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1996 mai — Rapport du vérificateur général du Canada
Chapitre 12 — Anciens Combattants Canada — Les soins de santé
Points saillants
Introduction
La population des anciens combattants au Canada
Avantages accordés par Anciens Combattants Canada
Les pensions d'invalidité
Le soutien du revenu
Les soins de santé
Le rôle d'Anciens Combattants Canada en matière de prestation des soins de santé aux anciens combattants
Processus d'approbation des pensions
Observations et recommandations
Plan visant à répondre aux besoins futurs des anciens combattants en matière de soins de santé
Contexte
Anciens Combattants Canada doit établir un plan plus global afin de répondre aux besoins futurs de ses clients en matière de soins de santé
Anciens Combattants Canada n'a pas établi de prévisions exactes concernant sa clientèle à venir
Une population vieillissante présente des besoins particuliers en matière de soins de santé
Anciens Combattants Canada n'a pas complètement évalué les répercussions des besoins changeants de ses clients en matière de soins de santé
Le gouvernement est susceptible d'avoir à assumer une responsabilité financière importante
Questions de compétence
Responsabilité relative aux soins de santé
Responsabilité relative aux soins de santé destinés aux anciens combattants
La question du partage des coûts n'est pas nouvelle
Il y a des possibilités de collaboration avec les provinces
Admissibilité aux prestations de soins de santé
Qui est admissible aux prestations de soins de santé destinées aux anciens combattants?
Méthodes de contrôle de l'admissibilité satisfaisantes
Les soins de longue durée
Contexte
Faibles contrôles du coût des services fournis en vertu des ententes
Des lignes directrices nationales pour la qualité des soins doivent être mises en oeuvre
La planification au sujet des lits d'accès prioritaire doit être réexaminée
Programme pour l'autonomie des anciens combattants
Contexte
Les ententes de contribution sont faibles
La mise en oeuvre des paiements anticipés n'a pas respecté les modalités établies par le Conseil du Trésor
L'efficacité du programme n'a pas été complètement évaluée
Avantages de traitement et de médicaments
Contexte
Des contrôles ont été mis en oeuvre pour tous les services autres que les médicaments
Une amélioration des contrôles relatifs aux médicaments est prévue
La méthode de contrôle des médicaments en vente libre est dispendieuse
Conclusion sur les soins de santé
À propos de la vérification
Vérificateur général adjoint : Wm. F. Radburn
Vérificateur responsable : John O'Brien
Points saillants
12.1 Le Canada remplit notamment ses obligations envers ses anciens combattants par voie des programmes offerts par Anciens Combattants Canada. Les principaux programmes financés du Ministère ont trait aux pensions, au soutien du revenu et aux soins de santé. Au cours des dix dernières années, le programme des soins de santé est celui qui a connu la croissance la plus rapide. Les coûts ont en effet augmenté de 149 p. 100 en raison de questions de compétence avec les provinces, de l'élargissement des critères d'admissibilité aux programmes, de la bonification des avantages et de l'inflation, surtout à la fin des années 80.12.2 Le Ministère n'a pas encore mis au point un plan global visant à répondre aux besoins futurs de ses clients en matière de soins de santé, pour les raisons suivantes :
- Il a très peu de données qui lui permettent de prévoir l'importance de sa clientèle à venir au chapitre des soins de santé. En outre, de nombreux anciens combattants et membres des forces armées sont susceptibles de devenir des clients et d'être admissibles aux prestations de soins de santé offertes par Anciens Combattants Canada.
- Le Ministère n'a pas établi de prévisions en ce qui concerne les changements dans les besoins futurs de sa population de clients en matière de soins de santé et les répercussions de ces changements sur les programmes du Ministère.
12.4 Il y a un problème qui perdure entre Anciens Combattants Canada et certaines provinces au sujet de la responsabilité de certaines prestations de soins de santé versées aux anciens combattants admissibles en raison de leur revenu. Le Ministère a établi qu'il verse environ 50 millions de dollars par année pour ces prestations de soins de santé.
12.5 À notre avis, le Ministère dispose de méthodes de contrôle satisfaisantes pour déterminer l'admissibilité aux prestations de soins de santé.
12.6 Il n'existe aucune directive nationale concernant la qualité des soins de longue durée en établissement. Les méthodes de contrôle du coût des soins dispensés dans les établissements contractants sont déficientes. Les ententes de fonctionnement comportent des lacunes, les budgets sont souvent présentés après le commencement de l'exercice financier et les processus d'examen du fonctionnement accusent souvent des retards.
12.7 Lorsqu'Anciens Combattants Canada a entrepris d'instaurer des changements conçus pour améliorer l'efficience de la mise en oeuvre du Programme pour l'autonomie des anciens combattants, il ne s'est pas entièrement conformé aux modalités établies par le Conseil du Trésor concernant la poursuite du système de vérification des paiements a posteriori . Nous avons relevé des lacunes au chapitre du processus d'évaluation des besoins de soins de santé, également prescrit par le Conseil du Trésor. Le Ministère ne dispose pas de données empiriques appropriées pour vérifier dans quelle mesure le Programme a eu des répercussions sur la santé des bénéficiaires ou s'il les a aidés à vivre de façon autonome chez eux et au sein de leur collectivité.
12.8 Le Ministère a réalisé des économies en instaurant un système de contrôle des services non pharmaceutiques offerts à ses clients. Il a également reconnu la nécessité d'améliorer les méthodes de contrôle des avantages de médicaments qu'il mettra en application en 1997. Le Ministère prévoit réaliser des économies de sept millions de dollars par année et améliorer la qualité des soins offerts en mettant en application des contrôles améliorés. En outre, sa méthode de contrôle des médicaments en vente libre est coûteuse.
Introduction
La population des anciens combattants au Canada
12.9 Environ 1 750 000 hommes et femmes ont servi le Canada en temps de guerre. Selon Anciens Combattants Canada, au 31 mars 1996, il y avait environ 475 000 anciens combattants au Canada (voir pièce 12.1 pour le profil de l'âge et la répartition selon les guerres). Le Ministère accorde toutefois des avantages à un nombre nettement moins élevé de personnes que la population estimée d'anciens combattants. En 1995-1996, il a signalé que sa clientèle se chiffrait à environ 248 000 personnes (153 000 anciens combattants, 20 000 anciens membres des forces régulières en temps de paix et 75 000 personnes à charge).12.10 Le Ministère reconnaît que le vieillissement est le principal facteur qui touche la population des anciens combattants. D'ici l'an 2000, la population totale des anciens combattants devrait diminuer radicalement ( pièce 12.2 ) et le pourcentage des anciens combattants âgés de 75 ans et plus devrait augmenter considérablement.
Avantages accordés par Anciens Combattants Canada
12.11 Anciens Combattants Canada offre trois programmes importants à ses clients : les pensions d'invalidité, le soutien du revenu et les soins de santé.
Les pensions d'invalidité
12.12 Le Ministère administre le programme des pensions qui sont versées aux anciens membres des Forces armées - et dans certains cas, à des membres qui servent encore - qui souffrent d'une invalidité attribuable à une blessure ou à une affection, ou à leur aggravation survenue au cours du service militaire en temps de guerre, ou consécutive ou directement liée au service militaire en temps de paix. Les conjoints et les enfants survivants peuvent aussi être admissibles à des prestations, et des indemnités sont également versées aux anciens prisonniers de guerre. Au cours de 1995-1996, le Ministère prévoit dépenser plus de 1,1 milliard de dollars en prestations de pension, et le coût pour les offrir devrait être de 18,6 millions de dollars.
Le soutien du revenu
12.13 Le programme vise tout d'abord à assurer un niveau de revenu garanti aux anciens combattants et aux autres personnes admissibles par l'entremise du Programme des allocations aux anciens combattants. Le programme de soutien du revenu comporte d'autres volets d'aide, notamment : l'aide financière d'urgence, la gestion des successions et des fiducies, l'assurance des anciens combattants, les subventions accordées aux organismes qui offrent des services spécialisés aux anciens combattants, l'aide à l'éducation destinée aux anciens combattants et aux enfants admissibles des anciens combattants décédés, et les subventions pour frais de funérailles et d'inhumation. En 1995-1996, le Ministère prévoit consacrer 136 millions de dollars dans le cadre de ces prestations, et le coût pour les offrir devrait être de 17 millions de dollars.
Les soins de santé
12.14 Le programme des soins de santé offre des services sociaux et de santé aux anciens combattants et à d'autres personnes admissibles. Voici les composantes principales du programme de soins de santé d'Anciens Combattants Canada :
- Avantages de traitement et autres prestations liés à la santé. Le Ministère offre des services d'examen et de traitement médical, chirurgical et dentaire, des services de prothèses et d'appareils connexes, des prestations supplémentaires, des allocations de traitement et d'autres services et prestations de soins communautaires. En 1995-1996, les dépenses liées à ce programme devraient atteindre 203 millions de dollars.
- Programme pour l'autonomie des anciens combattants. Dans le cadre de ce programme, le Ministère offre des services destinés à améliorer et à maintenir la santé des bénéficiaires et à favoriser leur autonomie pour leur permettre de rester chez eux et au sein de leur collectivité. Le Ministère assure le financement de soins à domicile, de soins ambulatoires, du transport social, des modifications apportées au domicile, et des soins intermédiaires en établissement communautaire. En 1995-1996, le budget relatif à ces services a été fixé à 167 millions de dollars.
- Soins de longue durée. Le Ministère offre des services de soins intermédiaires et prolongés dans ses établissements, et il assure l'accès prioritaire des anciens combattants à des lits et à des établissements de santé communautaire. En 1995-1996, les dépenses liées à ce programme devraient atteindre 200 millions de dollars.
- Prestation. En 1995-1996, le budget relatif à la prestation des soins de santé a été fixé à 58 millions de dollars.
Le rôle d'Anciens Combattants Canada en matière de prestation des soins de santé aux anciens combattants
12.16 Le rôle du Ministère en matière de prestation des soins de santé a changé considérablement depuis la Seconde Guerre mondiale. À l'époque, les anciens combattants étaient principalement soignés dans des établissements du Ministère. Depuis, dans le cadre de la politique du gouvernement, le Ministère a cédé la plupart de ses établissements aux gouvernements provinciaux. Les services offerts dans le cadre du programme de soins de santé du Ministère ont également changé. Aujourd'hui, mis à part l'établissement qu'il gère encore, le Ministère compte principalement sur les régimes provinciaux de soins de santé et sur d'autres dispensateurs de soins de santé pour fournir de tels soins de santé à ses clients. Il assume également le remboursement des dispensateurs de soins de santé ou des bénéficiaires pour le coût des soins qu'ils reçoivent.12.17 Bien qu'Anciens Combattants Canada compte sur les régimes provinciaux de soins de santé et sur d'autres dispensateurs pour offrir des services aux anciens combattants, nous avons constaté qu'il ne suit pas une politique uniforme à l'échelle nationale à ce chapitre : il lui arrive parfois d'assurer une gestion active et d'autres fois, d'agir simplement à titre d'assureur des soins de santé. Les facteurs qui ont influé sur ces variations de rôle s'expliquent ainsi :
- l'élément du programme - le mandat du Programme pour l'autonomie des anciens combattants prévoit une gestion active des cas au moyen d'une évaluation des besoins de soins de santé, avant d'offrir des avantages;
- la situation géographique de l'établissement du Ministère - le Ministère gère un établissement;
- les programmes provinciaux de soins de santé - les services de soins de santé varient selon les provinces. Anciens Combattants Canada assure une gestion plus active lorsque certains services ne sont pas offerts dans une province.
Processus d'approbation des pensions
12.19 Les bénéficiaires de pension constituent une partie importante de la clientèle du Ministère pour les soins de santé. La lenteur du processus d'approbation des demandes de pension peut retarder l'accès des clients aux programmes de soins de santé d'Anciens Combattants Canada ou le moment où ils touchent leur revenu de pension. Au chapitre du processus d'approbation des pensions, en raison des importantes modifications apportées en septembre 1995 aux mesures législatives qui ont trait aux pensions, notre examen a consisté simplement à consigner les délais actuels de traitement et l'engagement du Ministère à réduire ces délais de 50 p. 100 d'ici deux ans.12.20 Les problèmes concernant la lenteur des processus décisionnels et du paiement des pensions durent depuis longtemps. La question de la lenteur du processus décisionnel a été soulevée par le Bureau du vérificateur général (1980 et 1986), le Comité des comptes publics (1981), l'étude McCracken (1982), le Comité spécial d'étude des procédures prévues par la Loi sur les pensions (1984), le Groupe de travail Nielsen (1985), et le Sous-comité du Sénat sur les Affaires des anciens combattants (1994).
12.21 Ces études ont fait ressortir surtout la lenteur du processus décisionnel relatif aux demandes de pension d'invalidité et du processus de paiement ou de rajustement des pensions d'invalidité. Dans notre vérification de 1986, nous avions constaté que pour les premiers paiements effectués au cours du mois de décembre 1985, il s'était écoulé en moyenne 13 mois entre la date de réception de la demande et la date du paiement des prestations. Toutefois, la lenteur du processus s'est accrue par la suite au point que le Ministère a signalé qu'il avait mis jusqu'à 18 mois en moyenne pour en arriver à une décision de première instance visant le versement d'une pension d'invalidité. Nous avons corroboré cette information. En outre, d'après les données fournies par le Ministère, il fallait compter en moyenne trois ans avant qu'une décision définitive ne soit rendue après qu'une demande ait franchi tous les niveaux d'appel. La pièce 12.4 donne un aperçu des délais de traitement relatifs à toutes les demandes qui ont abouti à un premier paiement de pension, au cours de la période 1993-1995.
12.22 En septembre 1995, la mise en vigueur d'une mesure législative contribua à rationaliser le processus d'approbation des pensions. Voici les changements qui ont découlé de cette mesure législative :
- La responsabilité des décisions rendues en première instance en matière d'admissibilité aux prestations de pension - qui relevait auparavant de la Commission canadienne des pensions - a été transférée au Ministère.
- La responsabilité de la préparation des demandes - qui relevait auparavant du Bureau de services juridiques des pensions - a été transférée aux fonctionnaires des bureaux de district du Ministère.
- Le Bureau de services juridiques des pensions - qui était auparavant un organisme distinct chargé de préparer les demandes de prestations de pension et d'offrir des services de représentation dans les cas d'appel - a été intégré au Ministère et affecté exclusivement aux appels.
- La Commission canadienne des pensions et le Tribunal d'appel des anciens combattants - qui étaient auparavant chargés de rendre les premières décisions et qui étaient affectés à divers niveaux d'appel - ont été combinés pour former le Tribunal des anciens combattants (Révision et Appel). Le nouveau Tribunal entendra les appels de premier et de deuxième niveau.
Observations et recommandations
12.24 Notre vérification a porté principalement sur la prestation des services de soins de santé aux anciens combattants, soit le secteur qui a connu l'augmentation la plus rapide au chapitre des dépenses. En outre, étant donné le vieillissement prévu des clients du Ministère, on s'attend que leurs besoins en matière de soins de santé continuent d'augmenter. Les détails relatifs à l'étendue et aux objectifs de la vérification apparaissent à la fin du présent chapitre, à la section « À propos de la vérification ».
Plan visant à répondre aux besoins futurs des anciens combattants en matière de soins de santé
Contexte
12.25 Le Ministère se voit contraint de présenter un plan d'action. Il en est venu à remettre en question le caractère fonctionnel et fiable de ses modèles de prévisions de programme. Au cours de 1995-1996, il a entrepris un exercice - avec le concours de Statistique Canada - afin de trouver des solutions au manque de données et d'améliorer ses méthodes de prévision. Ces projets devraient se terminer vers la fin de 1996. Outre les améliorations prévues au chapitre des systèmes de prévision, il reste encore de nombreuses variables à comprendre ou à examiner (par exemple, les données sur la progression des pensions d'invalidité au fil des ans; l'arrivée de nouveaux clients dans le cadre du programme des pensions - notamment les membres des forces régulières -; et l'accélération de la demande de services de traitement). Ces incertitudes ont des répercussions directes sur les activités de planification du Ministère.
Anciens Combattants Canada doit établir un plan plus global afin de répondre aux besoins futurs de ses clients en matière de soins de santé
12.26 Au moment de notre vérification, le Ministère ne connaissait pas l'importance des ressources humaines, financières et matérielles qui seront nécessaires pour répondre aux besoins futurs de ses clients en matière de soins de santé. Nous croyons que cela constitue une préoccupation importante étant donné qu'au cours des cinq à dix prochaines années, les besoins des anciens combattants en matière de soins de santé risquent d'augmenter de façon peut-être radicale. Pour s'acquitter de ses obligations tout en exerçant un contrôle des coûts, le Ministère doit continuer d'améliorer la fiabilité de ses prévisions relatives au nombre de futurs clients de soins de santé; obtenir des données plus détaillées sur les besoins éventuels de ces clients en matière de soins de santé; déterminer les services qu'il entend offrir; prendre les dispositions nécessaires pour offrir ces services.12.27 Anciens Combattants Canada fait face à deux problèmes de taille pour élaborer un plan global en vue de répondre aux besoins futurs de ses clients en matière de soins de santé :
- Le Ministère a peu de données sur les besoins de ses futurs clients en matière de soins de santé. De nombreux anciens combattants et membres des forces armées sont susceptibles de devenir des clients et d'être admissibles aux prestations de soins de santé offertes par le Ministère.
- Le Ministère n'a établi aucune prévision quant aux types de soins de santé dont pourraient avoir besoin ses futurs clients et aux répercussions de ces changements sur ses programmes.
12.29 Le rôle et la clientèle d'Anciens Combattants Canada ont changé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Au cours de cette période, le gouvernement a apporté des modifications aux programmes destinés aux anciens combattants et a élargi les critères d'admissibilité aux avantages qui s'y rattachent. Par exemple, en 1981, le Ministère a créé le Programme pour les anciens combattants qui avancent en âge, à l'intention des pensionnés. Vers le milieu des années 80, ce programme est devenu le Programme pour l'autonomie des anciens combattants (PAAC) qui offre des avantages aux pensionnés et aux anciens combattants admissibles en raison de leur revenu. En 1989, le gouvernement a élargi les critères d'admissibilité au Programme de façon à inclure les anciens combattants qui ont servi au Canada pendant au moins un an en temps de guerre (anciens combattants qui ont servi au Canada). À l'époque, ces décisions n'ont pas eu de répercussions importantes sur le budget global du Ministère puisque l'augmentation des coûts a été compensée par une diminution rapide au chapitre du soutien du revenu. Comme on l'indique à la pièce 12.5 , les dépenses au titre du soutien du revenu sont passées de 481 millions de dollars, en 1985-1986, à 153 millions de dollars en 1995-1996 (une diminution de 328 millions de dollars), tandis qu'au cours de la même période, le coût des soins de santé est passé de 253 millions de dollars à 629 millions de dollars (une augmentation de 376 millions de dollars).
Anciens Combattants Canada n'a pas établi de prévisions exactes concernant sa clientèle à venir
12.30 Les statistiques concernant la population des anciens combattants proviennent principalement du recensement de 1971. Ces données ont donc 25 ans et il se peut que certaines statistiques ne soient plus exactes (par exemple, celles qui portent sur les anciens combattants qui ont servi outre-mer). Le Ministère a demandé sans succès que l'on prévoie une question concernant les anciens combattants dans le recensement de 1996. Selon le Ministère, il y a présentement environ 475 000 anciens combattants au Canada. Toutefois, seulement 153 000 (32 p. 100) de ces anciens combattants bénéficient des avantages accordés par Anciens Combattants Canada. Certains anciens combattants n'ont pas droit à ces avantages parce qu'ils ne satisfont pas aux critères d'admissibilité établis dans la loi, ou ne sont pas admissibles en raison de leur revenu, tandis que d'autres sont en santé et n'ont pas encore besoin de soins de santé. Le Ministère offre également des avantages à d'anciens membres des forces régulières et dans certains cas, à des membres qui servent encore dans les forces régulières et de la Réserve.12.31 Selon les prévisions du Ministère, comme le montre la pièce 12.6 , environ 142 000 anciens combattants seront admissibles à des prestations de soins de santé au cours de l'exercice financier de 2006, et 70 000 anciens combattants ne satisferont pas aux critères d'admissibilité. À la lumière des données antérieures concernant le taux de participation et les habitudes de consommation, le Ministère prévoit que seulement 80 000 anciens combattants auront accès aux prestations de soins de santé qu'il offre. Toutefois, des études ont démontré que la vulnérabilité et le degré de dépendance augmentent considérablement après l'âge de 75 ans. Il ressort de ces constatations que les données historiques relatives au taux de participation et aux habitudes de consommation utilisées dans le modèle de prévisions du Ministère ne sont pas vraiment appropriées dans le cas d'une population comme celle des anciens combattants, dont la moyenne d'âge est de 75 ans. Il se peut donc que le Ministère ait nettement sous-estimé le nombre de ses futurs clients qui auront besoin de soins de santé.
12.32 Tout ancien membre des forces armées qui a subi une blessure liée au service est susceptible d'être admissible aux soins de santé offerts par Anciens Combattants Canada. La pièce 12.6 donne un aperçu des prévisions établies par le Ministère en ce qui concerne les clients des forces régulières. Selon les prévisions, la croissance ne sera pas rapide, mais même à ce rythme, les clients des forces régulières constitueront le groupe de bénéficiaires le plus important d'ici 2016. On sait déjà d'expérience que le nombre de clients des forces régulières est plus élevé que ce qui avait été prévu. Le Ministère a peu de données sur les caractéristiques principales des clients possibles des forces régulières comme, par exemple, l'importance de la clientèle, le taux d'acceptation des nouveaux clients et la nature spéciale ou unique des affections. Jusqu'à maintenant, on a consacré peu de ressources à l'étude des particularités de ce groupe de clients.
12.33 Lors de notre vérification de 1980, nous avions constaté que le Ministère avait peu de données sur les caractéristiques et les besoins de ses clients anciens combattants. Les mêmes préoccupations ont été soulevées dans le rapport du Comité des comptes publics, en 1981, et dans notre vérification de 1986 du Ministère. Il ressortait de cette vérification que le Ministère ne connaissait ni le nombre exact d'anciens combattants admissibles aux programmes qu'il offrait, ni le pourcentage de la population cible qu'il desservait. Bien que l'on ait apporté récemment des améliorations dans ce domaine, ces lacunes perdurent au Ministère et demeurent une source de préoccupation.
Une population vieillissante présente des besoins particuliers en matière de soins de santé
12.34 Comme on le voit à la pièce 12.1 , la population des anciens combattants est constituée de personnes dont la moyenne d'âge était de 75 ans, au 31 mars 1996. La santé décline habituellement avec l'âge. Les représentants du Ministère prévoient que la démence, l'impotence et la perte du soutien d'un dispensateur de soins constitueront les principaux besoins de cette population âgée en matière de soins de santé. Selon des études réalisées par le Ministère, mises à part les différences liées au fait que la clientèle soit principalement masculine, les besoins des anciens combattants en matière de soins de santé ne sont pas vraiment différents de ceux des autres groupes d'aînés.
Anciens Combattants Canada n'a pas complètement évalué les répercussions des besoins changeants de ses clients en matière de soins de santé
12.35 Jusqu'à récemment, le Ministère avait consacré peu de ressources afin de déterminer les besoins de ses futurs clients. Comme on le voit à la pièce 12.2 , d'ici l'an 2000, la majorité des clients éventuels du Ministère auront plus de 75 ans.12.36 Les personnes qui ont servi lors de la Seconde Guerre mondiale, soit la majorité des anciens combattants canadiens, ont à peu près cet âge. D'après les études réalisées par le Ministère et d'autres études sur la santé, celle-ci a tendance à décliner lentement jusqu'à 75 ans. Après cet âge, les besoins en matière de soins de santé ont tendance à augmenter de façon importante. Comme les anciens combattants ont tous plus ou moins cet âge, on peut présumer que leurs besoins en matière de soins de santé augmenteront rapidement dans un proche avenir. Toutefois, le modèle de prévisions du Ministère ne tient pas suffisamment compte des répercussions du vieillissement sur l'étendue de ces besoins.
Le gouvernement est susceptible d'avoir à assumer une responsabilité financière importante
12.37 Anciens Combattants Canada pourrait devoir composer avec des coûts considérables et imprévus du fait qu'il a sous-estimé l'importance de sa population future de clients et leurs besoins en matière de soins de santé. Cette éventuelle responsabilité pourrait s'avérer très importante dans l'avenir. Il en coûte de 50 000 $ à 80 000 $ par année pour maintenir un ancien combattant dans un établissement de soins prolongés. Le Ministère verse un taux maximum autorisé de 90 $ par jour ou 33 000 $ par année pour assurer le maintien d'un client dans un établissement de soins communautaires. Selon des études canadiennes, environ 9 à 10 p. 100 des hommes âgés de plus de 65 ans sont placés dans des établissements. D'après les données compilées par le Ministère, les anciens combattants sont placés en établissement plus tôt que les autres. Outre le coût des soins de longue durée, le Ministère devra assumer les coûts liés aux avantages de médicaments et de traitement. Ces coûts supplémentaires pourraient être engagés à brève échéance, car les anciens combattants se rapprochent de plus en plus de la moyenne d'âge en cause.12.38 Le Ministère risque de ne pas être prêt à une augmentation de la demande de services au cours des cinq ou dix prochaines années. Il lui faut plus d'information sur ses clients éventuels et sur leurs besoins en matière de soins de santé, s'il entend évaluer la réalité du risque.
12.39 Les plans à long terme d'Anciens Combattants Canada en matière de soins de santé devraient comprendre :
- de meilleures prévisions concernant le nombre de clients éventuels au cours des cinq à dix prochaines années;
- une évaluation complète des besoins possibles des clients - nouveaux et actuel - en matière de soins de santé et des coûts qui s'y rattachent;
- une stratégie de mise en oeuvre visant à répondre aux besoins des futurs clients en matière de soins de santé.
Nous sommes en train de mettre la dernière main aux nouvelles estimations du nombre de personnes qui auront besoin de soins de santé ainsi que du coût de ces soins pour la période de dix ans débutant en 1995-1996. Les nouvelles prévisions de dépenses comprennent une évaluation des besoins futurs en soins de santé du nombre estimatif de clients.
Le Ministère évalue constamment les besoins potentiels en soins de santé. Le Ministère fait actuellement la collecte et l'évaluation de données détaillées sur les habitudes de santé des anciens combattants âgés et des autres personnes âgées. Cette activité a pour but de déterminer les besoins futurs en soins de santé des clients actuels du Ministère ainsi que des anciens combattants qui ne bénéficient pas encore des avantages et des services du Ministère.
Questions de compétence
Responsabilité relative aux soins de santé
12.40 Au Canada, la prestation des soins de santé est une compétence provinciale qui comporte des normes minimales établies en vertu de la Loi canadienne sur la santé . Les citoyens canadiens ont le droit d'accès à certains services minimum de santé, peu importe où ils résident au Canada. Toutefois, les provinces peuvent offrir des avantages supplémentaires qui ne sont pas assurés en vertu de la Loi canadienne sur la santé .12.41 La législation relative à Anciens Combattants Canada comporte une définition de l'expression « ancien combattant » et une description de la responsabilité du gouvernement fédéral en matière d'offre de services aux anciens combattants admissibles, y compris les soins de santé. Cette responsabilité comprend ce qui suit :
- En ce qui concerne les bénéficiaires de pension d'invalidité d'ancien combattant, le Canada assume la responsabilité de tous les services de soins de santé liés aux affections ouvrant droit à une pension, sauf que les pensionnés doivent s'inscrire aux programmes provinciaux avant d'avoir accès au Programme pour l'autonomie des anciens combattants.
- Les autres bénéficiaires admissibles doivent d'abord avoir accès à tous les avantages à titre de résidants d'une province et peuvent ensuite recevoir des avantages supplémentaires accordés par le Ministère. Par exemple, dans les provinces où il existe des régimes d'assurance-médicaments pour les aînés, les anciens combattants doivent d'abord toucher les prestations accordées dans le cadre du régime, et recevoir ensuite des prestations complémentaires versées par le Ministère (co-paiement). En d'autres termes, la législation relative à Anciens Combattants Canada vise à offrir à ces clients des prestations de médicaments et de traitement ainsi que les avantages prévus dans le cadre du Programme pour l'autonomie des anciens combattants à titre de « complément » des programmes provinciaux, ou à leur fournir ces avantages lorsque la province ne les offre pas.
Responsabilité relative aux soins de santé destinés aux anciens combattants
12.42 Dans le cadre de notre examen, nous avons constaté que le Ministère paie des prestations qui, en vertu de la loi, ne relèvent pas de sa compétence parce que certaines provinces n'offrent pas les mêmes prestations de soins de santé aux anciens combattants qu'aux autres résidants de la province. À la lumière des exigences législatives et des directives du Conseil du Trésor, Anciens Combattants a négocié des ententes avec un certain nombre de provinces à savoir qu'à l'exception des affections ouvrant droit à une pension, les anciens combattants sont admissibles aux mêmes prestations de soins de santé que les autres résidants d'une province. Malgré cette disposition, certaines provinces ont décidé que leurs régimes d'assurance-médicaments pour les aînés constituent une « aide de dernier recours », ou encore elles refusent tout simplement de payer les médicaments des anciens combattants. Ces dispositions ont pour effet de rendre les anciens combattants inadmissibles aux régimes provinciaux d'assurance-médicaments. Les provinces peuvent refuser aux anciens combattants l'admissibilité à leurs régimes d'assurance-médicaments pour les aînés parce qu'il ne s'agit pas en général d'avantages assurés en vertu de la Loi canadienne sur la santé . Dans le cas des provinces qui ont adopté la politique d'aide de dernier recours, ou qui refusent de payer les médicaments des aînés, le Ministère assume le paiement complet des médicaments. Il convient toutefois de rappeler que le programme fédéral vise à assurer que les anciens combattants aient accès aux régimes provinciaux d'assurance-médicaments au même titre que tout autre résidant.12.43 En 1993-1994, le Ministère estimait avoir payé 50 millions de dollars en prestations de soins de santé qui auraient normalement dues être offertes à des anciens combattants à titre de résidant d'une province.
12.44 Depuis 1990, les représentants du Ministère ont entrepris des discussions et un échange de correspondance avec les provinces à ce sujet, mais ils n'ont pas été en mesure d'en arriver à une solution. Au cours de cette période, le Ministère a continué d'assumer le paiement de ces coûts, bien qu'il ne soit pas tenu de le faire en vertu de la loi et de la politique du gouvernement. Le gouvernement n'entendait pas assumer la totalité du coût des médicaments dans tous les cas lors de l'établissement du programme.
12.45 Ce problème se pose dans les autres ministères qui ont des clients qui reçoivent des soins de santé payés par le gouvernement fédéral. Le ministère des Anciens combattants s'est vu confier la tâche d'élaborer une stratégie coordonnée concernant les clients qui reçoivent des soins de santé payés par le gouvernement fédéral, mais il n'a encore réalisé aucun progrès d'importance.
12.46 On pourrait dire qu'il s'agit d'un problème qui ne risque pas de faire de véritable tort. Après tout, les bénéficiaires sont admissibles à des prestations de soins de santé payés soit par un gouvernement provincial, soit par le gouvernement fédéral, et en bout de ligne, c'est le même contribuable qui soutient tous les paliers de gouvernement. Toutefois, les deux paliers de gouvernement doivent établir des structures administratives pour déterminer l'admissibilité, payer les coûts en cause ou les imputer à un autre palier de gouvernement. En outre, dans les cas où la compétence n'est pas claire, il devient difficile de déterminer à qui incombe la responsabilité de gérer les services de façon rentable. Cette situation peut également être problématique pour les bénéficiaires, surtout lorsqu'il s'agit d'aînés qui peuvent être dirigés d'un organisme à l'autre pour obtenir des services ou en obtenir le paiement.
La question du partage des coûts n'est pas nouvelle
12.47 Il y a seize ans, dans notre Rapport de 1980 au Parlement, nous avons relevé des cas où le Ministère payait pour les anciens combattants des soins de santé qui devraient habituellement être dispensés à tous les résidants d'une province. Comme le recommandait le vérificateur général, « le Ministère devrait continuer à chercher des méthodes permettant une répartition raisonnable des coûts des soins médicaux entre les autorités fédérales et provinciales. » Comme on l'indique au paragraphe 12.61, il y a encore des différences importantes au chapitre des coûts des jours-patients pour les soins de longue durée. La question de la responsabilité des médicaments destinés aux anciens combattants fait l'objet de préoccupations depuis 1990.
Il y a des possibilités de collaboration avec les provinces
12.48 Au Canada, les services de soins de santé sont assurés principalement au moyen des régimes provinciaux de soins de santé. Le ministère des Anciens combattants gère un régime distinct à l'intention d'un nombre relativement limité de clients. Il examine s'il y aurait lieu d'embaucher plus de personnel de la santé pour offrir des services à ses clients. Il pourrait en outre faire en sorte d'utiliser davantage le régime de santé du Canada afin de servir ses clients de façon plus efficiente. Cela est néanmoins difficile, tant que subsisteront les différends au chapitre du financement.
Admissibilité aux prestations de soins de santé
Qui est admissible aux prestations de soins de santé destinées aux anciens combattants?
12.49 L'admissibilité des anciens combattants aux prestations de soins de santé est établie en vertu de diverses mesures législatives. De façon générale, pour avoir droit à des prestations de soins de santé, il faut être admissible à une pension d'invalidité, être admissible en raison du revenu (recevoir un soutien du revenu ou ne pas y avoir droit parce que l'on reçoit des prestations en vertu de la Loi sur la sécurité de la vieillesse ) ou avoir servi outre-mer en temps de guerre. Toutefois, bien d'autres facteurs peuvent influer sur l'admissibilité d'un ancien combattant à des prestations de soins de santé. La pièce 12.7 donne un résumé des critères clés d'admissibilité aux principales prestations de soins de santé offertes par Anciens Combattants Canada.
Méthodes de contrôle de l'admissibilité satisfaisantes
12.50 Le Ministère a mis au point plusieurs méthodes de contrôle afin de s'assurer que ceux qui reçoivent des soins de santé sont admissibles à ces prestations. Depuis 1991-1992, il examine régulièrement un échantillon de des avantages de médicaments et de traitement afin de s'assurer que les bénéficiaires y sont admissibles. Le procédé d'échantillonnage est fondé sur une politique établie par le Conseil du Trésor en 1989, qui préconise l'utilisation de l'échantillonnage statistique pour contrôler les paiements. Lorsqu'il a établi son plan d'échantillonnage, le Ministère a défini les erreurs critiques, évalué que le risque d'erreurs était faible, et il a établi une marge d'erreur maximale acceptable de quatre pour cent, ce qui est conforme à la politique du Conseil du Trésor.12.51 Dans le cadre de notre vérification, nous avons choisi un échantillon de paiements effectués en 1994-1995 tirés des avantages de médicaments et de traitement et des éléments du Programme pour l'autonomie des anciens combattants du programme de soins de santé, afin de vérifier si ces avantages étaient payés seulement aux bénéficiaires qui satisfaisaient aux critères d'admissibilité de base (service en temps de guerre, âge et revenu annuel). Nous avons examiné les documents pertinents pour nous assurer que les bénéficiaires étaient des anciens combattants admissibles en raison de leur revenu, le cas échéant. Dans cet échantillon, nous n'avons pas examiné les incidences de la question de la compétence. Nous avons constaté que le Ministère dispose de méthodes de contrôle satisfaisantes pour déterminer l'admissibilité et que seulement deux pour cent des bénéficiaires qui ont fait l'objet de l'examen n'étaient pas entièrement admissibles aux prestations qu'ils recevaient. Ce taux d'erreur correspond aux résultats enregistrés par le Ministère et se situe en-deçà de la marge d'erreur acceptable, en vertu de la politique du Conseil du Trésor.
12.52 Outre les méthodes de vérification des paiements a posteriori , les bénéficiaires admissibles en raison du revenu, et qui ne reçoivent pas de prestations en vertu de la Loi sur la sécurité de la vieillesse , sont tenus de remplir une déclaration de revenu tous les ans. Le Ministère compare régulièrement les renseignements fournis par les bénéficiaires au sujet de leur revenu aux données sur le revenu fournies par Développement des ressources humaines Canada et Revenu Canada, Impôt.
12.53 Les bénéficiaires admissibles en raison de leur revenu, qui reçoivent des prestations de sécurité de la vieillesse, ne sont pas tenus de remplir de déclaration de revenu, sauf lorsqu'ils présentent une demande de prestation. Nous avons constaté qu'en 1993, le Ministère a instauré un système destiné à s'assurer que les bénéficiaires continuent d'être admissibles en raison de leur revenu à ses programmes de soins de santé. Chaque année, le Ministère obtient de l'information sur les revenus auprès de Développement des ressources humaines Canada et de Revenu Canada, Impôt. Lors de la mise en oeuvre du système, en janvier 1993, le Ministère a identifié 9 600 clients qui n'étaient pas admissibles et on a mis fin au versement de leurs prestations. En 1994 et 1995, quelque 2 500 autres bénéficiaires ont perdu leur admissibilité à des prestations.
12.54 Après avoir évalué l'admissibilité des bénéficiaires éventuels, le Ministère doit établir le niveau de prestations nécessaire pour satisfaire aux besoins du client et la part de responsabilité que le gouvernement fédéral doit assumer. Nous avons examiné le mode de gestion de l'admissibilité aux prestations et nos constatations apparaissent dans les trois sections qui suivent.
Les soins de longue durée
Contexte
12.55 Le rôle du Ministère dans la prestation de soins en établissement a changé au fil des ans. Il est passé de celui de prestateur de services directs à celui d'acheteur de services à la clientèle. Le Ministère répond aux besoins de soins de longue durée des anciens combattants admissibles en offrant 4 030 lits auxquels les anciens combattants ont accès en priorité, soit au moyen d'ententes avec des établissements contractuels, ou à l'Hôpital Sainte-Anne de Bellevue dont le Ministère est propriétaire. Le Ministère est également responsable des frais pour les soins de longue durée dispensés aux anciens combattants admissibles dans les établissements communautaires. La pièce 12.7 décrit les critères d'admissibilité aux soins de longue durée. La pièce 12.8 donne le nombre de lits auxquels les anciens combattants ont accès en priorité dans chaque province, le nombre estimatif de clients anciens combattants qui résidaient dans chaque province, au 31 mars 1996, et la tendance dans les dépenses pour les soins de longue durée de 1987 à 1996.12.56 Dans la cadre de la vérification, nous avons examiné comment le Ministère :
- a négocié le coût des services fournis en vertu d'ententes avec les établissements contractuels;
- a surveillé et examiné le coût des services achetés;
- s'est assuré que les bénéficiaires ont reçu des services de qualité appropriée;
- a déterminé le nombre et le lieu de ses lits d'accès prioritaire.
Faibles contrôles du coût des services fournis en vertu des ententes
12.58 Les ententes conclues entre le Ministère et un établissement constituent la base du marché de services. Nous avons constaté que dans certains cas, il n'y avait pas d'entente de fonctionnement et que dans d'autres cas, les ententes de fonctionnement ne précisaient pas le niveau et la qualité du service que le Ministère achetait. Bien que nous reconnaissions que les clients ont des besoins divers et qu'il existe des différences dans les soins de santé offerts par les provinces, nous nous attendions que le Ministère ait une série de normes pour les services qu'il achète. Cette approche permettrait au Ministère de comparer plus facilement la qualité et le coût des soins entre les établissements contractuels.12.59 Les pratiques de fonctionnement du Ministère pour contrôler le coût des services variaient d'un établissement à l'autre. Toutefois, on utilise deux mécanismes importants pour contrôler le coût des services d'un établissement : le processus d'approbation du budget annuel, lorsque le Ministère paie le coût d'une partie d'un établissement, et l'examen opérationnel subséquent afin de vérifier la conformité aux exigences financières des ententes.
12.60 Nous avons constaté qu'en plusieurs cas, le Ministère n'a pas exigé que les établissements présentent un budget de fonctionnement à être approuvé avant le début de chaque exercice financier. Par exemple, certains budgets ont été présentés six mois après le début de l'exercice. En outre, dans plusieurs cas, le Ministère a effectué l'examen opérationnel d'un établissement des années après la fin de l'exercice. Il y a un arriéré dans les examens opérationnels.
12.61 Nous avons constaté des écarts importants entre les établissements dans le coût que paie le ministère des Anciens combattants pour un jour-patient. Le coût moyen du jour-patient varie aussi dans la même région de même qu'entre les régions, allant de 138 $ à 234 $ pour des niveaux de soins semblables. Le Ministère n'a pas analysé les raisons de ces écarts ou utilisé les taux moins élevés pour négocier les coûts avec les établissements où les soins sont plus dispendieux.
Des lignes directrices nationales pour la qualité des soins doivent être mises en oeuvre
12.62 En 1990, le Ministère a entrepris une évaluation de ses programmes de soins en établissement. Des normes minimales ont ainsi été établies pour définir le niveau et la qualité des soins que les clients doivent recevoir, ce que l'on a appelé le « programme de base ». Toutefois, le programme de base n'a pas été adopté officiellement, ni mis en oeuvre. La mise en oeuvre de lignes directrices nationales pour préciser les services que le Ministère s'attend que les bénéficiaires reçoivent, dans les établissements du Ministère comme dans les établissements contractuels, aiderait les gestionnaires dans le processus de négociation des taux et faciliterait la comparaison des coûts quotidiens entre les établissements.12.63 Nous avons constaté que les pratiques de surveillance du Ministère variaient considérablement entre les bureaux régionaux. Les écarts portaient sur le nombre de visites aux établissements que fait le personnel du ministère des Anciens combattants, l'utilisation d'outils comme les lignes directrices ou les questionnaires afin d'évaluer la qualité des soins, l'utilisation de rapports de surveillance préparés par les établissements et la mesure avec laquelle le personnel du Ministère a adopté une approche active pour surveiller la qualité des soins dispensés dans les établissements.
La planification au sujet des lits d'accès prioritaire doit être réexaminée
12.64 En 1986, nous avions constaté que « le Ministère n'a pas encore délimité ses responsabilités en matière de prestation de soins en établissement. » Nous avions aussi constaté que « le Ministère doit aussi définir le rôle qu'il assumera pour qu'il ait suffisamment de lits pour répondre aux besoins croissants des anciens combattants. » En 1988, le Ministère a mené une étude qui a révélé qu'il faudrait 615 lits supplémentaires dans les établissements de soins, et il a fait par la suite l'acquisition de la plupart de ces lits. Il y a eu depuis un revirement majeur dans les soins de longue durée au Canada; maintenant, les soins se donnent à la maison et dans la collectivité plutôt que dans les établissements. Compte tenu de cette tendance, de la mise en oeuvre du Programme pour l'autonomie des anciens combattants (qui a pour but de retarder le placement en établissement), des changements prévus dans les besoins futurs de la clientèle du Ministère qui avance en âge et des prévisions en ce qui concerne la clientèle future, le ministère des Anciens Combattants doit réexaminer sa planification relative aux lits d'accès prioritaire.12.65 Le ministère des Anciens combattants devrait améliorer les contrôles de gestion sur la prestation de soins de longue durée, y compris :
- préciser le niveau et la qualité des services qu'il entend recevoir;
- négocier les taux et les budgets avant le commencement de l'exercice financier;
- maintenir une surveillance régulière et s'assurer que les établissements respectent les ententes par rapport aux exigences financières et à la qualité;
- examiner la planification au sujet des lits d'accès prioritaire pour soins de longue durée.
Programme pour l'autonomie des anciens combattants
Contexte
12.66 En 1994-1995, le Programme pour l'autonomie des anciens combattants (PAAC) a offert des services à 83 000 bénéficiaires afin de les aider à rester en santé et autonomes, chez eux et au sein de leur collectivité. La pièce 12.9 montre les services que le Programme offre et les dépenses pour chaque service, en 1994-1995. Le paiement annuel moyen, en vertu du Programme, était alors de 1 950 $. La pièce 12.10 montre la tendance dans les dépenses du Programme, depuis son instauration en 1986-1987. Comme on le voit dans la pièce 12.7 , le droit aux avantages du PAAC ouvre aussi la porte aux autres avantages de soins de santé. Par conséquent, une contribution relativement minime du Programme peut donner lieu à des coûts beaucoup plus considérables en matière de traitement et de médicaments.
Les ententes de contribution sont faibles
12.67 Chaque bénéficiaire des avantages du Programme pour l'autonomie des anciens combattants signe une entente de contribution avec le Ministère. Nous avons toutefois constaté que le Ministère n'exerce pas de contrôle strict pour s'assurer que la contribution sera dépensée comme il était prévu. Par exemple, les bénéficiaires ne sont pas obligés de reconnaître que le financement est destiné à des fins précises. Sans une reconnaissance écrite des modalités du financement, il se pourrait que le Ministère ne puisse s'assurer que les contributions ont été dépensées comme il était prévu.
La mise en oeuvre des paiements anticipés n'a pas respecté les modalités établies par le Conseil du Trésor
12.68 En juin 1992, le Conseil du Trésor a autorisé le Ministère à verser des paiements anticipés aux bénéficiaires pour couvrir les frais d'entretien ménager, d'entretien du terrain, de transport, de soins personnels et de services alimentaires. Ces paiements pouvaient être faits régulièrement, sans la présentation de reçus. Les bénéficiaires devaient toutefois garder les reçus qu'un fonctionnaire du ministère des Anciens combattants pourrait vérifier sur demande. Dans le processus d'autorisation, le Ministère s'engageait à maintenir le processus de vérification a posteriori déjà mis en oeuvre et fondé sur des considérations de risques financiers, et à poursuivre un processus exhaustif d'évaluation des besoins relatifs à la santé.12.69 Le Ministère a continué à faire des vérifications régulières des paiements qui étaient remboursés, en fonction des reçus. Toutefois, pour ce qui des bénéficiaires qui touchaient des paiements anticipés, le Ministère n'a pas fait de vérification a posteriori complète, au plan national, de septembre 1992 à novembre 1995. Au cours de cette période, il n'avait pas de procédés en place pour tenir compte des exigences changeantes du système des paiements anticipés. Pour cette raison, il a cessé de publier des rapports trimestriels sur les résultats des vérifications.
12.70 En janvier 1994, le Ministère a établi un projet pilote de « Vérification a posteriori du PAAC » en vue d'élaborer des procédés pour l'examen des paiements anticipés. On demanda à 326 clients, qui avaient reçu des paiements anticipés au cours de la période de six mois après la mise en oeuvre du programme, d'envoyer leurs reçus au Ministère pour examen. Dix pour cent de ces clients n'ont pas envoyé de reçus et un autre 27 p. 100 des clients n'ont pu produire de reçus pour plus du quart des paiements anticipés qu'ils avaient reçus.
12.71 Les contrôles des paiements anticipés variaient selon les régions. Dans la plupart des régions, les conseillers de secteur effectuaient un examen sommaire des reçus au renouvellement de l'entente de contribution. Nous n'avons trouvé aucune preuve de ces examens dans l'échantillon limité des dossiers du PAAC que nous avons vérifié. Les régions du Québec et du Pacifique ont effectué des vérifications a posteriori des paiements anticipés. Dans la région du Québec, on a trouvé que 40 p. 100 des 120 clients rejoints n'avaient pas gardé tous leurs reçus. Dans la région du Pacifique, 17 p. 100 des 130 clients rejoints n'avaient pas une documentation suffisante. Les représentants du Ministère croient que ces taux d'erreur et les résultats du projet pilote exagèrent le taux réel d'erreur parce que la définition d'erreur n'a pas été modifiée pour tenir compte des changements découlant de la mise en oeuvre des paiements anticipés. Le Ministère a indiqué que les résultats de ces examens étaient utilisés pour apporter des améliorations aux contrôles du système des paiements anticipés.
12.72 Environ la moitié des 83 000 clients du Programme pour l'autonomie des anciens combattants reçoivent des paiements anticipés. Pour ce qui est des dossiers de paiements anticipés de notre échantillon, nous n'avons pas été en mesure de déterminer si le Ministère avait l'assurance satisfaisante que les contributions avaient été dépensées comme il était prévu dans les ententes signées avec les bénéficiaires. Au moment de notre vérification, il n'y avait aucune preuve que les représentants du Ministère avaient examiné les reçus présentés à l'appui des éléments de l'échantillon.
12.73 En novembre 1995, le Ministère avait choisi un échantillon national de paiements du Programme pour l'autonomie des anciens combattants afin d'en faire une vérification a posteriori , mais à la fin de notre vérification sur place, en janvier 1996, l'examen de cet échantillon n'était pas terminé.
12.74 En 1995, la Direction générale de la vérification et de l'évaluation du Ministère a effectué un examen du Programme pour l'autonomie des anciens combattants. Dans le cadre de cet examen, la Direction générale a constitué un groupe de spécialistes en soins de santé afin d'examiner plus de 300 évaluations de besoins de soins de santé. Le groupe a constaté qu'il y avait des écarts dans la qualité et la quantité d'information sur les formulaires d'évaluation. Certaines évaluations n'étaient pas faites non plus selon la politique du programme et on a relevé des exemples où l'on n'avait pas décelé des besoins que l'on n'avait pas satisfaits chez des clients. Notre vérification d'un échantillon limité des dossiers du PAAC va dans le même sens que les conclusions tirées de l'examen du programme par le Ministère.
12.75 Nous avons constaté que le Ministère exige que l'on rencontre une fois par année chaque client du PAAC. Compte tenu des ressources limitées du Ministère, cette politique a pour effet que les clients à tous les niveaux de risque reçoivent le même degré d'attention. Le Ministère mène présentement un projet pilote qui lie le degré de vigilance quant au risque des soins de santé auquel est exposé chaque client. Cette approche pourrait permettre d'améliorer l'efficience et de donner lieu à un service de meilleure qualité.
L'efficacité du programme n'a pas été complètement évaluée
12.76 En 1995, le mandat qui établissait l'examen du Ministère relativement au Programme pour l'autonomie des anciens combattants précisait qu'il fallait évaluer les répercussions et les effets du Programme, son succès et les occasions d'améliorer sa rentabilité et sa gestion. Toutefois, après l'établissement du mandat, l'équipe d'examen a constaté que les données étaient limitées pour mesurer de façon empirique le succès du Programme. Par conséquent, l'examen s'est fondé sur la qualité des évaluations et la planification des soins comme indicateurs du succès.12.77 Nous avons constaté, au cours de notre vérification, que l'examen avait tenu compte des questions liées à la pertinence du Programme et relevé les domaines où il y aurait lieu d'améliorer la rentabilité et la gestion du Programme. Le groupe de spécialistes a conclu que le Programme répondait aux besoins des clients et que sa pertinence augmenterait. Le groupe de spécialistes concluait aussi que même si, dans la majorité des cas, le type et le niveau des services étaient appropriés, il y avait lieu d'améliorer la gestion des cas et la documentation afin d'accroître l'efficacité. Bien que l'examen ait permis de constater que les anciens combattants étaient placés en établissement à un âge beaucoup moins avancé que la population en général, une étude statistique effectuée dans le cadre de l'examen laissait supposer que l'élément des soins à domicile du programme pouvait retarder le placement d'environ deux ans.
12.78 Les représentants du Ministère croient que le Programme a atteint ses objectifs avec efficacité. Toutefois, le Ministère ne possède pas de données empiriques suffisantes pour montrer les répercussions qu'a pu avoir le programme sur la santé des bénéficiaires ou pour les aider à vivre de façon autonome chez eux et au sein de leur collectivité ou son incidence sur leur état de santé.
12.79 Le ministère des Anciens combattants devrait améliorer ses contrôles sur le Programme pour l'autonomie des anciens combattants en mettant en oeuvre une vérification complète à posteriori des paiements anticipés et en renforçant les évaluations des besoins de soins de santé, comme il l'a été recommandé dans l'examen effectué par le Ministère.
Réponse du Ministère : Nous avons mis en place un programme de vérification a posteriori continue des paiements anticipés. Les résultats du premier échantillon d'examen prélevé sont attendus vers le milieu de 1996.
Le Ministère se propose d'améliorer ses examens annuels de façon à mieux déceler les besoins en matière de soins de santé avant qu'ils ne deviennent sérieux et onéreux; il se propose également d'améliorer sa gestion de cas des clients qui éprouvent des besoins compliqués au plan de la santé et au plan social.
12.80 Le ministère des Anciens combattants devrait réunir des données empiriques suffisantes pour montrer dans quelle mesure le Programme a réussi à atteindre ses objectifs et ses répercussions sur l'état de santé des bénéficiaires.
Réponse du Ministère : Le Ministère convient de la nécessité d'évaluer régulièrement l'efficacité du Programme et il a pour cela recueilli des données empiriques au moyen de sondages, d'entrevues, d'analyses statistiques et d'analyses coûts-avantages, en plus de générer des données justificatives indirectes. Plusieurs macro-indicateurs fiables existent en fait et étayent les déclarations faites au sujet de la réussite du Programme. Les données recueillies montrent par exemple que, depuis la création du Programme, l'âge moyen des anciens combattants placés en établissement est en hausse constante. Ceci indique que les anciens combattants mènent une vie autonome dans leur propre habitation jusqu'à un âge plus avancé. Quoi qu'il en soit, le Ministère est disposé à utiliser d'autres méthodes d'évaluation comme les études longitudinales et les techniques d'autoévaluation, pourvu qu'elles soient conformes aux principes du bon rapport coûts-efficacité, de l'objectivité et du respect de la vie privée.
Avantages de traitement et de médicaments
Contexte
12.81 Les anciens combattants admissibles, tels qu'ils sont décrits dans la pièce 12.7 , ont droit à une gamme d'avantages de traitement et de médicaments. La pièce 12.11 résume les avantages et les dépenses qui s'y rattachent pour 1994-1995.12.82 La pièce 12.12 montre la tendance dans les dépenses pour les traitements et les médicaments, depuis notre dernière vérification en 1986.
12.83 Les médicaments, les traitements et les appareils médicaux sont généralement fournis aux clients admissibles par des fournisseurs comme des pharmaciens, des dentistes, des audiologistes et des optométristes. Afin d'assurer un contrôle rentable des coûts sur les services de ces fournisseurs, la plupart des régimes publics et privés d'assurance santé ont institué des contrôles de l'utilisation et du prix des services. Ces contrôles comportent habituellement des limites en ce qui concerne la fréquence d'utilisation d'un service au cours d'une période (par exemple, des lunettes tous les deux ans). Ces contrôles comportent aussi le type et le nombre de médicaments qui sont remboursés, l'exigence d'utiliser les équivalents génériques, la surveillance de l'utilisation afin de déceler un usage inhabituel et l'autorisation préalable de certains services. Le ministère des Anciens combattants a un marché de services avec un assureur du secteur privé pour dispenser les avantages de traitement et de médicaments. Nous avons examiné dans quelle mesure le Ministère a instauré des contrôles pour s'assurer que les avantages de médicaments et de traitement sont fournis de façon économique.
Des contrôles ont été mis en oeuvre pour tous les services autres que les médicaments
12.84 En octobre 1994, le ministère des Anciens combattants a mis en oeuvre de nouveaux contrôles pour la prestation des soins dentaires. Ces contrôles comprennent l'établissement d'une limite sur les montants qui doivent être autorisés avant le traitement, une limite sur le montant total annuel par bénéficiaire et une liste détaillée des traitements approuvés. Après des années d'une augmentation constante, le coût des soins dentaires est passé de 28,9 millions de dollars, en 1993-1994, à 26,4 millions de dollars en 1994-1995 (8,7 p. 100). Le Ministère a continué de réaliser des économies en 1995-1996. Les représentants du Ministère n'ont trouvé aucune preuve qui indiquerait que la qualité des soins a diminué à cause de ces contrôles.12.85 Depuis décembre 1995, le Ministère a imposé une limite aux montants et à la fréquence d'usage et exigé une autorisation préalable pour les articles dispendieux en ce qui concerne tous les avantages de traitement, à l'exception des médicaments. Nous avons constaté que ces nouveaux contrôles se comparent à ceux des autres régimes des secteurs public et privé. Nous avons également constaté que des exceptions pouvaient être faites pour répondre aux besoins individuels des bénéficiaires.
Une amélioration des contrôles relatifs aux médicaments est prévue
12.86 Au moment de notre vérification, le formulaire (recueil officiel de médicaments autorisés) contenait 18 000 médicaments. Au Canada, la plupart des régimes public et privé d'assurance médicale couvrent environ 6 000 médicaments. La compilation du formulaire du Ministère résulte de la combinaison de plusieurs formulaires régionaux en un seul, de même que de la pratique voulant qu'un médicament soit offert à tous, même si un seul client en a besoin. Le Ministère est en voie de réviser son formulaire pour établir un formulaire standard dont le nombre d'articles sera réduit. Toutefois, pour répondre aux besoins des clients, les articles qui ne seront pas inclus dans le formulaire standard seront disponibles dans un formulaire spécial qui exigera une autorisation préalable pour chaque client.12.87 Des recherches indiquent que la population âgée court des risques de surconsommation et d'usage impropre des médicaments. Plusieurs instances canadiennes et nombre de régimes de soins de santé instaurent des procédés pour contrôler l'usage des médicaments et pour mieux gérer les soins de santé. Ces contrôles ont des avantages, dont la compression des coûts et la détection de l'abus des médicaments et de leurs interactions dangereuses. En général, bien que ces renseignements soient à la disposition du Ministère, son programme de contrôle s'est limité à des procédés qui visent à déceler les erreurs ou les abus possibles. Nous constatons toutefois que la région du Pacifique a établi un comité d'examen des avantages de traitement et de médicaments dont l'objectif est de mieux gérer et de mieux contrôler ces avantages dans la région.
12.88 En introduisant des modifications dans le formulaire des médicaments, le Ministère entend passer à un contrôle en « temps réel » en ce qui concerne l'achat de médicaments, selon un système élaboré par son fournisseur. Le Ministère entend concevoir un système qui remboursera les médicaments en regard d'avantages autorisés au moment de l'achat pour chaque client. Le système proposé sera conçu pour améliorer les contrôles et la surveillance de la qualité des soins en décelant les interactions des médicaments et les cas de surconsommation.
12.89 Bien que le Ministère prévoie adopter le nouveau formulaire des médicaments et l'autorisation en temps réel en 1997, il n'avait pas encore fixé une date précise, un plan ou un budget de mise en oeuvre au moment de notre vérification.
12.90 Le Ministère a estimé que le nouveau système de contrôle et le nouveau formulaire des médicaments réduiront les coûts des médicaments d'environ 10 p. 100 ou de sept millions de dollars par année. En outre, il croit que la surveillance de l'usage des médicaments améliorera la qualité des soins. Nous craignons que les délais de mise en oeuvre de la nouvelle approche puissent en retarder les avantages.
12.91 Le ministère des Anciens combattants devrait élaborer et mettre en oeuvre un plan afin de tirer profit des avantages du nouveau formulaire des médicaments et de l'amélioration du système de contrôle des médicaments.
Réponse du Ministère : Nous avons entrepris la révision du formulaire de médicaments approuvés ainsi que du système de surveillance. La mise en oeuvre est prévue pour 1997 .
La méthode de contrôle des médicaments en vente libre est dispendieuse
12.92 Nous avons constaté que le Ministère paie pour plusieurs médicaments en vente libre qui ordinairement ne nécessitent pas une ordonnance médicale. En 1994-1995, le Ministère a estimé qu'environ 15 millions de dollars ont été dépensés pour ces médicaments. Afin d'en contrôler l'accès, il exige que ces médicaments fassent l'objet d'une ordonnance médicale. Par conséquent, il paie des frais d'exécution d'ordonnance pour des remèdes communs. Dans certains cas, les honoraires sont supérieurs au prix de détail des médicaments. En moyenne, les honoraires comptent pour 30 p. 100 du coût total des médicaments. Dans la plupart des cas également, le système de soins de santé doit absorber les honoraires du médecin qui écrit l'ordonnance pour que le client obtienne le médicament. La pièce 12.13 donne des exemples de frais d'exécution des ordonnances et du coût d'articles en vente libre couverts par le ministère des Anciens combattants.12.93 Nous croyons que le Ministère se doit d'examiner des options moins coûteuses pour dispenser les médicaments en vente libre. Par exemple, il pourrait autoriser une certaine limite annuelle de médicaments pour les bénéficiaires qui pourraient lui être facturés directement ou il pourrait négocier un honoraire annuel avec les pharmaciens qui dispensent ces médicaments.
12.94 Le ministère des Anciens combattants devrait examiner des options moins coûteuses pour dispenser les médicaments en vente libre à ses clients.
Réponse du Ministère : Le Ministère convient que les moyens existants pourraient coûter cher et il évaluera la faisabilité de la mise en oeuvre d'autres moyens en même temps que la mise en vigueur du nouveau formulaire des médicaments autorisés et du nouveau système de surveillance.
Conclusion sur les soins de santé
12.95 Dans l'ensemble, les clients du Ministère reçoivent des soins de santé de haute qualité. Un certain nombre de facteurs rendent le Ministère vulnérable à des augmentations futures des coûts :
- Le Ministère doit connaître davantage le nombre et les besoins de ses futurs clients et il doit parachever son plan en vue de répondre à ces besoins.
- Il doit mettre en oeuvre de meilleures mesures de contrôle des coûts en ce qui concerne les principaux éléments des programmes de soins de santé.
- Il doit mieux définir et mieux surveiller la qualité escomptée des soins qu'il achète.
- Il doit établir des partenariats plus efficaces avec les gouvernements provinciaux et les autres dispensateurs de services.
- Le Ministère doit tenir les dispensateurs davantage responsables du niveau, de la pertinence, des résultats et du coût des services qu'ils fournissent.
À propos de la vérification
Étendue
La vérification a principalement porté sur la prestation des soins de santé aux anciens combattants et aux autres clients admissibles. C'est le domaine des dépenses qui croît le plus rapidement au Ministère et, compte tenu du vieillissement prévu de la clientèle du Ministère, les besoins de soins de santé continueront d'augmenter.Nous avons aussi examiné les changements apportés dans le processus des pensions, qui sont entrés en vigueur le 15 septembre 1995. En raison de ces changements importants, nous avons limité l'étendue de notre vérification à consigner nos préoccupations au sujet de l'opportunité du processus antérieur d'approbation des pensions et de la réduction de la moyenne du temps d'approbation.
Nous n'avons pas vérifié le programme de soutien du revenu parce que l'on s'attend que la diminution importante du programme se poursuive au cours des prochaines années.
Objectifs
Nos objectifs de vérification du programme des soins de santé étaient d'évaluer :
- la manière dont le Ministère précise les besoins des anciens combattants en soins de santé et établit ses plans pour y répondre;
- la manière dont le Ministère gère les questions de compétence avec les provinces;
- les procédés du Ministère pour faire en sorte que les clients n'ont reçu que les avantages en soins de santé auxquels ils ont droit;
- si le Ministère acquière les soins de longue durée, les traitements et les autres services de santé d'une manière rentable.
Équipe de vérification
Glenn DoucetteDonald MacNeill
Heather McManaman
Michael Pickup
Kevin Potter
Marilyn Rushton
Pour obtenir de l'information, veuillez communiquer avec le vérificateur responsable, M. John O'Brien.
