des autres mécanismes de financement possibles
2.77 Nous avons recommandé que le gouvernement entreprenne une étude des coûts et avantages, ainsi que des répercussions à long terme, des mécanismes de financement qui pourraient constituer une solution de rechange à ceux qui régissent actuellement les régimes de pension de ses employés. Cela comprendrait une évaluation des répercussions à long terme de la politique actuelle d'investissement théorique sur le déficit, sur les besoins financiers et sur la dette publique.

2.78 Étude du ministère des Finances. L'étude interne du Ministère portait sur la seule question des mécanismes actuels pour le financement des régimes de pension, à savoir s'ils limitent la capacité de l'administration fédérale de réaliser sa stratégie actuelle en matière de dette et son objectif qui est d'augmenter la partie fixe ou à long terme du portefeuille de titres de créance. L'étude à conclu que non. En fait, ces mécanismes aideraient plutôt à atteindre le but visé. Étant donné les hypothèses retenues pour cette étude, nous sommes généralement d'accord avec cette conclusion.

2.79 Cependant, l'étude ne rendait pas compte des autres hypothèses possibles en matière de besoins financiers et de dette au titre des pensions, comme elle le faisait pour les autres hypothèses possibles sur le taux d'intérêt et la combinaison de titres de créance à échéances fixes et à échéances variables. Bien que les hypothèses sur les besoins financiers à venir et sur l'accroissement de la dette au titre des pensions dont on s'est servi dans les études aient été fondées sur les prévisions financières et économiques de l'administration fédérale, on pouvait quand même s'attendre que l'étude ait tenu compte d'autres hypothèses plausibles. Une analyse de sensibilité qui aurait pris en considération d'autres scénarios de besoins financiers et de dette au titre des pensions aurait également pu aider en déterminant si la dette liée aux pensions nuira aux opérations de gestion de la dette, advenant que les besoins financiers ne diminuent pas comme prévu, ou que la dette au titre des pensions n'augmente pas comme on s'y attend, ou les deux. Il serait prudent d'en poursuivre la surveillance et l'évaluation.

2.80 Le Ministère a signalé qu'il continuerait d'évaluer l'incidence du financement des comptes de pension dans le cadre de sa stratégie annuelle concernant la dette.

2.81 Étude commune Secrétariat du Conseil du Trésor - ministère des Finances. On a commencé les travaux d'une étude plus vaste des répercussions des autres mécanismes possibles de financement sur les pensions des fonctionnaires (y compris des stratégies d'investissement axées sur les conditions du marché). Les travaux ont cependant été plus lents que prévu.

2.82 On a créé un groupe de travail interorganismes pour analyser et évaluer l'incidence des mécanismes actuels et des autres mécanismes possibles de financement des pensions sur les dépenses du gouvernement, la gestion de la dette, les marchés financiers et l'économie. D'après le plan des organismes centraux, l'étude devait être terminée d'ici la fin de septembre 1993. Au moment du suivi, elle n'était pas terminée. Nous avons été avisés qu'elle le serait au début de 1994.

2.83 Nous avons également appris que les résultats de l'étude commune serviront au Comité consultatif sur la Loi sur la pension de la fonction publique du président du Conseil du Trésor, auquel on a demandé d'effectuer un examen exhaustif des régimes de pension des fonctionnaires, et notamment de questions comme celles de la gestion, de la conception et des mécanismes de financement. On ne s'attend pas que le Comité consultatif termine ses travaux avant le début de 1994.

Réponse du Secrétariat du Conseil du Trésor : Malheureusement, d'autres priorités ont empêché le Secrétariat du Conseil du Trésor et le ministère des Finances de compléter l'étude aussitôt que prévu. Toutefois, les travaux vont bon train et l'étude devrait être terminée au début de 1994.

La responsabilité fiduciaire
2.84 En 1991, nous avons recommandé que le gouvernement envisage d'attribuer clairement des responsabilités fiduciaires relatives aux régimes fédéraux de pension des employés.

2.85 Aucune mesure n'a été prise à cet égard. Bien que ce domaine n'ait pas été couvert par le mandat de l'étude commune Secrétariat du Conseil du Trésor - ministère des Finances, des représentants du Secrétariat du Conseil du Trésor nous ont informés que l'étude se pencherait sur la notion de responsabilité fiduciaire. Ils ont également signalé que cette question devrait être traitée comme découlant des débats du Conseil consultatif.

L'information destinée au Parlement
2.86 Nous avons recommandé que le gouvernement présente clairement ses obligations relatives aux pensions comme éléments de la dette publique dans les Comptes publics . Nous avons également recommandé que le Budget des dépenses renferme l'information dont le Parlement a besoin pour examiner les programmes en détail, y compris la valeur actuelle des obligations à long terme liées aux régimes de pension des employés du gouvernement.

2.87 Des améliorations ont été faites dans ce domaine. Le Parlement a reçu de l'information supplémentaire concernant les frais d'intérêt sur la dette publique et le passif relatif aux Comptes de pensions de retraite dans les derniers Comptes publics et dans le dernier Budget des dépenses . On pourrait encore améliorer les choses en présentant l'information sur les pensions de façon qu'elle soit plus facile à comprendre.

2.88 À cet égard, les organismes centraux ont indiqué que l'administration fédérale prévoyait la production d'un rapport annuel qui présenterait sa situation financière et les résultats de l'état de ses opérations sous forme condensée. Ils envisageront d'indiquer précisément les éléments clés de la dette publique, comme les pensions des employés, et évalueront s'il serait valable de regrouper les passifs relatifs aux pensions avec la dette non échue.

Gestion et contrôle financiers des recettes non fiscales - 1991, chapitre 9

Contexte

2.89 D'après les conclusions de notre vérification de 1991, des mesures étaient prises en vue d'améliorer la gestion et le contrôle financiers des recettes non fiscales. Il fallait des incitatifs efficaces, une meilleure information et un contrôle amélioré. Nous avons signalé qu'il était nécessaire de prêter une attention particulière aux aspects suivants :

  • la surveillance exercée par les organismes centraux;
  • la planification stratégique et le recensement des sources de recettes possibles;
  • la perception, le contrôle et la comptabilisation;
  • la divulgation à l'intention du public des activités liées aux recettes non fiscales et au rendement.

Conclusion

2.90 La gestion des recettes non fiscales continue de s'améliorer et elle produit des résultats concrets. Toutefois, la gestion et le contrôle financiers continuent de soulever certaines inquiétudes.

2.91 Le Secrétariat du Conseil du Trésor, y compris le Bureau du contrôleur général, influence la gestion des recettes non fiscales. On signale que les frais d'utilisation ont augmenté de 450 millions de dollars en deux ans.

2.92 Nous remarquons que les huit ministères visés par le présent suivi ont fait des progrès. Même si la mise en oeuvre des frais d'utilisation a progressé, les ministères éprouvent encore de la difficulté à calculer la juste part des frais à recouvrer.

2.93 Pour que la divulgation de l'information destinée au Parlement soit significative pour le public, il faut que les ministères continuent de l'améliorer.

Observations

Surveillance exercée par les organismes centraux
2.94 Les organismes centraux surveillent les recettes non fiscales, mais ils pourraient le faire de façon plus exhaustive. Les organismes centraux s'intéressent aux recettes non fiscales dans le cadre de la planification opérationnelle pluriannuelle des ministères et organismes. On nous informe que la présentation d'un rapport d'étape annuel aux ministres du Conseil du Trésor fait partie intégrante de ce processus. Toutefois, il reste à faire l'évaluation de la mise en oeuvre de la politique sur les frais d'utilisation, tel que le Conseil du Trésor l'a demandé à l'origine, pour mars 1993. À notre avis, c'est un engagement auquel il faudrait donner suite.

Planification stratégique et recensement des sources de recettes
2.95 Les ministères gèrent mieux les recettes non fiscales, mais ils doivent poursuivre leurs efforts. Tous les ministères qui ont fait l'objet de notre suivi ont pris des mesures pour régler les problèmes qui leur avaient été signalés. Même s'ils ont fait des progrès, ils trouvent difficile de continuer à faire converger leur attention sur les recettes non fiscales. La mise en oeuvre des frais d'utilisation n'est pas sans problèmes, notamment différencier les services obligatoires et les services facultatifs, déterminer et répartir les coûts et faire accepter les frais.

2.96 Par exemple, après plus de quatre ans et des consultations intensives avec les parties intéressées, le ministère de la Santé et du Bien-être social n'a pas été en mesure de respecter son engagement de 1988 envers le Conseil du Trésor, en ce qui concerne le recouvrement des coûts d'évaluation des médicaments avant leur commercialisation. Le Ministère nous a informés que ses propositions se sont heurtées à l'opposition de l'industrie pharmaceutique. En janvier 1992, le ministre a commandé un examen externe du système d'approbation des médicaments. Le Ministère a maintenant entrepris un examen en profondeur de sa politique afin de concevoir un processus efficace d'approbation des médicaments qui comprenne l'étude des diverses options de recouvrement des coûts. Entre temps, les activités d'approbation des médicaments ont englouti 182 millions de dollars en quatre ans. Pour ce qui est des services de dosimétrie, le Ministère a mis le recouvrement des coûts en attente d'ici à ce qu'une décision finale soit rendue sur la privatisation. Pour ce qui est des hôpitaux du Ministère, le pourcentage des coûts qui ont été recouvrés pour des services médicaux assurés est passé de 57 p. 100 à 66 p. 100 en deux ans.

2.97 Le ministère des Affaires extérieures a pris des mesures spéciales et recouvré, auprès de plus de 300 employés en poste à l'étranger, plus de 850 000 $ en loyers impayés. Le Ministère a maintenant entrepris la tâche de mettre en place une solution plus permanente dans le système de gestion des services à l'étranger de façon à garder les montants impayés au plus bas niveau possible et éviter d'avoir à effectuer des enquêtes spéciales.

Divulgation à l'intention du public
2.98 L'information destinée au Parlement doit être améliorée davantage. Même si les Comptes publics et le Budget des dépenses ont été améliorés, ils ne fournissent toujours pas d'information sur les recettes budgétisées qui puisse être comparée facilement aux données réelles. Nous avons aussi remarqué qu'ils ne renferment pas d'information analytique pour expliquer le manque à gagner apparent au titre du «rendement des investissements».

2.99 Autre aspect encore mal expliqué : les «recettes nettes» de la Banque du Canada. Les sommes que la Banque remet au ministère des Finances ne sont pas déduites des frais de la dette publique, même si ces sommes proviennent des titres que le Canada émet pour financer sa dette. Cette façon de procéder peut faire osciller de quelque deux milliards de dollars le «solde de fonctionnement» (déficit annuel moins les frais de la dette publique) du gouvernement dont on se sert maintenant pour faire rapport sur le rendement du gouvernement en ce qui concerne le budget.

2.100 La comptabilisation des activités de la Banque du Canada exige une étude plus approfondie en raison de la situation et des activités uniques de la Banque. La question de la divulgation devrait être prise en considération dans le cadre de l'étude gouvernementale sur l'information que les sociétés d'État présentent dans les Comptes publics ou analysée dans un rapport financier annuel succinct. Entre temps, le ministère des Finances voudra peut-être se pencher sur la façon de traiter les recettes de la Banque lorsqu'il déterminera et communiquera le solde de fonctionnement du gouvernement du Canada.

2.101 Nous craignons aussi que certaines sommes mises à la disposition des ministères ne soient pas examinées minutieusement par le Parlement lors de la présentation du Budget des dépenses . En raison des modifications apportées à la Loi sur les biens de surplus de la Couronne , les ministères disposent d'une autorisation législative générique permanente aux termes de laquelle ils peuvent dépenser les sommes générées par la vente des biens de surplus. Ces sommes viennent s'ajouter aux crédits qui leur ont été votés auparavant par le Parlement. Pour le moment, le Parlement ne reçoit pas d'information sur ces sommes lorsqu'il examine le Budget des dépenses courant.

Réponse du Secrétariat du Conseil du Trésor : Nous reconnaissons que les profits de la Banque du Canada pourraient être classés dans les états financiers soit comme une réduction des frais de la dette publique, soit comme des profits des sociétés d'État. Nous examinons ce poste et des postes semblables (comme les intérêts gagnés sur les fonds de change) afin d'en améliorer la présentation dans les Comptes publics. Nous tenons aussi à souligner que les profits de la Banque du Canada sont divulgués dans les Comptes publics, de sorte que les lecteurs peuvent faire les rajustements qui leur conviennent.

Le ministère des Affaires extérieures - Cotisations versées aux organisations internationales - 1991, chapitre 12

Contexte

2.102 En 1991, nous avons publié le rapport de notre vérification des pratiques de gestion du ministère des Affaires extérieures au sujet de l'obligation qu'il a de rendre compte des cotisations versées aux organisations internationales. Compte tenu du rôle primordial joué par le Ministère dans l'application de la politique étrangère du Canada, nous avons fait également des observations sur les dispositions prises pour coordonner la participation d'autres ministères et organismes aux activités multilatérales.

Conclusion

2.103 Le Ministère a fait des progrès dans la mise en oeuvre de certaines de nos recommandations. Il s'est efforcé de clarifier les objectifs de la politique étrangère, d'évaluer le bien-fondé de l'appartenance continue à des organisations internationales et de renforcer la coordination avec les ministères et organismes qui participent à des activités multilatérales. Par ailleurs, le Ministère souligne que, dans l'examen de sa participation aux organisations, il est guidé par des décisions au niveau politique le plus élevé. La réforme demeure un objectif, mais le Ministère affirme que, sans tenir compte de la relative efficience des organisations, la participation du Canada à ces organisations lui confère des avantages importants comme l'élaboration de règlements sanitaires internationaux.

2.104 Le personnel du Ministère est plus conscient de la nécessité de canaliser les efforts pour susciter une réforme du système des Nations Unies. Cependant, il y a deux entraves de taille à l'atteinte de résultats substantiels. Premièrement, apporter des changements à un système multilatéral est nécessairement lent. Deuxièmement, des ressources de plus en plus limitées ainsi que des changements fondamentaux dans le rôle que jouent les Nations Unies font qu'il est difficile de consacrer l'attention nécessaire au processus de réforme de cette organisation.

Observations

Pertinence et avantages de l'appartenance à des organisations internationales
2.105 En 1991, nous avions recommandé que le Ministère définisse plus clairement les objectifs de la politique étrangère en ce qui touche les activités multilatérales. Nous avions recommandé qu'il recueille de l'information pour évaluer les avantages qui découlent de l'appartenance à des organisations internationales et la mesure dans laquelle il atteint ses objectifs multilatéraux et qu'il utilise cette information pour décider de la nature et de l'étendue de la participation canadienne à la coopération multilatérale.

2.106 Le Ministère considère l'appartenance à des organisations internationales comme un principe intangible qui découle d'une politique du gouvernement établie depuis longtemps : la participation à des organisations internationales sert à promouvoir et à protéger les intérêts canadiens. Le Ministère a établi le Cadre de la politique étrangère dans lequel sont définis les principaux objectifs des activités multilatérales. Il poursuit ces objectifs par la participation à des organisations internationales dont il juge les objectifs publics compatibles avec ceux du Canada, et susceptibles d'y contribuer. À sa demande, d'autres ministères et organismes ont fourni au ministère des Affaires extérieures des documents dans lesquels ils exposent leurs priorités et leurs objectifs techniques, les avantages d'appartenir à certaines organisations, et les efforts pour susciter une réforme des systèmes administratifs et de la gestion financière des organisations internationales auxquelles ils participent dans leur sphère d'activité et de compétence.

2.107 Par ailleurs, le Ministère n'est plus membre de quatre institutions commerciales multilatérales et n'est pas devenu membre d'une cinquième institution, car les avantages que le Canada pouvait en tirer n'étaient pas suffisants. Au cours de l'année dernière, le Ministère a reconsidéré à deux reprises les avantages d'appartenir à certaines autres organisations internationales. Le premier examen a donné lieu à la décision de cesser d'appartenir à l'Organisation des Nations Unies pour le développement industriel. Cependant, le deuxième examen, au sujet de l'appartenance à l'Organisation internationale du travail, à l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture et à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, a été jugé incompatible avec les principes de base du gouvernement et a été arrêté.

Efforts pour susciter une réforme du système des Nations Unies
2.108 Nous avons recommandé que, dans ses efforts pour améliorer l'administration des organisations internationales, le Ministère établisse des priorités, qu'il concentre ses ressources sur les organisations et les programmes qui procurent les avantages les plus importants au Canada et qu'il poursuive la collaboration avec les pays en développement.

2.109 Le Ministère est de plus en plus conscient de la nécessité de canaliser ses efforts vers la réforme administrative des organisations. Cependant, il dit faire face à deux contraintes. Premièrement, toute réforme est difficile et extrêmement lente, étant donné le consensus qu'il faut obtenir entre les nations membres et au sein des organisations. Deuxièmement, la mesure dans laquelle le Canada peut influer sur la nature et le rythme des changements dépend des ressources dont il dispose. Le Ministère a indiqué que la réduction de l'effectif décrétée par le gouvernement l'a obligé à déployer ses ressources de plus en plus limitées aux fonctions jugées les plus prioritaires. La réforme des Nations Unies est donc jugée moins prioritaire.

2.110 Le Ministère a déclaré qu'il avait néanmoins réussi à susciter des améliorations dans certaines organisations. Des Canadiens président des groupes d'experts qui ont lancé des réformes au sein de l'Organisation internationale du travail et de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture. De plus, lors de l'Assemblée mondiale de la santé de 1993, le Canada a joué un rôle de premier plan pour susciter, avec l'appui d'un large éventail de pays, une réforme budgétaire importante. Le Ministère a fait des propositions visant des changements importants de la structure administrative de la Francophonie et il joue un rôle clé dans la planification stratégique du Secrétariat du Commonwealth.

2.111 Tout en reconnaissant les avantages d'une collaboration accrue avec les pays en développement, le Ministère a décidé que, vu les ressources limitées dont il dispose, il convient que des pays qui partagent les mêmes idées fassent un effort collectif pour surveiller les organisations des Nations Unies. Il a accentué ses efforts pour que le Groupe de Genève soit le point central de l'évaluation de la performance de ces organisations.

2.112 Nous constatons que les méthodes d'administration et de gestion de certaines organisations, par exemple celles de l'Organisation des Nations Unies, de l'Organisation mondiale de la santé, de l'Organisation internationale du travail, de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture et de l'UNESCO, nécessiteront encore plus d'attention.

Obligation de rendre compte des réalisations du Canada
2.113 En 1991, nous avions recommandé que le Ministère communique aux autres ministères sa définition d'«une participation de qualité aux organisations internationales» et l'obligation qu'il a de rendre compte de la qualité de la participation canadienne à ces organisations. Le Ministère a communiqué une définition à trois volets : 1) refléter les intérêts et les objectifs canadiens dans les tribunes multilatérales, 2) coordonner la politique étrangère du Canada, 3) placer des Canadiens à des postes influents dans des organisations internationales.

2.114 Le Ministère a également commencé à conclure des protocoles d'entente avec d'autres ministères et organismes afin de clarifier leurs responsabilités et rôles respectifs.

L'information destinée au Parlement
2.115 En 1991, nous avions recommandé que le Ministère fournisse une meilleure information au Parlement pour justifier l'utilisation de ses ressources, à savoir la mesure dans laquelle le Canada atteint ses objectifs en matière de politique étrangère par voie multilatérale. Au cours des deux dernières années, le Secrétaire d'État aux Affaires extérieures et ses cadres supérieurs ont comparu plus souvent qu'auparavant devant un comité parlementaire pour témoigner sur les activités multilatérales du Canada. Vu les ressources limitées dont il dispose, le Ministère demande d'autres indications au Parlement sur ses besoins en information avant de produire de nombreux autres documents.

Le ministère des Pêches et des Océans - Activités de la région du Centre et de l'Arctique - 1991, chapitre 13

Contexte

2.116 Dans notre chapitre de 1991, nous avions signalé que la région du Centre et de l'Arctique du ministère des Pêches et des Océans faisait face à de nombreuses demandes et à de nombreux défis dans la mise en oeuvre de ses programmes. Nos observations et nos recommandations portaient particulièrement sur les domaines de la délégation aux provinces, de la gestion de l'habitat du poisson, de la gestion des pêches dans l'Arctique, de l'établissement des priorités en recherche scientifique et des ports pour petits bateaux. Dans notre suivi, nous avons demandé au Ministère de faire le point sur les mesures prises à la suite des observations et des recommandations les plus importantes et de nous en faire rapport. Ensuite, nous avons mené des entrevues et examiné des documents afin d'évaluer les progrès réalisés.

Conclusion

2.117 En 1991, nous avions reconnu qu'un bon nombre des questions soulevées par nous et des demandes auxquelles la région faisait face étaient de portée nationale ou gouvernementale, qu'elles étaient complexes et difficiles à traiter, et qu'il faudrait beaucoup de temps pour leur trouver une solution. C'est ce qu'a confirmé notre suivi dans plusieurs secteurs. On n'a guère avancé en ce qui a trait à la clarification, dans le cadre d'ententes officielles conclues avec les provinces, des rôles et des responsabilités en matière de gestion des pêches et de l'habitat du poisson. L'amélioration de l'information et des bases de données sur les stocks de poisson de l'Arctique va très lentement. On note certains progrès dans l'évaluation des répercussions que peut avoir une dépendance accrue à l'égard du financement extérieur pour les programmes de recherche scientifique, et des solutions en vue de stabiliser ce financement. Par ailleurs, les choses avancent de façon satisfaisante en ce qui concerne l'élaboration de lignes directrices et la communication des progrès réalisés en matière d'initiatives de gestion de l'habitat du poisson; il en est de même pour l'expansion de la cogestion dans l'Arctique, la définition et la communication des priorités et des plans scientifiques ainsi que l'amélioration de la gestion des ports pour petits bateaux dans certains secteurs.

Observations

La délégation aux provinces
2.118 En 1991, nous avions signalé qu'il faudrait définir clairement, dans le cadre d'ententes et d'ententes auxiliaires officielles avec les provinces, les responsabilités en matière de gestion des pêches et d'habitat du poisson. Nous avions indiqué que des Ententes générales sur les pêches avaient été conclues avec deux des quatre provinces de la région et qu'il n'y avait aucune entente auxiliaire sur des secteurs de responsabilité particuliers comme l'habitat ou l'aquiculture. D'après notre suivi, la situation reste la même, bien que des mécanismes non officiels existent encore. Des événements comme le référendum sur la Constitution et des changements survenus dans les administrations provinciales ont contribué à ce que le règlement de ces questions reste difficile et qu'il traîne en longueur.

La gestion de l'habitat du poisson
2.119 Le Cabinet a approuvé un mémoire présenté par le Ministère pour régler les questions de développement durable et entamer, avec les provinces, des pourparlers sur le partage des responsabilités en matière d'habitat du poisson. Bien qu'il n'y ait pas d'entente auxiliaire au sujet de l'habitat, le Ministère espère que les négociations prévues avec les provinces aboutiront à des ententes auxiliaires réalisables.

2.120 Le Ministère a fait des progrès notables dans trois autres domaines où il a donné suite à nos observations et à nos recommandations. En particulier, on a récemment diffusé, à l'intention des utilisateurs du Ministère, une ébauche des lignes directrices sur la conservation et la protection de l'habitat, qui découlent de la politique de gestion de l'habitat du poisson. La région du Centre et de l'Arctique dispose maintenant d'un système de repérage des projets sur l'habitat qui lui sont référés, et on élabore actuellement un système national. Un rapport au Parlement intitulé L'administration et l'application des dispositions de la Loi sur les pêches relatives à la protection de l'habitat du poisson et à la prévention de la pollution a été présenté en 1991-1992; il sera désormais préparé tous les ans.

La gestion des pêches dans l'Arctique
2.121 Le Rapport de 1991 faisait observer qu'il faudrait de meilleures données sur les stocks de poisson pour que le Canada puisse s'acquitter de ses obligations qui découlent du règlement des revendications territoriales des autochtones. Le Ministère continue de s'occuper en priorité, dans les Territoires du Nord-Ouest, du règlement des revendications territoriales des autochtones ainsi que de l'établissement, par la suite, de conseils de gestion de la faune qui cogéreront avec le Ministère, entre autres choses, les pêches dans les secteurs visés par ces revendications. Depuis 1991, on a réglé deux autres revendications et on espère arriver sous peu à une entente sur une autre revendication. On établit actuellement les conseils de gestion de la faune liés à ces revendications; comme les conseils déjà existants, ces conseils comptent des représentants nommés par le Ministère. La mesure dans laquelle les questions des pêches seront réglées dépendra de l'orientation que suivront ces conseils, des décisions qu'ils prendront et du financement qu'ils permettront d'obtenir. La position du Ministère est que ces conseils devraient recevoir un financement suffisant et devraient être chargés de recueillir l'information nécessaire à la gestion des stocks de poisson. Toutefois, le Ministère et les conseils ont reçu beaucoup moins que ce qu'ils avaient demandé pour faire face à leurs obligations qui découlent du règlement récent des trois revendications dont il a été question plus haut. À cause de cela, il pourrait demeurer difficile de recueillir de l'information substantielle sur les pêches.

Établissement des priorités en recherche scientifique
2.122 Dans notre chapitre de 1991, nous observions que la dépendance accrue à l'égard de sources extérieures de financement entraînait le risque de voir les projets de recherche scientifique s'écarter des priorités ministérielles, ou de voir des projets ou des programmes menacés si ces sources de financement faisaient défaut. Le Programme de la région des lacs expérimentaux a servi de cas type. Depuis, le Ministère a entrepris deux projets pour répondre à ces préoccupations. D'abord, en préparant le document «Les sciences du MPO : Perspectives pour la prochaine décennie», le secteur des Sciences a élaboré des «exposés des activités de base» qui définissent ce qu'il fait, et il a cerné plus de vingt projets à entreprendre pour obtenir les résultats souhaités. Un de ces projets a examiné les avantages et les inconvénients du financement provenant de l'extérieur. Ensuite, la région a fait examiner, à contrat, l'avenir du Programme de la région des lacs expérimentaux, dans l'espoir de trouver des solutions pour stabiliser le financement et, ainsi, assurer le fonctionnement permanent du programme. Le rapport de l'entrepreneur a abouti à des recommandations et à des solutions que la région étudie plus en détail afin de déterminer si elles sont viables. Entre temps, le Programme continue de fonctionner avec un petit budget de services votés et un financement extérieur incertain.

Les ports pour petits bateaux
2.123 En 1991, nous avions recommandé que les niveaux de délégation pour l'approbation des projets soient haussés aux niveaux régionaux de manière que le démarrage des projets se fasse plus rapidement. Cette recommandation a été envisagée par le Ministère, mais aucun changement n'a été fait. Cependant, la Direction générale des ports pour petits bateaux signale qu'elle surveille et traite plus activement les plans et les propositions de projet de manière que les approbations soient obtenues plus tôt et que les projets puissent démarrer plus rapidement.

2.124 Les mesures entreprises par le Ministère donnent suite à nos recommandations sur l'ampleur de l'entretien préventif dans les ports et la participation du personnel ministériel aux activités du ministère des Travaux publics en ce qui a trait à l'inspection et à la mise en service des grands projets.

Le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien - 1991, chapitre 14

Contexte

2.125 En 1991, nous avions signalé l'absence d'un cadre de responsabilités pour les fonds administrés par les bandes et les conseils tribaux indiens, la nécessité d'adopter une nouvelle approche pour rattraper le retard en matière de logements dans les réserves et le besoin d'élaborer et de tenir à jour un système d'information sur la population indienne, qui est nécessaire au financement des programmes.

2.126 Nous avions également parlé du règlement des revendications particulières. Nous avions recommandé que le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien et le gouvernement réévaluent les concepts fondamentaux et les méthodes fondamentales pour le règlement des revendications. Ceci comprenait l'indépendance de la Direction générale des revendications particulières, les rôles d'autres ministères fédéraux comme le ministère de la Justice, et l'application des politiques et de la procédure relatives au règlement des revendications.

2.127 Notre vérification de 1991 avait porté également sur Pétrole et gaz des Indiens du Canada (PGIC). Nous avions recommandé que cet organisme consigne comme il se doit l'assurance de production de pétrole et de gaz, qu'il obtient de diverses sources, en rapport avec les redevances. Nous avons également recommandé qu'il produise des rapports sur toutes les vérifications visant le pétrole et le gaz et qu'il consigne les mesures prises par suite des constatations de vérification.

Conclusion

2.128 Le Ministère a accompli certains progrès dans la suite qu'il a donnée à nos observations et à nos recommandations sur les revendications particulières et sur Pétrole et gaz des Indiens du Canada. Toutefois, les recommandations n'avaient pas encore été complètement mises en oeuvre au moment de notre examen de suivi. Celui-ci a donc été assez limité et nous n'avons pas été en mesure de déterminer la pleine portée des améliorations. Nous continuerons de surveiller les mesures correctives prises par le Ministère, et, le cas échéant, nous envisagerons de procéder à une autre vérification en temps opportun.

2.129 Les questions qui se rapportent au cadre de responsabilités et au retard en matière de logements sont complexes, et elles perdurent depuis plusieurs années. La solution à ces questions nécessite une consultation et une prise de mesures par toutes les parties qui sont affectées. Le Ministère leur a fait des propositions pour qu'elles les étudient et il attend leurs décisions. Il est nécessaire que soient réglées en temps opportun ces questions de longue date.

Observations

Cadre de responsabilités
2.130 Le Ministère a pris certaines mesures pour renforcer le cadre de responsabilités. On procède actuellement à la mise en oeuvre d'un nouveau système d'information, le Système de gestion des paiements de transfert (SGPT), qui aidera la direction régionale à établir si l'on reçoit bien l'information nécessaire des Premières nations. Le Ministère procède actuellement à des «examens stratégiques» afin de déterminer les exigences minimales en matière de données qui lui permettront de satisfaire à son obligation de rendre compte au Conseil du Trésor. Nous estimons qu'il faudrait accélérer ce processus.

Retard en matière de logements dans les réserves
2.131 Le Ministère a fait savoir que la politique qu'il proposait sur le logement dans les réserves répondrait à la recommandation que nous lui avions faite de régler le problème de la pénurie de logements. Dans son quatrième rapport produit en décembre 1992 et intitulé «Le temps d'agir», le Comité permanent des affaires autochtones a recommandé que le gouvernement du Canada mette immédiatement un terme à l'examen que mène le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien sur le programme de logement dans les réserves commencé en 1975 et qu'il recommande au Cabinet une nouvelle politique à cet égard. Nous sommes d'accord avec cette recommandation et encourageons les responsables à remédier à cette situation sans délai indu.

Données sur les membres
2.132 En 1993, le Ministère a effectué un essai pilote qui portait sur quatre bandes de la région de l'Atlantique afin de recueillir les données nécessaires. Nous n'en avons pas encore examiné les résultats. Cependant, nous craignons que l'on ne recueille pas les statistiques appropriées sur la population des secteurs à l'ouest de la région de l'Atlantique, où se trouve la plus grande partie de la population d'Indiens au Canada.

Revendications particulières
2.133 En juillet 1993, le Ministère a fait état de plusieurs initiatives susceptibles de répondre à nos recommandations de 1991, notamment :

  • la création, par l'administration fédérale, d'une Commission sur les revendications particulières des Indiens à laquelle les plaignants peuvent avoir recours s'ils ne sont pas satisfaits de la décision du Ministère concernant leurs revendications;
  • l'amélioration de la coordination entre le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien et le ministère de la Justice afin de faciliter le traitement des revendications;
  • la préparation d'un guide sur le traitement des revendications ainsi que la rationalisation de certaines procédures afin de faciliter la présentation et l'évaluation des revendications;
  • une collaboration accrue entre les administrations fédérale et provinciales afin de partager les coûts liés au traitement des revendications fondées sur des droits fonciers issus de traités.
2.134 Nous sommes d'avis que ces efforts peuvent avoir un effet positif sur le processus de revendication et sur ses résultats. Selon le Ministère, ces efforts, conjugués à une augmentation des ressources affectées au processus, ont contribué à accélérer le règlement des revendications. Ainsi, on aura répondu à la préoccupation du gouvernement et à nos observations faites en 1991 sur le temps qu'il fallait, les années précédentes, pour statuer sur une revendication.

2.135 Puisque le Ministère continue de prendre des mesures pour donner suite à nos recommandations de 1991, nous l'encourageons à faire en sorte que les nouvelles procédures renferment des dispositions qui garantissent un niveau acceptable de qualité dans l'évaluation des revendications.

2.136 Pour ce qui est du financement de la recherche liée aux revendications, le Ministère nous a informés, en août 1993, qu'il avait augmenté le nombre d'examens des plans de recherche et des rapports provisoires des bénéficiaires. Cependant, il a confirmé que, aux termes des accords de contribution, il n'exige pas de vérification pour déterminer si les fonds de recherche ont été utilisés conformément aux conditions. Notre observation de 1991 s'applique donc toujours, à savoir qu'en ce qui concerne ces fonds, nous craignions que l'obligation d'en rendre compte soit peu rigoureuse. Le Ministère envisage des moyens de régler cette question de manière efficace.

Pétrole et gaz des Indiens du Canada
2.137 En juillet 1993, Pétrole et gaz des Indiens du Canada nous a informés qu'il avait pris plusieurs initiatives pour donner suite à nos recommandations, notamment :

  • une coordination accrue de l'assurance de production de pétrole et de gaz entre l'organisme et l'Alberta Energy Resources Conservation Board;
  • la préparation d'un guide pour obtenir l'assurance de production par rapport aux redevances;
  • des applications informatiques améliorées pour l'analyse des données de production reçues des sociétés autorisées à extraire le pétrole et le gaz;
  • l'élaboration de critères d'évaluation du risque posé par l'environnement pour la vérification des redevances ainsi que l'élaboration de meilleures méthodes de planification de la vérification, d'établissement des rapports et de traitement des constatations.
2.138 Nous estimons que ces efforts peuvent avoir un effet positif sur l'assurance de production qu'obtient Pétrole et gaz des Indiens du Canada.

Le ministère du Revenu national, Douanes et Accise -
Opérations douanières - 1991, chapitre 15

Contexte

2.139 Au cours de notre vérification de 1991, nous avons examiné les initiatives des Douanes qui visaient à rationaliser les opérations de traitement des voyageurs et des marchandises commerciales aux bureaux d'entrée. Nous avons également examiné deux des nombreux programmes de réglementation que les Douanes appliquent aux bureaux d'entrée, à savoir ceux qui visent les drogues illicites et les matières dangereuses. Nous avons de plus examiné les installations qui se trouvaient aux frontières terrestres en ce qu'elles avaient trait à la facilitation du passage des voyageurs et à la répression du trafic de stupéfiants.

Étendue

2.140 Notre suivi a consisté en un examen d'un rapport d'étape préparé par le Ministère et qui explique les mesures que celui-ci a prises par suite de nos recommandations, en des entrevues avec le personnel des administrations centrale et régionales des Douanes et en une revue de la documentation.

Conclusion

2.141 Le Ministère a donné suite à toutes nos recommandations, mais il reste encore à faire dans certains secteurs pour que soient complètement réglés tous les problèmes qui nous préoccupaient. En général, le Ministère a fait des progrès acceptables dans la plupart des secteurs.

Observations

Les voyageurs aux postes-frontière terrestres
2.142 En 1991, nous avons recommandé que le Ministère fixe des normes en matière de qualité des services relatifs au traitement des voyageurs aux postes-frontière terrestres. Nous avons également recommandé qu'il prenne des mesures pour accélérer le temps de traitement dans les principaux bureaux de douane, en revoyant notamment la faisabilité et la pertinence de l'essai pilote de voies désignées et en analysant les profils des voyageurs qui passent par ces bureaux de douane. En mars 1993, le Ministère a effectué une étude visant à déterminer des indicateurs de réceptivité afin d'établir des normes de services aux clients. Les Douanes prévoient réaliser des sondages auprès des voyageurs dans 24 bureaux de douane, en 1993-1994.

2.143 Au début de 1993, le Ministère a terminé l'évaluation d'un projet pilote de voies désignées, dont le but était de simplifier l'entrée des voyageurs présentant peu de risque, qui passent fréquemment par un poste-frontière important en Colombie-Britannique. L'étude a établi que le projet pilote avait été un succès. Elle a également signalé quelques exceptions, comme une augmentation des cas de non-conformité et un besoin d'améliorer les affiches. Le Ministère a décidé d'étendre la portée du projet en permettant aux voyageurs qui passent fréquemment la frontière d'établir eux-mêmes leurs droits et taxes en vertu de numéros tarifaires généraux, et en appliquant le système de voies désignées à d'autres points d'entrée importants. Au mois de juillet 1993, on essayait d'autres solutions dans d'autres bureaux d'entrée.

Planification des installations physiques
2.144 En 1991, nous avons recommandé que le Ministère intègre la planification et la gestion des installations des bureaux de douane à la planification des besoins opérationnels, élabore et maintienne une base de données sur les installations des frontières terrestres et fasse en sorte que les installations répondent bien aux besoins opérationnels actuels et futurs. Pour donner suite à cette recommandation, le Ministère a établi un comité d'étude des installations chargé de coordonner la collecte et la diffusion de l'information sur les initiatives opérationnelles. Il a lancé un projet d'évaluation des installations en plusieurs étapes, se fondant sur une analyse détaillée de 35 des 107 sites; on attend les résultats définitifs en décembre 1993.

2.145 En 1991, nous avons observé qu'environ 60 p.100 des postes-frontière terrestres qui appartiennent aux Douanes n'avaient pas fait l'objet d'une évaluation de site. Au mois de juin 1993, ce pourcentage avait été réduit à environ 30 p.100. Le Ministère nous indique qu'il aura en mains, en décembre 1993 au plus tard, une information complète sur les conditions qui existent dans toutes ses installations de frontières terrestres.

Mainlevée des marchandises commerciales
2.146 Nous avons recommandé que le Ministère revoie ses normes et détermine quelle devrait être la qualité du service en termes de délai de mainlevée des marchandises commerciales. Le Ministère soutient qu'il n'est pas justifié d'instaurer un système d'évaluation complexe; il effectuera plutôt des enquêtes, de temps à autre, pour évaluer la satisfaction de la clientèle quant au délai de mainlevée. Nous avons observé que certains bureaux régionaux des Douanes consignent les délais moyens de mainlevée au bureau d'entrée, mais ces délais varient considérablement selon le bureau et selon le genre d'opération en cause. Comme l'indiquait le Secrétaire du Conseil du Trésor aux administrateurs ministériels, dans sa lettre de juin 1993, on s'attend que le Ministère établisse et publie, en 1993-1994, des normes de service pour ses services les plus importants. Pour donner suite à cette directive, le Ministère a institué une équipe de projet pour élaborer des normes de service aux clients pour le processus commercial.

Les drogues illicites
2.147 En 1991, nous avons recommandé que le Ministère fasse une évaluation globale des risques, à l'échelle du Ministère, afin d'élaborer un plan plus souple et plus réactif de lutte contre le trafic international des stupéfiants. Depuis lors, les Douanes ont établi des unités régionales d'analyse des renseignements ainsi que des équipes de réaction souples. De plus, la Direction de l'exécution à l'administration centrale a préparé des rapports d'évaluation des risques que posent certaines drogues illicites et a diffusé des bulletins de renseignement périodiques qui décrivent les grands problèmes ou les risques graves auxquels les Douanes font face. Le Ministère donne aussi de l'expansion au service des équipes maître-chien dépisteur et il a mis en oeuvre un système intégré d'exécution pour les Douanes, sur une base de projet pilote. En août 1993, les Douanes étaient en voie de préparer l'ébauche d'un plan de répression.

Les matières dangereuses
2.148 En 1991, nous avons remarqué que les Douanes n'avaient pas de programme visant précisément les matières dangereuses. Depuis lors, le Ministère a instauré un programme de formation et il a fait des progrès acceptables dans l'élaboration d'une directive qui a trait au traitement des cargaisons de déchets dangereux. Les Douanes ont également eu des pourparlers avec d'autres ministères afin de coordonner la manipulation des marchandises dangereuses. Même si l'on est en voie de cerner les besoins en matière de formation sur les marchandises et les produits dangereux, il reste à décider du rôle plus actif que devraient jouer les Douanes et des exigences que ce rôle entraînerait en ce qui a trait à la formation sur le traitement des produits dangereux.

Le ministère du Revenu national, Impôt - Services aux contribuables - 1991, chapitre 16

Contexte

2.149 En 1991, nous avions vérifié certains services aux contribuables et produits connexes du ministère du Revenu national, Impôt. Nous avions présenté des recommandations en ce qui a trait à la compréhension des attentes du public et à la réponse du Ministère à ces attentes, à l'évaluation des avantages ainsi que des coûts des services et des activités, et à la communication de l'information au Parlement. Cette année, nous avons effectué un suivi des mesures prises par le Ministère en réponse à nos observations et à nos recommandations. Nous avons examiné divers documents et rapports d'étape fournis par le Ministère et nous avons examiné ses déclarations et explications écrites.

Conclusion

2.150 Le Ministère a pris des mesures qui répondent à la plupart de nos recommandations, mais il reste encore à faire dans d'autres domaines. Depuis notre Rapport de 1991, les deux programmes du Ministère - Impôt, et Douanes et Accise - ont été intégrés, et le Ministère devra peut-être revoir un bon nombre des services à la clientèle du point de vue des deux programmes.

Observations

Comprendre les attentes et y répondre
2.151 En 1991, nous avions recommandé que le Ministère trouve des moyens d'obtenir en permanence de la rétroaction sur les services pour lesquels il n'existe pas de mécanismes du genre, par exemple, des comités consultatifs, des questionnaires et des comités de discussion. Le Ministère a commencé, depuis peu, la collecte de données pour savoir qui sont les personnes qui appellent le service des renseignements généraux et la raison de leur appel.

2.152 Nous avions également recommandé que le Ministère fasse en sorte que les contribuables sachent où et comment déposer des plaintes, et qu'il se serve le plus efficacement possible des plaintes comme d'une source d'information. Les plaintes reçues par l'entremise du Programme de solution de problèmes et du Programme de la correspondance ministérielle sont maintenant analysées, les tendances significatives sont consignées et l'information est communiquée à la haute direction. La rétroaction sur les plaintes reçues par d'autres secteurs du Ministère est communiquée chaque semaine à la haute direction dans le cadre du Programme d'amélioration du service. Pour que la collecte et l'analyse de données soient plus facile à gérer, six bureaux locaux seulement participent à la fois à ce programme.

2.153 Nous avions recommandé que le Ministère revoie ses normes de rendement. Le Ministère a étudié l'acceptation par la clientèle de certaines des normes qui étaient en vigueur en 1991, et il a soit confirmé, soit révisé celles-ci en fonction des attentes de la clientèle.

Demandes de renseignements par téléphone
2.154 En 1991, nous avions observé que le Ministère ne disposait pas de mesures fiables des niveaux de service dont il puisse se servir pendant toute l'année pour son service des demandes de renseignements par téléphone; nous avions recommandé qu'il élabore de telles mesures. Le Ministère dispose maintenant, dans les bureaux locaux, de moyens techniques qui permettent de rassembler diverses mesures de niveaux de service. De novembre 1993 à février 1994, il mettra en oeuvre un programme provisoire de compilation des données locales qui donnera des mesures régionales et nationales. Le programme provisoire sera éventuellement remplacé par un système plus automatisé qui facilitera l'accès à une plus vaste gamme de données.

2.155 En 1991, nous avions observé également que les sondages sur les demandes de renseignements généraux effectués pendant la période de production de 1990 et de 1991 n'étaient pas conçus de manière à générer une estimation de la fiabilité des réponses au grand public. Une étude semblable a été faite en 1992, mais pas en 1993. Au lieu de cela, un sondage pilote a été effectué au cours du premier trimestre de 1993, en prévision de l'élaboration d'un système informatique de mesure de la fiabilité.

2.156 En 1991, nous avions signalé qu'un groupe de travail ministériel sur l'efficacité de l'organisation s'était dit inquiet de ce que, au cours de la période la plus occupée de l'année, on embauchait des employés temporaires qui avaient peu d'expérience ou de formation à titre d'agents des demandes de renseignements. Cette pratique a entraîné un risque élevé que l'on ne satisferait pas aux normes de service. Nous avions recommandé que le Ministère envisage de faire des essais pour déterminer s'il faut avoir recours ou non à une proportion plus forte d'employés permanents par rapport au personnel temporaire, de modifier les programmes de formation du personnel temporaire, de procéder à des examens des aptitudes techniques ou d'appliquer d'autres mesures qui concerneraient la justesse de l'information donnée. Le ministère du Revenu national a dû, en raison de restrictions budgétaires, réduire considérablement l'utilisation de personnel temporaire à des postes d'agent des demandes de renseignements. Le Ministère a pris des mesures pour améliorer le programme de formation et a élaboré un outil de sélection pour évaluer les habiletés, les compétences et les qualités personnelles des agents. Les connaissances continuent d'être évaluées sans l'aide d'un examen technique.

Demandes de renseignements au comptoir
2.157 Nous avions recommandé que le Ministère recueille de l'information sur le temps d'attente pour les services au comptoir, pour la comparer aux normes existantes. Nous avions recommandé également qu'il voie s'il était possible d'obtenir une mesure objective de la justesse des réponses aux demandes de renseignements présentées au comptoir. Le Ministère a élaboré une méthode de mesure du temps d'attente au comptoir, mesure qui servira au cours de la période de production de 1994. À la même époque, le ministère du Revenu national prévoit d'étudier les effets qu'il obtiendrait en faisant connaître ses normes de service. Toutefois, le Ministère a déclaré que l'application d'un système de mesure de la justesse des réponses aux demandes de renseignements au comptoir dépendra des résultats du système de mesure de la justesse des réponses aux demandes de renseignements par téléphone.

Formulaires et publications
2.158 Nous avions recommandé que le Ministère fasse une étude pour évaluer les avantages qu'il y aurait à rendre ses publications plus faciles à lire et à comprendre, et qu'il détermine, à partir des résultats de cette étude, si l'ordre de priorité attribué à l'amélioration des publications est approprié et si les ressources suffisantes y sont consacrées. Le Ministère a récemment adopté un processus de «vérification complète de la lisibilité» de toutes ses publications pour s'assurer qu'elles respectent les principes d'un langage simple.

Évaluation des avantages et des coûts des services et des activités
2.159 En 1991, nous avions remarqué que le Ministère n'avait pas évalué ses divers programmes de service pour vérifier s'ils atteignaient leurs objectifs, contribuaient à la réalisation de la mission du Ministère et étaient rentables. Nous avions recommandé que le Ministère évalue les coûts de ses programmes de service en regard de leur contribution à la réalisation des objectifs établis, et qu'il détermine en conséquence l'affectation appropriée des ressources. Le Ministère a complété un examen partiel de son Service électronique de renseignements par téléphone (SERT) en 1992. La section de la vérification interne et de l'évaluation du ministère du Revenu national prévoit d'évaluer, en 1993-1994, un aspect de l'aide à la clientèle.

L'obligation de rendre compte
2.160 Nous avions recommandé que le Ministère élabore des mesures de la qualité de ses services en regard des normes correspondantes et en fasse rapport dans la Partie III du Budget des dépenses . Un examen des parties III de 1992-1993 et de 1993-1994 indique que le Ministère a fait des progrès dans la communication de l'information concernant la mesure de la qualité pour quelques-uns de ses services. Le Ministère s'attend que les normes, à des fins de comparaison, pourront être publiées dans la Partie III de 1995-1996.

Le ministère des Travaux publics - Planification et location de logement de bureaux - 1991, chapitre 17

Contexte

2.161 En 1991, nous avons examiné la planification et l'acquisition de locaux de bureaux loués pour les employés du gouvernement. Le ministère des Travaux publics fournit des locaux de bureaux à environ 110 ministères et organismes.

2.162 Nous avions conclu qu'en matière de locaux, il fallait résoudre des problèmes fondamentaux de longue date qui portaient notamment sur les rôles du Ministère en matière de services et de contrôle, sur la possibilité de faire payer les utilisateurs pour leurs locaux et sur la planification et les stratégies d'investissement à long terme. Le règlement de ces questions pourrait faciliter les réformes qui s'imposent dans la planification et l'acquisition de locaux de bureaux loués.

2.163 Nous avions observé également que les méthodes de location du Ministère étaient lentes et compliquées et que les formulaires de location étaient indûment détaillés et complexes. Nos travaux avaient confirmé ce que le Ministère avait reconnu, à savoir qu'il pourrait et devrait faire plus d'efforts pour mieux réagir aux besoins des ministères locataires en matière de logement et rationaliser ses activités de location.

Étendue

2.164 Notre suivi a consisté à examiner les rapports d'étape de juin 1992 et de juin 1993 préparés par le Ministère pour le Comité des comptes publics et qui portaient sur nos recommandations de 1991, et à discuter de ces rapports avec des représentants du Ministère. Nous n'avons pas examiné des opérations de location pour déterminer la situation actuelle en ce qui a trait aux méthodes de location.

Conclusion

2.165 Des représentants du ministère des Travaux publics sont d'avis qu'ils ont mené à bien le travail de base en vue de la mise en place des nouvelles procédures implicitement mentionnées dans la politique sur le «Leadership partagé en matière de locaux». Le Ministère a demandé que lui soit officiellement délégué le pouvoir d'élaborer et de faire respecter des politiques et des normes sur les locaux de bureaux. Au moment de la rédaction du présent rapport, le Ministère venait de se voir accorder ces pouvoirs.

2.166 Le Ministère a entrepris d'importantes initiatives en vue d'améliorer les processus de planification et d'acquisition de locaux de bureaux. Étant donné la nature fondamentale de nos observations et de nos recommandations de 1991 et la récente restructuration de l'administration fédérale, il faudra probablement plusieurs années pour mener à bien les initiatives du Ministère en matière de locaux et de processus de location.

Observations

Examen opérationnel et restructuration de l'administration fédérale
2.167 Pour donner suite aux questions que nous avons soulevées en 1991, le Ministère a entrepris un certain nombre d'initiatives. Toutefois, en raison d'autres priorités ministérielles, la réalisation en a été retardée.

2.168 En novembre 1992, un cabinet d'experts-conseils a effectué un examen opérationnel du ministère des Travaux publics. D'après ces experts-conseils, le Ministère pourrait réaliser des économies annuelles de 63 à 68 millions de dollars, d'ici le 31 mars 1997, en réduisant son effectif de 1 200 à 1 300 années-personnes. Ces économies proviendraient principalement de la planification d'entreprise et d'activités de gestion et de soutien.

2.169 Le 25 juin 1993, la Première ministre a annoncé une restructuration de l'administration fédérale. Un nouveau ministère, le ministère des Services gouvernementaux, a été créé; il regroupe les anciens ministères des Travaux publics et des Approvisionnements et Services. Cette restructuration touche de nombreux ministères locataires; elle touche aussi des mesures prévues pour donner suite à nos recommandations de 1991. La mise en application de ces mesures sera poursuivie par le ministère des Services gouvernementaux.

Rôles du ministère des Travaux publics en matière de services et de contrôle
2.170 En 1991, nous avions noté que le Conseil du Trésor était en voie de transférer au ministère des Travaux publics le pouvoir d'élaborer et de faire respecter les politiques et les normes en matière de locaux de bureaux. La délégation officielle des pouvoirs au Ministère était la troisième des quatre phases de ce processus et elle fut retardée par la restructuration de l'administration fédérale.

2.171 Le Ministère s'est préparé à cette responsabilité en élaborant un nouveau cadre de politique appelé «Leadership partagé en matière de locaux» pour le logement de bureaux et les services en matière de locaux. Le cadre proposé repose sur deux grands concepts : le partage de la reddition de comptes entre le Ministère et le locataire, et l'élaboration de normes plus souples fondées sur l'exécution des tâches des employés (exigences fonctionnelles). Le Ministère et les locataires partageront la reddition de comptes aux termes d'une Convention directrice d'occupation des locaux qui établit les normes en matière de locaux et le cadre pour l'obligation de rendre compte. Le Ministère a également élaboré un guide de conception des bureaux et établit des normes fonctionnelles pour les postes de travail individuels. Ces dernières sont à la disposition des locataires pour les aider à déterminer le nombre de locaux dont ils ont besoin et la manière d'utiliser avec le plus d'efficacité ceux qu'ils ont.

Loyer imposé à l'utilisateur
2.172 Le Ministère prévoit évaluer s'il vaut la peine de passer, à longue échéance, à une politique aux termes de laquelle les ministères locataires paieraient un loyer pour les bureaux qu'ils occupent, et quelles seraient les répercussions de cette mesure.

Planification et stratégies d'investissement à long terme
2.173 Les initiatives du Ministère pour améliorer la planification à long terme des locaux s'étaleront sur plusieurs années; ces initiatives exigent la participation d'un certain nombre de ministères ou d'organismes locataires dont la liste est dressée actuellement, dans le cadre de la réorganisation du gouvernement. Cette réorganisation aura des répercussions particulières sur les besoins actuels et futurs des ministères en matière de locaux de bureaux, sur les stratégies d'investissement à long terme et sur les stratégies de location dans les grands centres métropolitains.

2.174 Le bloc 56 à Vancouver (C.-B.). Notre Rapport de 1991 donnait les grandes lignes de l'historique de cette propriété depuis 1982. Le bloc 56 servait alors de parc de stationnement, mais le Ministère étudiait des propositions d'aménagement. En 1992, la propriété a été vendue à la municipalité de Vancouver. Le Ministère a conclu, avec la municipalité, une entente de location avec option d'achat concernant un grand immeuble à bureaux qui devrait être construit sur une partie du bloc 56; le bâtiment sera occupé par des locataires du Ministère.

La planification et l'acquisition de locaux de bureaux loués
2.175 Grâce à une réorganisation de l'ensemble du processus, le ministère des Travaux publics cherche à obtenir une amélioration importante de la planification et de l'acquisition des locaux de bureaux loués. La seconde phase de son examen opérationnel a consisté pour le Ministère à établir, en 1992, un groupe d'étude chargé de rationaliser ses processus d'acquisition des locaux par les locataires en réduisant notablement la durée du processus et en améliorant les services de location. Le projet constitue une partie des mesures correctives prises pour donner suite à nos observations de 1991 sur les méthodes de location. Le groupe d'étude a complété des consultations avec le personnel de Travaux publics, avec les locataires, les entreprises et d'autres organismes du gouvernement. L'examen, par la haute direction, des propositions du groupe d'étude devrait se poursuivre au cours de l'automne de 1993.

Le Secrétariat d'État - Langues officielles et traduction - Le Bureau de la traduction - 1991, chapitre 20

2.176 Notre vérification de 1991 du Secrétariat d'État a principalement porté sur la gestion des coûts, du rendement, des ressources humaines et de la sous-traitance au Bureau de la traduction. Nous avions aussi examiné les résultats que le Bureau avait atteints au cours des dernières années et analysé le climat de travail qui prévalait au sein de l'organisation. Il devenait alors évident que le Bureau de la traduction se devait d'effectuer un virage important afin d'apporter des mesures correctives aux lacunes relevées et de faire face au défi qui se posait.

Contexte

2.177 Depuis notre vérification, plusieurs événements ont eu lieu. Au printemps 1992, une nouvelle équipe de direction entrait en fonction au Bureau de la traduction et, en juin 1993, le gouvernement décidait que ce dernier ferait partie du ministère des Services gouvernementaux. Au cours de la même période, il a complété deux études internes en vue de rationaliser ses activités et de se réorienter. Parallèlement, le gouvernement annonçait, dans son budget d'avril 1993, que le Bureau de la traduction allait, d'ici le 1er avril 1995, être constitué en organisme de service spécial. À cette date, le recours à ses services deviendra facultatif pour les ministères et organismes avec qui il traite présentement. En avril 1994, le Bureau entamera une période de rodage d'un an au cours de laquelle il fonctionnera comme un organisme de service spécial.

2.178 Cette réorientation exige des changements de structure et aussi de culture importants puisque le Bureau devra, d'une part, soutenir la concurrence du secteur privé et, d'autre part, recouvrer ses coûts. Présentement, le Bureau se trouve au milieu d'un processus complet de «re-engineering» et de restructuration qui met l'accent tant sur son fonctionnement interne que sur ses interventions auprès de ses fournisseurs et ses clients. Depuis février 1993, douze groupes de travail constitués d'employés du Bureau et d'experts-conseils s'y affairent. Ils examinent, entre autres, les questions reliées aux nouvelles fonctions des unités de production, aux services à la clientèle, à la logistique, à la gestion des ressources humaines et aux besoins en matière de systèmes comptables et de gestion de l'information. La majorité des rapports de ces groupes ont été déposés le 30 juillet 1993.

Étendue

2.179 Notre suivi a porté sur les mesures que le Bureau avait prises pour donner suite à nos observations et à nos recommandations. À notre avis, ces dernières gardent toute leur pertinence par rapport aux exigences rattachées au statut d'organisme de service spécial. Nous avons analysé les rapports et les données de gestion disponibles et examiné les études et d'autres documents, y compris les rapports des groupes de travail. Nous avons aussi corroboré les progrès réalisés lors de discussions avec le personnel et les membres de la direction.

2.180 En août 1993, au terme de notre suivi, la direction se proposait de prendre les décisions stratégiques qui serviront de fondement à la mise en place de la nouvelle structure opérationnelle et de l'organisme de service spécial. Nous ne pouvions donc pas vérifier dans quelle mesure ces décisions permettront à l'organisme de service spécial de donner suite à nos recommandations. D'ici novembre 1993, le Bureau doit soumettre au Conseil du Trésor son plan d'entreprise intérimaire de l'organisme de service spécial.

Conclusion

2.181 En se prononçant sur le type d'organisation qu'il désire devenir, le Bureau de la traduction a réglé de façon prioritaire une question fondamentale. Nous avons aussi relevé le fait qu'il a donné suite à plusieurs de nos observations et de nos recommandations. Compte tenu de l'évolution du contexte depuis notre vérification, nous considérons que, jusqu'à maintenant, le Bureau a réalisé des progrès satisfaisants.

2.182 Cependant, malgré ces efforts, nous notons que des lacunes importantes existent toujours. Nos préoccupations se situent particulièrement au niveau de la réduction des coûts, du suivi régulier et de l'analyse des résultats, de la stratégie de gestion de ressources humaines, des normes de rendement et du système intégré d'information de gestion. Ce sont là des secteurs d'intérêts qui représentent des facteurs clés de succès du Bureau de la traduction et d'un organisme de service spécial.

Observations

Les coûts
2.183 Nous présentons à la pièce 2.1 les éléments qui composent les coûts internes et de sous-traitance.

2.184 Comme nous le lui avions recommandé en 1991, le Bureau de la traduction a modifié sa méthode d'établissement des coûts, ce qui lui permet maintenant de connaître le coût global du mot traduit, soit à l'interne soit en sous-traitance. Le Bureau a également diminué ses coûts indirects de 9,8 p. 100 depuis deux ans. De plus, il a éliminé l'écart qui existait en 1990-1991 entre les coûts directs du mot traduit à l'interne et les coûts directs du mot traduit en sous-traitance. Ainsi, ces derniers se trouvent maintenant légèrement supérieurs aux coûts directs du mot traduit à l'interne. Ce changement s'explique par l'effet combiné d'une diminution des coûts directs internes et d'une augmentation des coûts directs du mot traduit en sous-traitance. Si l'on tient compte que le prix moyen payé aux entrepreneurs est demeuré assez stable au cours des deux dernières années, l'augmentation des coûts directs de sous-traitance est donc principalement attribuable aux coûts directs de la gestion des contrats. Ces coûts correspondent essentiellement au temps consacré aux activités reliées à la gestion des contrats de traduction par le personnel des unités de production et par celui du service d'appui aux opérations. Ces coûts directs de gestion des contrats ajoutent 29 p. 100 au prix payé à l'entrepreneur. Ceci met en lumière le coût élevé de la gestion de la sous-traitance pour le Bureau de la traduction.

2.185 Par ailleurs, bien que le coût global du mot traduit à l'interne ait diminué de 16 p. 100 depuis avril 1991, il représente toujours un coût supérieur au prix du marché. Le Bureau doit donc contrôler de façon serrée ses coûts et même les réduire.

2.186 Présentement, le Bureau dispose d'un système de coût de revient qui lui permet de connaître le coût direct du mot traduit à l'interne et en sous-traitance. Bien que la direction exerce un contrôle budgétaire et opérationnel, elle n'utilise pas le coût du mot comme indicateur de rendement pour suivre de façon régulière ses coûts directs. Le Bureau s'attendait à recevoir, en septembre 1993, de la part d'experts-conseils, une proposition de système de coût de revient qui répondra à ses besoins futurs et sera adapté à ses produits et à ses services.

Gestion des ressources humaines et rendement des traducteurs
2.187 En 1991, nous avions recommandé au Bureau qu'il élabore, de concert avec les employés, une stratégie de gestion des ressources humaines, qu'il recense les compétences dont il dispose, qu'il définisse ses besoins et qu'il suive l'état du climat de travail. Depuis, le Bureau a commencé à recenser les compétences de ses traducteurs et il a amélioré certains systèmes de gestion des ressources humaines, notamment ses processus de recrutement et de promotion. De plus, il a consulté ses employés à de nombreuses reprises, les a informés de ses décisions et il a suivi l'évolution du climat de travail.

2.188 Nous nous attendions aussi que le Bureau élabore sa stratégie de gestion des ressources humaines. Nous constatons qu'il a commencé, dans le cadre des groupes de travail, à en définir certains éléments. Nous croyons cependant que la stratégie de gestion de ressources humaines devrait faire partie des décisions stratégiques que la direction se propose de prendre dans un avenir rapproché.

2.189 Le rendement des traducteurs constitue le principal élément qui agit sur la productivité globale du Bureau de la traduction et, en conséquence, sur les coûts de production. En 1991, nous lui avions recommandé d'établir, par groupe d'employés ou par secteur, des normes quantitatives de rendement et de mettre en place des mesures pour récompenser l'atteinte et le dépassement de ces normes. Depuis notre vérification, le Bureau n'a pas adopté de normes de rendement qui lui permettraient d'évaluer de façon objective le rendement de ses traducteurs et de fixer son niveau optimal de productivité. Ainsi, il n'est donc pas en mesure de déterminer si le rendement et les coûts de production ont atteint un niveau d'efficience acceptable. Pour pallier cette situation, la direction compte déterminer le rendement escompté de son personnel en fonction de son coût du mot, qui sera établi selon le prix du marché. Dans le cadre de son processus de réorientation, le Bureau a aussi amorcé une réflexion sur les mesures incitatives en vue d'encourager les employés à optimiser leur rendement. À cet effet, le Bureau devra poursuivre ses efforts, en collaboration avec le Secrétariat du Conseil du Trésor, afin d'adopter des mesures incitatives fondées sur les objectifs de la nouvelle organisation.

La satisfaction des clients et la qualité des traductions
2.190 La satisfaction des clients et la qualité des textes traduits représentent des indicateurs importants pour le Bureau de la traduction. Pour les mesurer, le Bureau se sert toujours du système d'évaluation continue (SEC) dont les objectifs et la méthodologie n'ont pas été revus, comme nous l'avions recommandé. Ainsi, les résultats des sondages ne fournissent, une fois l'an, que des données globales. Par exemple, le Bureau procède à l'évaluation de la qualité des textes livrés sans tenir compte du niveau de qualité escompté. De plus, la satisfaction des clients par rapport aux délais de livraison, facteur le plus important de satisfaction, n'est plus évaluée. Pour être efficace, le SEC, ou tout autre mécanisme, doit aider les gestionnaires à prendre régulièrement les décisions nécessaires à l'atteinte des objectifs fixés.

L'information de gestion
2.191 Nous avons constaté que le Bureau avait, en 1992-1993, amélioré son rendement au plan des coûts, de la productivité et de la qualité de ses traductions. Il n'était cependant pas en mesure d'en expliquer les causes. Nous avons noté, en effet, que la direction ne dispose toujours que de données générales annuelles qui ne font pas l'objet d'analyse suffisante pour lui permettre de dégager les facteurs qui peuvent expliquer son rendement.

2.192 Dans le cadre de notre suivi, nous avons analysé les résultats des sondages de qualité des textes livrés, que le Bureau a effectués. Ainsi, nous avons remarqué que des changements importants d'ordre méthodologique avaient été apportés à l'évaluation des textes depuis 1990-1991. Nous croyons qu'ils peuvent, en partie, expliquer la nette amélioration de la qualité des textes livrés que démontrent les résultats des sondages des trois dernières années. Par ailleurs, notre analyse de la productivité globale des opérations de traduction en langues officielles a démontré que près de la moitié de l'augmentation de la productivité était attribuable aux changements systémiques apportés à la répartition du temps indirect. Il en ressort que l'augmentation de productivité non reliée à ces changements (1,9 p. 100 par année) correspond à l'accroissement de productivité de 1,7 p. 100 par année que nous avions relevé pour la période de 1986-1987 à 1989-1990.

2.193 Le Bureau de la traduction se propose, au cours de l'année 1994-1995, de se doter d'un système intégré de gestion de l'information qui lui donnera accès en temps réel à l'information dont il aura besoin pour suivre ses coûts et son rendement. Cette mesure devrait lui permettre de disposer en temps opportun de l'information de gestion et de présenter au Parlement une information plus complète. Le Bureau devra aussi s'assurer de compléter régulièrement les analyses requises en vue de suivre et d'expliquer son rendement.