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Les cygnes trompettes meurent sur les eaux du lac Judson, en Colombie-Britannique
Pétition : no 99A
Sujet(s) : diversité biologique, santé humaine et environnementale, coopération internationale, substances toxiques, eau
Pétitionnaire(s) : Kevin Sinclair
Reçu le : 15 janvier 2004
État du dossier : clos
Sommaire : Le lac Judson, qui enjambe la frontière entre la Colombie-Britannique et l'État de Washington, fait l'objet de la présente pétition. Selon le pétitionnaire, pendant des décennies de chasse, les plombs qui se sont accumulés au fond des eaux et aux abords ont contaminé le lac, aire de repos des cygnes trompettes. En raison d'une utilisation accrue de l'eau et du processus naturel de remplissage, le niveau des eaux décroît. De l'avis du pétitionnaire, les cygnes trompettes migrateurs courent ainsi un plus grand risque parce qu'ils se trouvent plus près des plombs enfouis dans le lac. On trouve des centaines de carcasses de cygnes dans les eaux du lac ou aux abords chaque année. Le pétitionnaire veut que l'on retire les plombs qui sont tombés dans le lac et pose une série de questions sur cette proposition à Environnement Canada et à Pêches et Océans Canada.
Ministères/organismes fédéraux chargés de répondre : Environnement Canada, Pêches et Océans Canada
Pétition
[Traduction du BVG]
Pétition au sujet de la mort des cygnes trompettes au Lac Judson
À l'attention de Mme Johanne Gélinas
Le 13 janvier 2004
Introduction
Je m'appelle Kevin Sinclair. Ma femme et moi sommes les propriétaires d'une ferme qui se trouve dans la famille depuis 1937 à South Abbotsford en Colombie-Britannique, à la frontière des États-Unis. Sur notre propriété se trouve le lac transfrontalier Judson. Sa portion canadienne, de 26 acres, se trouve entièrement sur nos terres alors que sa portion américaine, de plus de 70 acres, propriété de l'État de Washington, se trouve dans le comté de Whatcom.
Depuis des décennies, les chasseurs s'adonnent à leur sport favori au lac Judson, avec le résultat que son lit se trouve contaminé par des millions de plombs. Viennent aussi s'y poser de majestueux cygnes trompettes. C'est par milliers que ces créatures migrent chaque année de l'Alaska et des Territoires du Nord-Ouest pour passer l'hiver dans notre région et plus au sud aux États-Unis.
En 1992, il s'est produit ce que le Service canadien de la faune (SCF) a appelé « l'incident du lac Judson » : 32 cygnes avaient été trouvés morts empoisonnés au plomb1. En 1998, le SCF publiait une étude démontrant que des plombs avaient été trouvés dans chaque échantillon extrait du lac Judson et qu'il y avait, en moyenne, 95 plombs au mètre cube dans le fond du lac2. Ce chiffre est aberrant, car le Fish and Wildlife Service (FWS) des États-Unis estime qu'une sauvagine qui avale un ou deux plombs risque de mourir dans les 21 jours qui suivent3.
Le lac Judson avait dans le passé une profondeur de plusieurs pieds et il débordait de poissons. Au cours des dernières années, à cause d'une grande utilisation de l'eau et du processus naturel de remplissage, le lac, devenu très peu profond, ne peut plus abriter de grandes populations de poissons. Chaque année, à l'été et à l'automne, en dehors d'une fosse creusée en 2001, le lac est complètement à sec. Malheureusement, à cause de la baisse du niveau des eaux, le cygne trompette se trouve plus près des plombs et l'incident isolé de 1992 est tragiquement devenu monnaie courante : depuis cinq années consécutives (et cela va continuer), des corps de cygnes morts ou agonisants jonchent le lac Judson et ses environs. Cherchant à faciliter leur digestion, les volatiles avalent sans se méfier des plombs qu'ils prennent pour du gravier ou de la grenaille. Il s'ensuit une mort lente et douloureuse. La saison mortelle dure plus quatre mois. C'est une terrible tragédie qui n'a aucun sens.
Vous trouverez plus d'information sur notre site Web à www.savetheswans.com.
Contexte
En 1998, notre famille s'est mise en rapport avec le ministère de l'Environnement, des Terres et des Parcs pour lui soumettre l'idée de creuser le lac Judson afin :
a) de sauver le reste des poissons dont la population avait
été décimée par la baisse permanente des eaux.
b) d'améliorer l'habitat des poissons et de la faune en général.
Sur les conseils du Ministère, nous avons confié à des professionnels et à leurs cabinets le mandat de faire des études hydrogéologiques et des évaluations de la faune et de préparer une évaluation environnementale et un plan opérationnel pour pouvoir répondre à toutes les questions que notre projet aurait pu soulever. Cette démarche à laquelle nous avons consacré des dizaines de milliers de dollars a duré deux ans.
L'hécatombe annuelle a commencé en 1999 et, depuis, elle n'a pas cessé.
En 2001, le ministère des Pêches et des Océans (MPO) a fermé notre dossier en disant « qu'à cause de l'incertitude quant aux effets du dragage sur le niveau de l'eau et les répercussions négatives sur les poissons, le ministère s'oppose aux travaux tels que proposés actuellement ». C'est quand même ironique de penser que si nous n'avions pas réussi à créer une fosse juste avant que notre projet ne soit mis de côté, il ne resterait plus un seul des poissons que le MPO s'est engagé à protéger. Fait à noter également, la fosse creusée en 2001, constitue une preuve matérielle irréfutable que les raisons d'écarter notre projet de restauration invoquées par le Ministère ne tiennent pas la route.
Après avoir entendu notre cause, le MPO nous a ensuite communiqué dans une lettre, datée du 20 août 2003, les conditions à respecter pour obtenir un permis de restauration.
Devant le taux annuel effarant de mortalité chez les cygnes, nous avons compris que le lac en entier devait être restauré et nous avons abandonné notre projet visant la portion canadienne du lac et demandé au MPO, au SCF et au FWS de travailler avec nous pour arrêter le taux de mortalité élevé et inutile chez les cygnes trompettes et pour restaurer tout le lac Judson.
Les chiffres montrent la gravité de la situation : d'ici avril 2004 (pour une période de cinq ans), plus de 1000 cygnes trompettes seront morts dans notre région. Selon le SCF, le taux de mortalité annuel de la population aviaire tourne autour de 10 p.1004. Un grand nombre de pygargues à tête blanche et d'autres prédateurs meurent empoisonnés au plomb après s'être nourris des carcasses des cygnes.
Nous avons fait appel à l'honorable David Anderson, au MPO, au SCF, au FWS, à la North American Bird Conservation Initiative, au North American Waterfowl Conservation Council, au Water, Land and Air Protection Ministry (C.-B.), à Canards illimités Canada, à la Trumpeter Swan Society, aux Defenders of Wildlife des États-Unis, à Wetlands International5 et à un grand nombre d'organismes de conservation...
La mystérieuse saga de la mort du cygne continue de faire l'actualité dans les médias : BCTV News et CTV News, KING 5 News et KOMO News, Maclean's, The Vancouver Sun, The Province, The Abbotsford News, The Abbotsford Times, The Bellingham Herald et The Lynden Times...
En plus d'appuyer avec force la restauration écologique de ce lac lourdement contaminé, les organismes de conservation (locaux et internationaux), les industries et le grand public ont fait parvenir des lettres au SCF et au FWS dans lesquelles ils expriment leur grande inquiétude et offrent de donner leur temps, leur énergie et leur expertise à une action concrète6.
Canards illimités Canada s'est dit prêt à préparer un projet de restauration aux conditions suivantes :
1) Les partenaires du projet (organismes intéressés) s'entendent sur le fait que le lac Judson est un site important dont il faut s'occuper.
2) Les partenaires du projet s'entendent sur l'essentiel de ce qui doit être fait.
3) Les partenaires et les propriétaires fonciers veulent que Canards illimités Canada intervienne.
Analyse
La présente pétition fait ressortir notre grande inquiétude en ce qui a trait à l'inaction du SCF qui ne cherche pas de moyens pratiques de freiner l'hécatombe chez les cygnes trompettes migrateurs qui viennent mourir en nombres incroyables au lac Judson et dans ses environs. Nous voulons comprendre pourquoi le ministère s'oppose si farouchement à la restauration de l'intégrité écologique de ce lac si lourdement contaminé. Nous voulons également savoir pourquoi le MPO, à titre d'émetteur de permis, ne cherche pas une solution et pourquoi il se contente d'assister à la disparition progressive des populations de poissons qu'il s'est engagé à protéger.
Le lac transfrontalier Judson est la source première de la contamination responsable chaque année de la mort de centaines de cygnes trompettes au Canada et aux États-Unis. Des preuves matérielles abondent en ce sens. Voici quelques citations tirées des documents fournis en annexe pour votre gouverne*. Sauf indication contraire, les citations suivantes ont été publiées soit par le SCF soit par le FWS des États-Unis7 .
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« Des plombs étaient présents dans tous les échantillons de sédiments recueillis dans le lac Judson. Le nombre de plombs au mètre cube allait de 37 à 177, avec une moyenne de 95. »
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« Compte tenu de l'état d'érosion partielle des plombs trouvés dans les gésiers, on peut dire que les cygnes trompettes ne les avaient pas ingérés avant d'arriver sur les lieux. »
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« Nous avons trouvé, en moyenne, 36 plombs dans le gésier des 237 cygnes qui ont été examinés en 2001-2002. »
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« Le FWS des États-Unis estime qu'une sauvagine qui ingère un ou deux plombs va mourir environ 21 jours plus tard. »
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« Selon des résultats préliminaires, il semble que les plombs responsables de la mort des cygnes dans le comté de Whatcom et à Sumas Prairie proviendraient de sources locales : de l'un ou l'autre de ces lieux, et probablement près de la frontière. »
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« Trouver les sources des plombs n'a pas été facile parce que 89 p. 100 des cygnes empoisonnés ont été retirés des aires de repos loin des aires d'alimentation. Nous avons trouvé des plombs dans une seule des douze aires d'alimentation examinées, en tout deux, soit l'équivalent de 33 280 plombs à l'acre. »
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« J'ai entendu parler du lac Judson. Je ne m'étais jamais rendu compte de l'importance de ce site par rapport aux autres où on trouve des cygnes morts. » (Ruth Shea, directrice générale de la Trumpeter swan Society)8
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« Cher Bert, tu trouveras, ci-joint,* une série de courriels qui font état de la mortalité massive qui frappe les populations des cygnes trompettes au lac Judson, à la frontière canado-américaine. Il serait tout à ton honneur en tant que secrétaire général de l'Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie de faire parvenir un message d'appui à cette cause. L'Amérique du Nord est vue comme une pionnière de la réduction de l'empoisonnement au plomb en provenance des armes de chasse. Ce serait un malheureux précédent si un cas aussi patent que celui-ci n'était pas retenu. » (Ward Hagemeijer, directeur du programme de conservation des espèces en milieux humides, Wetlands International)9
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« Cher Rick (SCF), Laurie (SCF) et Cindy (FWS des États-Unis), le Groupe de spécialistes des cygnes s'est penché sur la mort massive qui frappe chaque automne des cygnes trompettes du lac Judson à la suite d'un empoisonnement au plomb. Nous croyons comprendre que cette situation persiste depuis plusieurs années, qu'un projet de restauration du lac est en attente et que rien n'a été fait jusqu'à maintenant. Nous aimerions que vous nous informiez de ce qui suit :
- l'état de la situation;
- les causes de la mort;
- la source présumée de l'empoisonnement au plomb;
- les autorités qui ont la responsabilité de prendre les mesures nécessaires;
- la raison expliquant l'absence de mesures destinées à enrayer la source (et à restaurer le lac Judson);
- les mesures à prendre pour renverser rapidement cette situation (mesures techniques et financières, intervention gouvernementale, etc).
Si le groupe de spécialistes des cygnes de Wetlands International ou l'Union mondiale pour la nature (UICN) peuvent aider de quelque façon que ce soit, faites-le-nous savoir. » (Jan H. Beekman, présidente du Swan Specialist Group, Wetlands International/programme des espèces de l'UICN)10
Même si nous ne saurons peut-être jamais pourquoi le SCF s'oppose au rétablissement de l'intégrité écologique du lac Judson, voici ce que le Service a déclaré publiquement, donc de manière officielle :
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a) « Nous n'avons pas la preuve que les cygnes trompettes ingèrent
des plombs au lac Judson, cet endroit étant un site de repos et non d'alimentation.
Toutes les données scientifiques prouvent le contraire. »
(The Abbotsford News, 20 décembre 2003)11
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b) « Si le cygne change ses habitudes et va se reposer dans
des endroits potentiellement plus dangereux, nous risquons en fait de faire
encore plus de tort aux cygnes. » (Pour un visionnement en direct,
visitez notre site Web et cliquez sur CTV News)12
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c) « Briser le dépôt de boue qui se trouve dans
le fond du lac pourrait se révéler désastreux : la
couche contaminée au plomb risque de se trouver dans la nappe phréatique. »
(The Abbotsford News, 20 décembre 2003)13
-
d) « Pourquoi vouloir détruire ce milieu marécageux
si riche et priver les cygnes trompettes d'un site de repos? » (The
Abbotsford News, 20 décembre 2003)14
Voici ce que je réponds à chacun de ces énoncés :
-
a) Il n'y a qu'à visionner la vidéo (qui date de deux ans)
sur notre site Web pour se rendre compte de visu que les cygnes se nourrissent
au lac Judson. Nous avons de nouvelles images prises en 2003 qui montrent les
cygnes qui se gavent de paquets d'herbes aquatiques qu'ils tirent des eaux.
Le fait que les cygnes se nourrissent dans le lac a été confirmé
par le SCF à la réunion du projet de surveillance des cygnes trompettes
à La Conner dans l'État de Washington, le 3 septembre, donc trois
mois avant la publication de l'article du Abbotsford News.
-
b) Le lac Laxton qui se trouve dans les environs a été dragué
grossièrement il y a 10 ans sans qu'on se soit préoccupé
des répercussions possibles sur les cygnes et sur les autres oiseaux
aquatiques. Chaque année, les cygnes trompettes se retrouvent par centaines
au lac Laxton, souvent en plus grand nombre qu'au lac Judson. Le SCF surveille
le lac Laxton et connaît parfaitement la situation.
-
c) Il n'y a pas de dépôt de boue. Voici ce qu'on pouvait lire
en conclusion dans une étude hydrologique du lac Judson faite par Aqua
Terra Consultants Ltd. en 1998 : « Selon les analyses effectuées
en laboratoire, l'eau du lac Judson est comparable à l'eau souterraine.
L'analyse d'échantillons de l'eau du lac et de l'eau de la nappe souterraine
n'a révélé aucune différence ni indice de la présence
de problèmes. Il n'y a là rien d'extraordinaire : on a
la preuve matérielle que les deux systèmes aquatiques communiquent. »15
-
d) Le dernier point frôle la diffamation. Il a été
démontré très clairement au SCF que l'objectif premier
est de restaurer l'intégrité écologique du lac Judson.
Le Service sait parfaitement que nous avons demandé à Canards
illimités Canada de préparer un projet de restauration. Nous avons
contacté cet organisme, considéré comme « l'entreprise
de conservation du Canada » qui utilise une technologie de pointe
de sorte que les normes les plus élevées en matière de
conservation des milieux humides sont respectées en tout temps. En se
joignant à sa société soeur américaine Ducks Unlimited
Inc., Canards illimités dispose des contacts et de la compétence
nécessaires pour restaurer tout le lac Judson et non seulement sa partie
canadienne. Ducks Unlimited ne détruit pas les milieux humides. Au
contraire, il les restaure!
En tant que propriétaires terriens, nous avons épuisé tous les moyens diplomatiques connus pour persuader le gouvernement fédéral de mettre fin à sa politique de l'autruche et de respecter son mandat et son engagement de stopper la mortalité inutile des cygnes trompettes en migration à laquelle nous assistons année après année au lac Judson. Malgré le fait qu'il ne serait pas nécessaire de faire appel à du financement fédéral, le SCF resté fermement opposé à toute solution pratique aussi longtemps qu'il n'aura pas identifié la source première des plombs qui tuent les oiseaux. Le problème est qu'il pourrait bien ne jamais la découvrir, surtout s'il s'entête à ne pas vouloir reconnaître que le lac Judson en est bel et bien la source.
Nous sommes en ce moment au milieu de la cinquième « saison mortelle » : cinq sombres années de suite sans que rien ne laisse entrevoir une fin. CINQ longues années! J'ai joint* des photos d'oiseaux morts récemment : vous serez à même de constater ce que nous endurons jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, et surtout, année après année.
Que le SCF soit opposé à la restauration du lac Judson après avoir publié l'étude gouvernementale, sur laquelle on ne peut revenir, et qui montre que le fond du lac Judson renferme, en moyenne, 95 plombs par mètre cube, dépasse l'entendement. Nous avons coopéré entièrement avec le SCF et nous allons continuer de le faire. On ne peut plus rester à ne rien faire plus longtemps. Je vous soumets donc, bien humblement, les questions suivantes :
Questions qui s'adressent au SCF
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D'après le SCF, « il y a dans les aires de repos de la vallée du Fraser et du comté de Whatcom entre 33 280 et 153 753 plombs à l'acre »16. Si deux plombs donnent 33 280 plombs à l'acre (mortalité des cygnes trompettes17), à combien de plombs à l'acre correspondent 95 plombs au mètre cube au lac Judson? Où se trouve le lac Judson dans les chiffres? A-t-on oublié d'en tenir compte?
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Pourquoi le Service dit-il que les sources principales du plomb se situent près de la frontière18 alors qu'il a publié une étude (sur laquelle on ne peut revenir) dans laquelle il affirme que le fond du lac Judson contient en moyenne 95 plombs au mètre cube19?
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Pourquoi dire que les cygnes ne se nourrissent pas dans le lac Judson20 alors que le Service sait pertinemment qu'il existe des preuves matérielles du contraire?
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Pourquoi dire que si le lac Judson était restauré les cygnes n'y retourneraient pas21, sachant pertinemment que des faits scientifiques prouvent le contraire?
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Quelles études scientifiques le Service a-t-il menées pour appuyer sa position selon laquelle a) le lac Judson renferme une couche de boue qui le sépare de la nappe phréatique22 et b) que pénétrer ce dépôt serait désastreux23 ?
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Si le SCF et le FWS des États-Unis sont sérieux au sujet du 4e élément (le plus pratique) de leur plan stratégique pour 2003-2004 intitulé Remediation of Contamination or Removal of Threat24 (éliminer la contamination ou la menace), pourquoi aucun de ces organismes ne daigne-t-il pas donner suite à la solution pratique et raisonnable que nous avons proposée le 30 septembre 200325?
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Combien de milliers de dollars de fonds publics doit-on encore dépenser et encore combien d'oiseaux devront mourir avant qu'une solution pratique ne soit mise en oeuvre?
Questions qui s'adressent au ministère des Pêches et des Océans
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Si le problème de la contamination du lac Judson ne se posait pas, cet endroit serait-il admissible à la restauration sous le motif qu'il ne peut plus abriter de grandes populations de poissons (si nous n'avions pas creusé un réservoir en 2001, il n'y aurait plus un seul poisson à cet endroit)?
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En tant qu'émetteur de permis, le MPO a-t-il la responsabilité de trouver une solution étant donné que les poissons qu'il s'est engagé à protéger courent le risque de disparaître si rien n'est fait?
Conclusion
Toutes les parties concernées pousseraient un soupir de soulagement si cette situation était réglée rapidement. Le plus désespérant, c'est qu'il existe une solution pratique. Que le lac Judson soit la première ou la deuxième source de contamination ou quoi qu'il en soit, il n'en resta pas moins qu'il est horriblement contaminé et qu'un nombre considérable de cygnes continuent tous les ans de mourir dans les eaux du lac ou dans les alentours. La question la plus importante à laquelle il faut répondre de façon pressante, s'il existe une solution pratique et qu'elle n'entraîne pas le déboursement de fonds de la part du gouvernement, est la suivante : dans les circonstances, pourquoi le SCF s'oppose-t-il à la restauration du lac Judson? Au nom de ma famille et d'un groupe d'autres défenseurs très préoccupés, je vous remercie à l'avance de vous pencher sur la question.
Recevez, Madame, mes salutations distinguées.
[document original signé par Kevin Sinclair]
Kevin Sinclair
71, chemin Clearbrook
Abbotsford (C.-B.) V2T 5X1
*[pièces jointes non affichées]
Réponse du ministre: Environnement Canada
Le 18 mai 2004
Monsieur Kevin Sinclair
71, chemin Clearbrook
Abbotsford (Colombie-Britannique)
V2T 5X1
Monsieur,
Je réponds à votre pétition en matière d'environnement (no 99) que vous avez présentée à la Commissaire à l'environnement et au développement durable au sujet de la contamination du lac Judson par la grenaille de plomb. Le Ministère a reçu votre pétition le 30 janvier.
Vous trouverez ci-joint la réponse à chacune des sept questions intéressant le Service canadien de la faune (SCF).
J'espère que ces informations vous seront utiles.
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
[document original signé par David Anderson, ministre de l'Environnement]
David Anderson, c.p., député
ENVIRONNEMENT CANADA
RÉPONSE À LA PÉTITION EN MATIÈRE D'ENVIRONNEMENT NO 99
QUI A ÉTÉ PRÉSENTÉE EN VERTU DE LA
LOI SUR LE VÉRIFICATEUR GÉNÉRAL
PAR M. KEVIN SINCLAIR
Le SCF n'a jamais affirmé que le lac Judson contenait 95 plombs par m3. Selon la page 4 de la pétition, vous tirez votre évaluation de densité de l'article de Wilson et coll. (1998, Canadian Field-Naturalist 112: 204-211), qui indique : « Des plombs étaient présents dans tous les échantillons de sédiments recueillis dans le lac Judson, le lac Laxton et le lac Pitt. Le nombre de plombs au mètre cube allait de 37 à 177, avec une moyenne de 95. »
Les données qui ont servi au manuscrit de 1998 ont été recueillies par un entrepreneur et résumées dans un rapport intitulé The Assessment of sediments in Five Fraser Valley Water Bodies for the Presence of Lead Shot (« Évaluation des sédiments dans cinq plans d'eau de la vallée du Fraser pour détecter la présence de grenaille de plomb ») (Shaun Freeman, 1992). Selon le rapport :
- on a trouvé de la grenaille dans toutes les masses d'eau (lac Judson, lac Laxton, Lakemount, baie Harrison, lac Pitt (chenal et zone de l'anse), et déterminé qu'il s'agissait de grenaille de plomb;
- au lac Judson, on a recueilli 75 carottes cylindriques (de 12 cm par 30 cm chacune) et on a pu retrouver un total de 8 grains. On n'a donc pas retrouvé de plombs dans chaque carotte;
- on a estimé le nombre de plombs par volume pour chaque site. Le lac Judson avait la deuxième plus faible densité, avec 39 plombs/m3; quatre sites avaient des densités plus élevées (jusqu'à 177 plombs/m3). La moyenne des six sites échantillonnés était de 95 plombs/m3;
- Le rapport conclut que, parmi toutes les régions évaluées, l'anse échantillonnée au lac Pitt (et non le lac Judson) est peut-être la masse d'eau qui pose le plus grand risque pour la sauvagine.
Le SCF a effectué des carottages supplémentaires en 2001-2002. Du côté canadien du lac Judson, on a prélevé 89 carottes, dont 9 contenaient de la grenaille. Un total de 11 grains ont été récupérés, dont 10 étaient en plomb. On peut donc estimer la densité moyenne de plombs au lac Judson, pour la région échantillonnée, à 0,11 plomb par carotte (carottes cylindriques d'un diamètre de 10 cm et d'une longueur de 15 cm, pour un volume de 1 241 cm3). Toute extrapolation du nombre de plombs trouvés au nombre de plombs par acre serait statistiquement inappropriée et trompeuse à ce niveau d'échantillonnage.
Dans un contexte plus large, une évaluation de la densité de plombs menée en 2001-2002 dans les zones de Sumas Prairie et du comté Whatcom, fortement utilisées par les cygnes, a indiqué trois sites qui avaient de plus fortes densités de plombs que le lac Judson : un site de nidification temporaire qui avait 0,58 plomb/carotte (23 plombs dans 40 carottes) et deux sites de nidification permanente, dont un avait 0,29 plomb/carotte (42 plombs dans 143 carottes) et l'autre 0,13 plomb/carotte (4 plombs dans 30 carottes). Dans le champ de plantes fourragères, les 2 plombs trouvés dans les 30 carottes correspondent à 0,07 plomb/carotte.
La référence 18 de la pétition indique : « Selon des résultats préliminaires, il semble que les plombs responsables de la mort des cygnes dans le comté de Whatcom et à Sumas Prairie proviendraient de sources locales : de l'un ou l'autre de ces lieux, et probablement près de la frontière. »
La majorité des cygnes (84 p. 100, n = 57) piégés peu après leur arrivée à leurs territoires d'hivernage dans le comté Whatcom et à Sumas Prairie avaient de faibles concentrations de plomb dans le sang, qui correspondaient à l'exposition naturelle de fond. Cela semble indiquer que le plomb vient de sources locales plutôt que des aires de reproduction ou des haltes migratoires.
Une analyse préliminaire des données télémétriques et des relevés a indiqué plusieurs sources potentielles de la grenaille de plomb. Les estimations de densité de plombs dans les zones fréquentées par les cygnes ont aussi permis de pointer du doigt d'autres sources possibles. Plusieurs de ces sites sont situés près de la frontière de sorte que les sources de plombs pourraient se trouver près de la frontière.
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2. |
Pourquoi dire que les cygnes ne se nourrissent pas dans le lac Judson20 alors que le SCF sait pertinemment qu'il existe des preuves matérielles du contraire? |
Le SCF n'a aucune « preuve matérielle du contraire ». Cependant, le SCF est au fait de deux de vos extraits vidéo, qui montrent des cygnes qui « basculent vers le fond » au lac Judson (page 5 de la pétition). Dans ces vidéos, il est impossible de déterminer ce que faisaient réellement les cygnes sous l'eau. Il est même impossible de savoir si l'activité avait trait à la recherche de nourriture. La grande majorité des cygnes visitent le lac Judson pendant la nuit quand il fait noir, de sorte qu'il est très difficile de documenter leurs activités.
Des recherches sur les comportements d'utilisation d'habitats des cygnes trompettes de Comox, en Colombie-Britannique, ont montré que l'alimentation était l'activité dominante pendant le jour et que le sommeil prédominait pendant la nuit (McKelvey & Verbeek, 1988, Canadian Field-Naturalist 102: 434-441). On s'attendrait à voir des schémas comportementaux semblables chez la même espèce de cygnes dans la zone de Sumas Prairie en raison de la similitude des habitats.
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3. |
Pourquoi dire que si le lac Judson était restauré les cygnes n'y retourneraient pas21, sachant pertinemment que des faits scientifiques prouvent le contraire? |
D'après votre référence à des « faits scientifiques qui prouvent le contraire », présentée à la page 5 de la pétition : « Le lac Laxton qui se trouve dans les environs a été dragué il y a environ 10 ans sans qu'on se soit préoccupé des répercussions possibles sur les cygnes et sur les autres oiseaux aquatiques. Chaque année, les cygnes trompettes se retrouvent par centaines au lac Laxton, souvent en plus grand nombre qu'au lac Judson. Le SCF surveille le lac Laxton et connaît parfaitement la situation. »
Le SCF n'est au courant d'aucune évaluation de l'utilisation du lac Laxton par les cygnes avant et après le dragage. Il n'y a donc aucune donnée « scientifique » de l'impact du dragage sur l'utilisation du lac par les cygnes.
Pendant qu'ils faisaient des relevés radiotélémétriques et surveillaient le site pour y détecter des cygnes malades ou morts, des chercheurs du SCF ont observé les cygnes au lac Laxton. Il n'ont pas d'indication que des centaines fréquenteraient le lac Laxton chaque année et que leur nombre dépasserait souvent celui des cygnes qui fréquentent le lac Judson. Les chercheurs du SCF ont laissé entendre qu'il pourrait y avoir une corrélation entre le nombre de cygnes qui utilisent le lac Laxton et les activités de chasse au lac Judson. Ils supposent que lorsqu'il y a de la chasse sur le lac Judson, les cygnes partent vers le plan d'eau le plus proche, qui est le lac Laxton.
La référence 21 de la pétition est une nouvelle diffusée par la station de télévision CTV-BC (15 décembre 2003) où on cite Mme L. Wilson, biologiste du SCF, comme ayant dit : « Si jamais la zone était draguée, que son utilisation par les cygnes était modifiée, que les oiseaux se déplaçaient vers d'autres zones de nidification qui seraient peut-être pires, nous pourrions causer plus de mal que de bien aux cygnes ».
Vous avez donné à Mme L. Wilson une copie de la lettre que vous avez reçue de Pêches et Océans Canada en août 2003, qui donnait certains détails sur le projet de « Demande d'excavation de matériaux provenant du lit du lac Judson ». La lettre laisse entendre qu'après un projet pilote initial, le processus d'excavation se continuerait durant une période de neuf ans. L'impact causé par la perturbation du site de nidification durant plus d'une année n'est pas déterminé, mais il est scientifiquement raisonnable de supposer que les cygnes tenteraient de trouver d'autres habitats pendant ce temps. Le SCF continue donc de s'inquiéter d'une possible diminution du nombre de cygnes utilisant le lac Judson comme site de nidification à la suite de la restauration.
Le SCF n'a ni compétence ni expertise à l'égard des questions hydrologiques, et il n'a pas mené d'étude scientifique sur la nappe phréatique ou le dépôt de boue du lac Judson. Cependant, le SCF a été en contact avec un hydrologiste de la région, au ministère de la Protection des eaux, des terres et de l'air de la Colombie-Britannique (BCWALP), afin de mieux comprendre les inquiétudes de ce ministère face au dragage proposé du lac Judson. Des agents du SCF ont ainsi été informés d'une menace potentielle à la nappe phréatique située juste sous le lac Judson si le dépôt au fond du lac était rompu et que l'eau du lac se mélangeait avec l'eau souterraine sous-jacente. L'hydrologiste nous dit que son ministère a des inquiétudes au sujet de l'étude sur la qualité de l'eau menée par Aqua Terra Consultants (pour le compte de [nom omis]); c'est pourquoi le BCWALP n'a pas délivré le permis exigé par la Water Act pour exécuter des travaux à l'intérieur ou autour des eaux de la C.-B.
Le 4 novembre 2003, Mme L. Wilson a répondu à un courriel que vous avez envoyé à M. Rick McKelvey, directeur du Centre de recherche du Pacifique. Dans sa réponse, elle accuse réception de votre proposition et affirme que si les recherches effectuées actuellement déterminaient que le lac Judson est la source principale et que des mesures correctives sont recommandées, alors le personnel du Service canadien de la faune collaborera avec vous pour examiner votre proposition dans le cadre de la stratégie d'assainissement. Le SCF n'est pas en mesure de savoir pourquoi vous n'avez pas reçu de réponses aux questions que vous avez pu poser au FWS des États-Unis.
Le premier point sous « Mesures requises (par priorité) » dans la quatrième composante du Plan d'action stratégique est de continuer à identifier les zones prioritaires en fonction des données sur l'utilisation par les cygnes et les échantillonnages subséquents de sols. Les chercheurs du SCF travaillent actuellement à cette composante du projet.
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6. |
Combien de milliers de dollars de fonds publics doit-on encore dépenser et encore combien d'oiseaux devront mourir avant qu'une solution pratique ne soit mise en oeuvre? |
Le SCF travaille en collaboration avec de nombreux partenaires au Canada comme aux États-Unis afin qu'on choisisse la solution la plus efficace et la plus rapide en tenant dûment compte du coût pour les contribuables canadiens. Les études de cette composante comprennent des activités de piégeage et de prélèvements sanguins chez les cygnes pour déterminer les niveaux résiduels de plomb dans le sang, la pose d'émetteurs radio sur les cygnes, le suivi des déplacements des cygnes munis d'émetteurs jour et nuit durant tout l'hiver, l'exécution d'études de population et de distribution des cygnes, la récupération des cygnes malades et morts, l'autopsie et le testage de carcasses de cygnes, l'identification des plombs trouvés dans les gésiers et l'estimation des densités de plombs dans les zones préoccupantes. Au cours de la saison 2003-2004, environ 36 personnes ont participé à ces activités au Canada seulement.
La façon la plus scientifiquement efficace et responsable de résoudre la question des cygnes trompettes est de déterminer avec exactitude les sources les plus importantes de grenaille de plomb avant de passer à la mise en oeuvre de mesures correctives comme le dragage ou l'enlèvement du sol. Une « restauration » du lac Judson avant identification des sources principales pourrait modifier les habitudes migratoires des oiseaux et compromettre les efforts visant à déterminer les sources.
Une solution pratique ne peut donc être mise en oeuvre qu'une fois que les sources de la contamination au plomb auront été clairement établies. Bien qu'il se soit révélé très difficile de déterminer les sources principales de plomb responsables de la mortalité observée des cygnes trompettes et de résoudre cette tragédie qui se poursuit dans la nature, nous travaillons avec diligence à trouver une solution définitive.
Réponse du ministre: Pêches et Océans Canada
11 mai 2004
Monsieur Kevin Sinclair
71, route Clearbrook
Abbotsford (Colombie-Britannique)
V2T 5X1
Monsieur,
La Commissaire à l'environnement et au développement durable (CEDD) a bien reçu la pétition que vous lui avez soumise au sujet de l'empoisonnement par le plomb des cygnes trompettes au lac Judson et elle me l'a transmise en tant que pétition no 99. Je vous écris au sujet des points qui sont de la compétence de Pêches et Océans Canada (MPO), et je crois savoir que mon collègue le Ministre de l'Environnement répondra aux parties de votre pétition qui sont de la compétence de son ministère.
Le MPO a pour mandat, en vertu de la Loi sur les pêches (une loi fédérale), d'empêcher la détérioration, la destruction ou la perturbation (DDP) de l'habitat du poisson. La politique de gestion de l'habitat du MPO est d'éviter ou d'atténuer autant que possible les répercussions éventuelles sur le poisson et son habitat lors de la planification des projets, en prenant des mesures d'atténuation à l'emplacement choisi ainsi que lors de la conception et des travaux de construction. Les ouvrages entraînant une perte de l'habitat du poisson qui peut être compensée nécessitent une autorisation en vertu du paragraphe 35(2) de la Loi sur les pêches et doivent faire l'objet d'un examen conformément à la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale (LCEE) afin de s'assurer qu'ils ne nuisent pas significativement à l'environnement. Le projet doit donc faire l'objet d'un examen environnemental faisant appel à de multiples organismes. Nous jugeons que les ouvrages proposés au lac Judson causeront une DDP de l'habitat du poisson. Par conséquent, pour qu'ils soient autorisés, il faut que la perte de l'habitat qu'ils entraîneront soit compensée, qu'une autorisation soit donnée en vertu du paragraphe 35(2) de la Loi sur les pêches et qu'un examen en vertu de la Loi canadienne sur l'évaluation environnementale soit réalisé.
Le MPO appuie votre initiative visant à assurer la santé et la productivité à long terme de l'habitat du lac Judson. Dans une lettre datée du 20 août 2003, le MPO vous suggère qu'une version réduite de votre projet pourrait avoir les mêmes avantages pour les ressources halieutiques et la faune tout en présentant moins de risques. Nous attendons la proposition finale de votre projet avant de terminer notre évaluation environnementale.
Je vous remercie de m'avoir fait part de vos préoccupations. Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs.
[document original signé par Geoff Regan, ministre des Pêches et des Océans]
Geoff Regan
