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Pétition de suivi sur les préoccupations en matière de santé et d’environnement relativement à la fluoration de l’eau potable

Pétition : no 221C

Sujet(s) : eau; santé humaine et environnementale; substances toxiques

Pétitionnaire(s) : Carole Clinch

Reçu le : 14 avril 2008

État du dossier : clos

Sommaire : Dans cette pétition de suivi, la pétitionnaire veut obtenir des réponses additionnelles de Santé Canada concernant les incidences sur la santé de l’ajout de fluorosilicates à notre eau potable, particulièrement en ce qui a trait à la fluorose dentaire. La pétitionnaire affirme que la fluoration de l’eau constitue le principal faceur d’exposition au fluorure et, par conséquent, une cause importante de fluorose dentaire. Elle soulève des questions quant au préjudice social ressenti, au fardeau financier et à l’effet nocif sur les dents que la fluorose dentaire cause aux Canadiens.

Ministères/organismes fédéraux chargés de répondre : Agence de santé publique du Canada, Santé Canada

Pétition

[traduction du BVG]

Pétition en vertu de l’article 22 de la Loi sur le vérificateur général
pour faire cesser l’ajout de substances toxiques à l’eau potable (fluorures inorganiques,
arsenic inorganique, plomb)
En contravention de la Loi sur les pêches, notamment
du paragraphe 34(1), qui décrit les dispositions pour préserver et protéger l’habitat du poisson assurant la subsistance des ressources halieutiques du Canada,
du paragraphe 35(1) sur la détérioration, qui interdit les activités pouvant entraîner la détérioration, la destruction ou la perturbation (DDP) de l’habitat du poisson, et
des paragraphes 36 à 42, qui régissent le dépôt de substances nocives dans les eaux où vivent des poissons
Les fluorosilicates dans l’eau potable, aux doses recommandées, ont des effets nocifs sur les plans social, financier et dentaire

La fluoration de l’eau constitue la principale source d’exposition au fluorure et est donc la cause la plus importante de fluorose dentaire

[document original signé par Carole Clinch]

Carole Clinch
307, av. Normandy, Waterloo (Ontario) Canada
caclinch@gmail.com
519-884-8184

14 avril 2008

Bureau du vérificateur général du Canada
Commissaire à l’environnement et au développement durable
À l’attention de : Pétitions
240, rue Sparks
Ottawa (Ontario) K1A 0G6

No sans frais :   1-888-761-5953 (sans frais)
Téléphone :       613-995-3708
Fax :                613-941-8286
Courriel :           petitions@oag-bvg.gc.ca


Introduction : Nécessité du développement durable

L’ajout de substances toxiques à l’eau potable, et partant à la source d’approvisionnement en eau, n’est pas une activité respectueuse de l’environnement et n’est pas efficace pour atteindre le but recherché.

Des données tirées de l’étude de Daemker et Dey de 1989 indiquent que certaines espèces de poissons (les saumons) subissent des effets nocifs à des concentrations d’environ 0,25 mg/L (Daemker, DM, Dey, DB. Evidence for fluoride effects on salmon passage at John Day Dam, Columbia River 1982-1986, North American Journal of fisheries management, 1989, 9, 154-162).

Des données recueillies par Camargo en 2003 montrent que les larves de porte-bois qui tissent des filets pour capturer leur nourriture subissent des effets nocifs à des concentrations de fluorure d’à peine 0,2 mg/L. Selon Camargo : [TRADUCTION] « Les rejets des eaux municipales fluorées causent également des hausses importantes de la concentration de fluorure dans les rivières réceptrices (environ cinq fois le niveau de base dans la nature). » (Camargo JA. Fluoride toxicity to aquatic organisms: a review. Chemosphere. 2003 Jan;50(3):251-64).

La fluoration de l’eau constitue la principale source d’exposition au fluorure et est donc la cause la plus importante de fluorose dentaire.

[TRADUCTION] « La principale source alimentaire de fluorure pour la plupart des gens aux États-Unis est l’eau potable fluorée du réseau municipal (communautaire), notamment l’eau consommée directement, les aliments et boissons préparés à la maison ou au restaurant à partir d’eau potable municipale, ainsi que les boissons commerciales et les aliments transformés produits dans des municipalités fluorées. » (US National Research Council Report on Fluorides in Drinking Water 2006 p24 http://www.nap.edu/catalog/11571.html)

De 25 à 70 % des enfants souffrent aujourd’hui de fluorose dentaire au Canada, selon un rapport de 1999 du ministère de la Santé de l’Ontario.

En 2005, 32 % des enfants américains étaient atteints de fluorose dentaire – soit une augmentation de 9 % par rapport à 1980 (Department of Health and Human Services, Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Surveillance for Dental Caries, Dental Sealants, Tooth Retention, Edentulism and Enamel Fluorosis - United States 1988-1994 and 1999-2002. Morbidity and Mortality Weekly Report, 26 Aug, 2005 54(SS-3)).

Changements dans l’incidence de la fluorose dentaire après l’arrêt de la fluoration de l’eau au Canada

Des études effectuées au Canada montrent que :

  • les collectivités non fluorées en C.-B. présentaient un moins grand nombre de caries que les régions fluorées du Canada (Gray, 1987)
  • les collectivités de la C.-B. qui ont cessé la fluoration ont observé une importante baisse de l’incidence de la fluorose dentaire. ([Nom non publié], 2006)

[TRADUCTION] « Lorsque le fluorure a été retiré de l’approvisionnement en eau en 1992, la prévalence et la gravité des résultats TFI [Index Thylstrup-Fejerskov] ont grandement diminué […] » [Information non publiée]. 

[TRADUCTION] « Selon les résultats d’une enquête effectuée en Colombie-Britannique, où seulement 11 % de la population utilise de l’eau fluorée, les taux de DCMO [dents cariées, manquantes et obturées] étaient plus faibles que dans les provinces où 40 à 70 % de la population buvait de l’eau fluorée »108, et « les districts scolaires qui ont signalé récemment les taux les plus élevés d’absence de caries dans la province n’étaient pas du tout fluorés. » (Gray AS. 1987 Fluoridation. Time for a New Base Line? Journal of the Canadian Dental Association. 53(10): 763-765).

Le [nom non publié], dentiste à la Faculté de dentisterie de l’Université de la Colombie-Britannique, a constaté que l’incidence de la fluorose dentaire était :

de 35 à 60 % dans les collectivités fluorées
de 20 à 45 % dans les collectivités non fluorées

Le [nom non publié] a également observé une augmentation de la gravité de la fluorose dentaire dans les collectivités fluorées par rapport aux collectivités non fluorées [information non publiée].

Le tableau qui suit concerne la région du Niagara. Il montre l’augmentation importante de la fluorose dentaire en 2005 et 2006.

Les personnes atteintes de fluorose dentaire n’apprécient pas du tout qu’on tente de minimiser l’importance de ce trouble, jugé par certains comme étant « purement » cosmétique ou un problème de santé « douteux ». Ceux et celles qui doivent composer avec la gêne d’avoir des dents endommagées par le fluorure et doivent payer pour faire réparer leurs dents ne voient pas la chose du même œil.

Si quelqu’un prend une clé et égratigne le capot de votre voiture, juste sur le devant, là où votre regard se pose chaque jour lorsque vous prenez le volant, croyez-vous que vous devriez avoir des recours pour réclamer des dommages-intérêts de l’individu qui a égratigné votre voiture, même si celle-ci continue de rouler et que seulement une petite partie est endommagée?

Santé Canada connaît-il les traitements dentaires suivants qui servent à réparer les dommages causés par la fluorose :

  1. Fluorose dentaire de très légère à légère : polissage, blanchiment (frais minimums de 500 $)
  2. Fluorose dentaire modérée : micro-abrasion et blanchiment (frais minimums de 1 000 $)
  3. Fluorose dentaire sévère : vernis ou couronnes entières à base de porcelaine (600 à 900 $/dent – frais minimum de 10 000 $)?

Le Public Health Service des É.-U. a recommandé les concentrations suivantes pour la fluoration de l’eau : de 0,7 ppm à 1,2 ppm
Santé Canada a recommandé pour la fluoration de l’eau une concentration de 0,9 à 1,0 ppm.
Les concentrations recommandées par les É.-U. et le Canada sont virtuellement identiques.

La figure qui suit est tirée de : Prevalence of enamel flurosis in persons aged 6-39 years, by age and severity of fluorosis – United States, National Health and Nutrition Examination Survey, 1999-2002.

Texte du tableau
En haut à gauche : de 6 à 11 ans, de 12 à 15 ans, de 16 à 19 ans, de 20 à 39 ans.
À droite : non affecté, douteuse, très légère, légère, modérée, sévère.
En bas : pourcentage
Vingt-cinq pour cent des personnes interrogées présentaient une fluorose dentaire de très légère à légère.
Dix pour cent des personnes interrogées présentaient une fluorose dentaire modérée.
Un pour cent des personnes interrogées présentaient une fluorose sévère.

Utilisation de fluorure associée à une parodontopathie, la gingivite :

[TRADUCTION] « Nous avons constaté que le fluorure, dans la gamme de concentrations utilisée pour la prévention de la carie dentaire, stimule la production de prostaglandines et exacerbe ainsi la réponse inflammatoire dans la gingivite et la parodontite. La présente invention est une méthode pour prévenir la carie dentaire qui consiste en l’administration d’un sel de fluorure dans la cavité buccale et qui lutte en même temps contre la perte d’os parodontal en associant le sel de fluorure à une quantité suffisante d’un AINS pour inhiber la production de prostaglandines induite par le fluorure. » (Aberg G, Jerussi TP, McCullough JR - "NSAID/fluoride periodontal compositions and methods" US Patent: 5,807,541, granted September 15, 1998).

[TRADUCTION] « Les résultats montrent que les parodontopathies sont étroitement associées aux régions où le taux de fluorure est élevé. Le rôle de la plaque dentaire est bien connu contrairement à l’effet des fluorures sur les tissus parodontaux. Le fluorure doit donc être considéré comme un agent étiologique important dans les parodontopathies. » (Vandana KL, Reddy MS. 2007 Assessment of Periodontal Status in Dental Fluorosis Subjects using Community Periodontal Index of Treatment Needs. Indian Journal of Dental Research 18(2):67-71).

[TRADUCTION] « L’inflammation et la destruction du tissu gingival et parodontal (gencives) sont au nombre des signes de toxicose due au fluorure qui sont très mal étudiés. Des observations publiées et inédites provenant de nombreux chercheurs laissent fortement entendre que la parodontolyse (maladie des gencives) peut être induite ou aggravée par certaines substances chimiques, dont le fluorure. » (Hume VO 1952 Dental Items of Interest. Director of Forsyth Dental Infirmary for Children in Boston from Chris Bryson The Fluoride Deception Seven Stories Press; New Ed edition (March 1, 2006) P320).

L’usage du fluorure est associé à l’édentation

Selon un rapport de 2002 des Centers for Disease Control (CDC) des É.-U. (http://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm5250a3.htm), Hawaii et la Californie présentaient les taux les plus faibles de fluoration de l’eau aux É.-U. : 8,8 % de la population de l’État d’Hawaii et 27,7 % de la population de l’État de Californie buvaient de l’eau fluorée. Le Kentucky affichait le taux le plus élevé de fluoration de l’eau, pratiquement 100 % (99,7 %) de la population buvant de l’eau fluorée. En 2003, l’American Dental Association a accordé au Kentucky un prix, le « 50 Year Award », pour ses 50 années de fluoration à un taux de presque 100 % (http://www.skagitcleanwater.com/Fluoridatio_concern_%20Brief_%200utline.pdf).

Les CDC ont soutenu que la fluoration de l’eau dans les collectivités constituait la méthode la plus efficace de protéger la santé bucco-dentaire. Si la perte de dents est une mesure de la santé bucco-dentaire, on devrait s’attendre à des taux plus bas d’édentation dans les collectivités fluorées.

De façon générale, lorsque la proportion de personnes buvant de l’eau fluorée dans chaque État augmente, le pourcentage de personnes qui ont perdu six dents ou plus croît également. Il semble ne pas y avoir de réduction à vie de la prévalence de la carie dentaire avec la fluoration, et la fluoration s’accompagnerait même d’une perte accrue de dents.

Plus précisément, ce rapport de 2002 des CDC mentionne : [TRADUCTION] « La prévalence de personnes édentées complètement (personnes qui ont perdu toutes leurs dents naturelles) variait de 13 % à Hawaii et en California à 42 % au Kentucky. » Autrement dit, les taux les plus élevés de perte de dents chez les personnes de plus de 60 ans ont été enregistrés dans les États où les taux de fluoration de l’eau étaient les plus élevés. C’est dans les États où les taux de fluoration de l’eau étaient les plus bas que les taux d’édentation chez les personnes de plus de 60 ans étaient les plus faibles.

Si l’on se fonde sur ces chiffres fournis par les CDC des É.-U., la fluoration ne semble pas avoir aidé à prévenir la perte de dents. La fluoration n’a pas d’effet bénéfique chez les personnes qui n’ont pas de dents.
Calculateur de la dose de fluorure

Le tableau qui suit offre un moyen de calculer la dose de fluorure. Selon le rapport de 2006 du National Research Council des É.-U. sur les fluorures, les grands consommateurs d’eau (athlètes, mères qui allaitent, soldats, personnes qui travaillent à l’extérieur, diabétiques) consomment jusqu’à 12 litres d’eau par jour :

Eau/jour

Fluorure consommé/jour

   

0,6

0,8

1,0

1,2

1,5

2,0 (mg/L)

1 L/jour

0,6

0,8

1,0

1,2

1,5

2,0 (mg/jour)

2 L/jour

1,2

1,6

2,0

2,4

3,0

4,0

3 L/jour

1,8

2,4

3,0

3,6

4,5

6,0

4 L/jour

2,4

3,2

4,0

4,8

6,0

8,0

5 L/jour

3,0

4,0

5,0

6,0

7,5

10,0

6 L/jour

3,6

4,8

6,0

7,2

9,0

12,0

7 L/jour

4,2

5,6

7,0

8,4

10,5

14,0

8 L/jour

4,8

6,4

8,0

9,6

12,0

16,0

9 L/jour

5,4

7,2

9,0

10,8

13,5

18,0

10 L/jour

6,0

8,0

10,0

12,0

15,0

20,0

11 L/jour

6,6

8,8

11,0

13,2

16,5

22,0

QUESTIONS

  1. Le fluorure cause la fluorose dentaire en endommageant les cellules épithéliales (améloblastes) qui fabriquent l’émail dentaire pendant la formation des dents. Santé Canada croit-il que ces dommages causés à l’émail des dents sont bénéfiques?
  2. Le fluorure et les fluorosilicates ingérés atteignent toutes les cellules de l’organisme – pas seulement les cellules des dents. Une étude revue par des pairs qui a été publiée par Susheela et coll. en 2005 montre que même les enfants sans fluorose dentaire souffrent d’un trouble thyroïdien lié à l’utilisation du fluorure. Santé Canada peut-il prouver que ce fluorure ingéré n’entraîne pas d’effets nocifs sur d’autres parties du corps lorsqu’il exerce ses effets nocifs sur les dents?
  3. Dans une pétition antérieure (no 221), Santé Canada soutient que : « Au Canada, c’est l’usage d’un dentifrice fluoré ou de suppléments de fluorure à l’âge critique qui est le plus préoccupant. ». La fluorose dentaire est due à une surexposition totale au fluorure lorsque les dents se développent. Selon le rapport de 2006 du NRC, l’eau fluorée constitue la source la plus importante d’exposition au fluorure. Comment Santé Canada calcule-t-il que seulement 10 % des cas de fluorose dentaire sont attribuables à la fluoration de l’eau alors que celle-ci est la principale source d’exposition au fluorure (environ 60 %)? Pourquoi les dentifrices fluorés ou les suppléments de fluorure constituent-ils une « plus grande préoccupation » en ce qui a trait à la surexposition au fluorure si la source d’exposition la plus importante aux fluorures est l’eau fluorée? Veuillez fournir les calculs et des références.
  4. Dans une pétition antérieure (no 221), Santé Canada allègue que depuis 1996, on observe une tendance générale à la baisse de la fluorose dentaire modérée au Canada. Le rapport NHANES des É.-U. fait état d’une augmentation importante de la fluorose dentaire aux É.-U. (une hausse de 9 %) comparativement à 1980. Des données récentes montrent que la fluorose dentaire a crû de façon spectaculaire dans la région du Niagara. En 2006 [nom non publié] et ses collaborateurs, 2006, font ressortir que lorsque la fluoration de l’eau est ABANDONNÉE, on enregistre une baisse de la fluorose dentaire. Santé Canada fait-il référence à la diminution de la fluorose dentaire dans les collectivités qui ont cessé de fluorer l’eau? Santé Canada aurait-il l’obligeance de fournir des preuves de la baisse des taux de fluorose dentaire?
  5. Dans une pétition antérieure (no 221), Santé Canada déclare : « Il n’y a aucun coût associé à une fluorose douteuse, très légère ou légère, car ce problème ne compromet pas le fonctionnement des dents ni l’apparence esthétique. » Santé Canada nie-t-il les coûts qui sont associés aux interventions décrites ci-dessus pour le polissage, le blanchiment, la micro-abrasion, les vernis et les couronnes à base de porcelaine et visant à réparer les dommages dentaires associés à la surexposition aux fluorures?
  6. Pourquoi Santé Canada nie-t-il que la fluorose dentaire très légère ou légère soit socialement embarrassante et constitue un « problème esthétique »? Est-ce que quelqu’un à Santé Canada aimerait discuter avec des personnes qui ont dépensé des milliers de dollars pour ces traitements et vécu la gêne associée à ce problème et vérifier s’ils sont d’accord pour dire que la fluorose dentaire n’a pas d’effet sur « l’apparence esthétique »?
  7. Santé Canada sait-il que la fluorose dentaire est associée à une augmentation de l’incidence de la carie dentaire1-17?
  8. Dans une pétition antérieure (no 221), Santé Canada déclare : « En raison la faible prévalence de la fluorose accompagnée d’un effet sur le plan esthétique […] ». L’enquête NHANES effectuée en 2002 aux É.-U. montre que les taux de fluorose dentaire aux É.-U. (où les concentrations pour la fluoration artificielle sont pratiquement identiques à celles de Santé Canada) sont de 25 % pour la fluorose dentaire de très légère à légère, de 10 % pour la fluorose dentaire modérée, et d’environ 1 % pour la fluorose dentaire sévère, soit un total de 36 %. Santé Canada est-il d’avis qu’un taux de 25 % de fluorose dentaire (très légère et légère) ou de 36 % (tous les cas de fluorose dentaire) constitue une « faible prévalence »?
  9. Santé Canada ou le Public Health Service aurait-il l’obligeance de fournir des statistiques sur l’incidence de la fluorose dentaire légère, modérée et sévère au Canada, comme nous l’avons déjà demandé?
  10. Selon l’étude de 1999 du ministère de la Santé de l’Ontario, la prévalence de la fluorose dentaire est deux fois plus importante dans les communautés fluorées (de 20 à 75 %) que dans les communautés non fluorées (de 12 à 45 %). Santé Canada croit-il que ces taux de prévalence sont « très faibles »?
  11. Santé Canada ou le Public Health Service aurait-il l’obligeance de fournir des statistiques sur l’incidence de la fluorose dentaire où l’on compare les collectivités fluorées et non fluorées au Canada?
  12. Santé Canada connaît-il l’étude de [nom non publié] (2006) où il est dit que : [TRADUCTION] « Lorsque le fluorure a été enlevé des approvisionnements en eau en 1992, la prévalence et la gravité des résultats selon l’Index Thystrup-Fejerskov ont diminué de façon marquée, si l’on compare le cycle d’enquête de 1993-1994 et les cycles de 1996-1997 et 2002-2003. »? Santé Canada conteste-t-il les données du [nom non publié], selon lesquelles la fluorose dentaire chute de façon significative lorsque la fluoration de l’eau est abandonnée?
  13. Santé Canada est-il au courant que Dean, considéré comme le père de la fluoration de l’eau, a déclaré que lorsque l’enfant moyen dans une collectivité souffre d’une fluorose légère, [TRADUCTION] « cela commence à devenir un problème de santé publique qui mérite qu’on s’y attarde » (Dean 1942, p. 29). NRC, 2006, p 106? Santé Canada est-il en désaccord avec Trendley Dean?
  14. Les parents devraient-ils assumer le coût de la fluorose dentaire parce qu’ils ont permis à leur enfant de boire des litres et des litres d’eau comme ils sont invités à le faire par les magazines de santé ou parce que personne ne les a informés qu’il y a vraiment trop de fluorure dans la chaîne alimentaire, comme l’a décrit un article récent du Scientific American de janvier 2008?
  15. Dans une pétition antérieure (no 221), Santé Canada déclare que : « L’eau fluorée à une concentration optimale ne devrait pas entraîner de fluorose dentaire ». Santé Canada comprend-il la différence entre la concentration (mg/L) et la dose (mg/jour)? Si tel est le cas, veuillez expliquer comment les niveaux de concentrations vous fournissent des données exactes sur la dose de fluorure reçue dans une journée. Prière de vous reporter plus haut au calculateur de la dose de fluorure qui pourra vous être utile.
  16. Dans une pétition antérieure (no 221), Santé Canada déclare que : « Comme pour tout problème de santé, la fluorose dentaire de modérée à sévère devrait être diagnostiquée par des professionnels dûment formés et non par le grand public. » Santé Canada laisse-t-il entendre que le public n’a pas le droit de comprendre le phénomène de la fluorose dentaire et squelettique? Santé Canada croit-il qu’il est trop difficile pour un non-professionnel de voir ou d’évaluer les taches bien visibles sur les dents causées par une exposition au fluorure? Ou Santé Canada croit-t-il qu’il est trop difficile pour un non-professionnel de compter le nombre de dents endommagées par la fluorose dentaire, une fois que le problème est identifié?
  17. Dans une pétition antérieure (no 221), Santé Canada déclare : « La position de Santé Canada est que les suppléments de fluorure ne devraient pas être utilisés et que les enfants de moins de trois ans ne devraient pas employer de dentifrice fluoré à moins qu’un professionnel de la santé juge, au cas par cas, que cet usage est approprié. » Un verre d’eau artificiellement fluorée contient la même quantité de fluorure qu’une « quantité de dentifrice de la grosseur d’un pois » que Santé Canada recommande de ne pas avaler. Un verre d’eau fluorée artificiellement renferme également des quantités non mesurées de fluorosilicates qui sont plus toxiques que les « ions fluorure ». Il ne faut pas oublier que la quantité d’eau fluorée ou d’aliments fluorés consommée par une personne en une journée ne peut être contrôlée. Pourquoi Santé Canada juge-t-il qu’une dose contrôlée de suppléments de fluorure de qualité pharmaceutique et de dentifrice au fluorure ne doit pas être ingérée mais que la consommation de composés de fluorosilicates de qualité industrielle et des ions fluorure qu’ils libèrent est appropriée?
  18. Selon un brevet obtenu pour un dentifrice fluoré : « Une méthode pour prévenir la carie dentaire qui consiste en l’administration d’un sel de fluorure dans la cavité buccale et qui lutte en même temps contre la perte d’os parodontal en associant le sel de fluorure à un AINS est divulguée », et « le fluorure, dans la gamme de concentrations utilisée pour la prévention de la carie dentaire, stimule la production de prostaglandines et exacerbe ainsi la réponse inflammatoire dans la gingivite et la parodontite » (Aberg et coll., 1998). Santé Canada connaît-il les recherches montrant que le fluorure cause la gingivite et la parodontite? Si non, pourquoi ?
  19. Santé Canada connaît-il le rapport des US Centers for Disease Control de 2002 (http://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm5250a3.htm), qui montre que « La prévalence de l’édentation complète (personnes qui ont perdu toutes leurs dents naturelles) variait de 13 % à Hawaii et en California à 42 % au Kentucky. » Autrement dit, les taux les plus élevés de perte de dents ont été enregistrés dans les États où les taux de fluoration de l’eau étaient les plus élevés. Cent pour cent de la population du Kentucky est approvisionnée en eau fluorée artificiellement. Huit pourcent de la population de l’État d’Hawaii et 27 % de la population de l’État de Californie buvaient de l’eau fluorée. C’est dans les États où les taux de fluoration de l’eau étaient les plus bas que les taux d’édentation étaient les plus faibles. Santé Canada conteste-il ces données des CDC montrant que la fluoration de l’eau n’a pas aidé à protéger la population des maladies dentaires et de la perte de dents?
  20. [TRADUCTION] « La microscopie électronique a révélé que les ions fluorure pouvaient interrompre le processus de nucléation cristalline, entraînant la perforation des cristaux dans l’émail dentaire en développement et le dépôt de minéraux amorphes dans les cristaux osseux. De plus, les résultats d’analyses enzymatiques ont montré que le fluorure nuisait directement à la synthèse de l’anhydrase carbonique par les cellules productrices d’émail [les améloblastes] ». [TRADUCTION] « Peu importe sa quantité, le fluorure ingéré a des effets nocifs sur la formation tant des dents que des os. » (Kakei M, Sakaeb T, Yoshikawac M, Tamurad N. 2007 Effect of fluoride ions on apatite crystal formation in rat hard tissues. Annals of Anatomy 189: 175—181). Santé Canada dispose-t-il de données qui montrent que les conclusions de Kakei et d’autres sont incorrectes?

Citations 

Bibliographie de citations http://www.Slweb.org/bibliography.html
Tous les documents, études et recherches dont sont tirées les citations ne sont disponibles qu’en anglais.

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  13. Roholm K. (1937). Fluoride intoxication: a clinical-hygienic study with a review of the literature and some experimental investigations. H.K. Lewis Ltd, London. (Voir les extraits)
  14. Smith MC, Smith HV. (1940). Observations on the durability of mottled teeth. American Journal of Public Health 30: 1050-1052.
  15. Teotia SPS, Teotia M. (1994). Dental caries: a disorder of high fluoride and low dietary calcium interactions (30 years of personal research). Fluoride 27(2): 59-66. (Voir le résumé)
  16. Vignarajah S. (1993). Dental caries and enamel opacities in children residing in urban and rural areas of Antigua with different levels of natural fluoride in drinking water. Community Dental Health 10: 159-166.
  17. Wondwossen F, et al. (2004). The relationship between dental caries and dental fluorosis in areas with moderate- and high-fluoride drinking water in Ethiopia. Community Dentistry and Oral Epidemiology 32: 337-44. (Voir le résumé)

[haut de la page]

[Santé Canada a fourni une réponse supplémentaire à cette pétition. La réponse originale suit cette dernière.]

25 mars 2010

Mme Carole Clinch
307, av. Normandy
Waterloo (Ontario) N2K 1X6

Madame,

Nous vous remercions d’avoir porté à notre attention une erreur survenue dans une citation qui figure dans la réponse fournie par Santé Canada à votre pétition sur l’environnement no 221-C.

En ce qui concerne les préoccupations que vous avez soulevées dans votre pétition sur l’environnement no 221-E datée du 10 décembre 2009, nous sommes heureux de vous transmettre les corrections factuelles suivantes.

En réponse à la question 4 de la pétition sur l’environnement, Santé Canada a affirmé ce qui suit :

« La prévalence actuelle d’une fluorose dentaire modérée au Canada est très faible et toutes les données probantes indiquent une tendance générale décroissante de la fluorose dentaire modérée au Canada depuis 1996. Ces données sont fondées sur un examen des données canadiennes par Clark et al. 2006. »

La version corrigée de cette citation se lit comme suit :

« La prévalence actuelle d’une fluorose dentaire modérée au Canada est très faible et toutes les données probantes indiquent une tendance générale décroissante de la fluorose dentaire modérée au Canada depuis 1996.Ces données sont fondées sur les Observations et recommandations de la réunion du groupe d’experts sur le fluorure (2008) de Santé Canada - Bureau de l’eau, de l’air et des changements climatiques, Programme de la sécurité des milieux, Direction générale de la santé environnementale et de la sécurité des consommateurs, Santé Canada, à Ottawa. Vous trouverez plus de précisions sur cette déclaration, y compris les documents de recherche originaux étudiés dans Clark, 2006. Ce document est accessible au public sur demande. Pour en obtenir un exemplaire, veuillez envoyer un courriel à : water_eau@hc-sc.gc.ca.”

Nous espérons que ces renseignements vous seront utiles.

Veuillez agréer, Madame, nos salutations distinguées.   

[document original signé par Leona Aglukkaq, ministre de la Santé]

Leona Aglukkaq

c.c. M. Scott Vaughan, commissaire à l’environnement et au développement durable 


Réponse conjointe : Agence de santé publique du Canada, Santé Canada 

8 août 2008

Madame Carole Clinch
307, avenue Normandy
Waterloo (Ontario) N2K 1X6

Madame,

Je réponds par la présente à votre pétition no 221C du 14 avril 2008 adressée à M. Ronald C. Thompson, commissaire par intérim à l’environnement et au développement durable.

Dans votre pétition, vous faites part de vos préoccupations concernant la pratique de la fluoration de l’eau potable et vous posez des questions sur certaines des réponses que Santé Canada vous a transmises en réponse à votre précédente pétition no 221.

Je suis heureux de vous faire tenir, à l’égard de votre pétition, la réponse ci-jointe de Santé Canada élaborée de concert avec l’Agence de la santé publique du Canada.

Je vous remercie de l’intérêt que vous manifestez à l’égard de cette importante question et j’espère que l’information que nous vous transmettons vous sera utile.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

[document original signé par Tony Clement, ministre de la Santé et ministre de l’Initiative fédérale du développement économique dans le Nord de l’Ontario]

Tony Clement

Pièce jointe

c.c. M. Scott Vaughan, CEDD

 


 

Réponse de Santé Canada à la pétition
en matière d’environnement no 221C
déposée par Mme Carole Clinch
en vertu de l’article 22 de la Loi sur le vérificateur général
et reçue le 29 avril 2008

Pétition demandant l’abandon de l’ajout de substances toxiques à notre eau potable (fluorures inorganiques, arsenic inorganique, plomb)

Le 27 août 2008

Le ministre de la Santé et ministre de l’Initiative fédérale du développement économique dans le Nord de l’Ontario

Contexte

Santé Canada collabore avec les provinces et les territoires en vue de l’élaboration des Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada. Les provinces et les territoires utiliseront ensuite ces recommandations comme base pour l’établissement de leurs propres exigences en matière de qualité de l’eau potable. Le fluorure fait partie des nombreuses substances visées. La concentration maximale acceptable (CMA) de fluorure a été déterminée en tenant compte de toutes les sources d’exposition, y compris les aliments et les produits dentaires. Au Canada, la fluoration des réserves d’eau potable est une décision qui incombe aux municipalités, en collaboration avec les autorités provinciales ou territoriales concernées. La décision peut également être prise à la suite de consultations avec les résidants, souvent par référendum.

Le fluorure est naturellement présent dans les sources d’eau du Canada. Il peut également être ajouté à l’eau potable à titre de mesure de santé publique afin de protéger la santé dentaire et de prévenir ou réduire les caries. La fluoration des réserves d’eau potable est une mesure acceptée, fortement soutenue par des preuves scientifiques. Le fluorure est utilisé à l’échelle internationale pour protéger la santé dentaire; il est ajouté aux réserves d’eau potable partout dans le monde depuis plus de 50 ans à titre de mesure de santé publique et dentaire. Le rôle du fluorure dans la prévention des caries continue d’être appuyé par plus de 90 associations de professionnels de la santé nationales et internationales, dont Santé Canada, l’Association dentaire canadienne, l’Association médicale canadienne, l’Organisation mondiale de la santé et la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis.

Dans le cadre de l’examen continu que mène Santé Canada des effets sur la santé de l’exposition au fluorure dans l’eau potable, Santé Canada a réuni en janvier 2007 un groupe d’experts chargé de formuler des conseils et des recommandations, compte tenu de l’état actuel des données scientifiques qui traitent de la fluoration de l’eau. On a demandé au groupe d’experts de se pencher sur cinq questions d’intérêt précises, à savoir l’apport quotidien total en fluorure; la fluorose dentaire; d’autres effets sur la santé; l’évaluation des risques ainsi que les risques et les bénéfices de la fluoration de l’eau potable. Les discussions étaient fondées sur les analyses de la littérature spécialisée élaborées et présentées par certains des experts invités.

Le rapport rédigé par le groupe d’experts servira à éclairer l’élaboration d’une mise à jour de la recommandation sur le fluorure dans l’eau potable au Canada en veillant à ce que notre analyse soit fondée sur les observations scientifiques les plus récentes. Le rapport du groupe d’experts a été affiché en ligne; on peut le consulter à l’adresse http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/pubs/water-eau/2008-fluoride-fluorure/index-fra.php.

Santé Canada continuera de faire un suivi des données scientifiques et d’examiner les récents rapports et articles scientifiques portant sur l’existence possible de liens entre le fluorure et divers effets sur la santé de façon à protéger la santé des Canadiens.

1. La fluorose dentaire est causée par l’endommagement par le fluorure des cellules (les améloblastes) qui fabriquent la matrice de l’émail des dents pendant le développement de la dentition. Santé Canada croit-il que l’endommagement de l’émail des dents est bénéfique?

L’exposition aux fluorures comporte des avantages mais dans certains cas peut entraîner une fluorose. La fluorose dentaire peut être classée de diverses façons. La classification utilisée dans le présent document est l’une des plus universellement acceptées; elle a été élaborée en 1942 par H. T. Dean. L’évaluation de la fluorose se fonde sur la forme la plus grave observée sur deux dents ou plus. L’indice de Dean est décrit dans le tableau ci-dessous :

Classification

Critère — Description de l’émail

Dent normale

Aspect lisse et glacé, couleur blanc crème, surface claire et translucide

Suspicion

Quelques taches blanches ou points blancs

Fluorose très légère

Petites taches opaques (évoquant des morceaux de papier blanc qui seraient collés sur la dent), couvrant jusqu’à 25 p. 100 de la surface de la dent

Fluorose moyenne

Des zones opaques blanches couvrant jusqu’à 50 p. 100 de la surface de la dent

Fluorose modérée

Toute la surface des dents est touchée, avec une usure marquée des surfaces en contact; des taches brunes sont parfois présentes

Fluorose grave

Toute la surface des dents est touchée; piqûres discrètes éparses ou groupées; présence de taches brunes

La suspicion de fluorose ainsi que la fluorose très légère et moyenne n’ont aucun effet sur la fonction dentaire et peuvent rendre l’émail plus résistant à la carie. Le stade décisif quant aux préoccupations d’ordre esthétique est la fluorose modérée, dont la prévalence au Canada est faible. Toutes les preuves donnent à penser que, depuis 1996, la fluorose modérée est en diminution au pays. Aux États-Unis, où le niveau optimal de fluorure dans l’eau potable se situe entre 0,7 et 1,2 mg/l, environ 10 p. 100 des cas de fluorose dentaire sont attribuables à la fluoration de l’eau et se trouvent aux stades de fluorose très légère ou moyenne, qui ne soulèvent pas de préoccupations d’ordre esthétique.

Santé Canada appuie la fluoration de l’eau potable aux niveaux optimaux, conformément aux Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada, afin de prévenir la carie dentaire. Les gouvernements provinciaux et territoriaux en collaboration avec leurs municipalités décident de fluorer ou pas leur eau potable.

2. Le fluorure et les fluorosilicates ingérés se rendent à toutes les cellules du corps, non pas seulement aux dents. En 2005, une étude de Susheela et autres évaluée par les pairs montre que même les enfants exempts de fluorose dentaire présentent un trouble thyroïdien lorsqu’ils sont exposés au fluorure. Santé Canada peut-il prouver que le fluorure ainsi ingéré ne cause aucun préjudice à d’autres parties du corps lorsqu’il endommage les dents?

Compte tenu de la littérature scientifique dont nous disposons, la valeur de la preuve ne justifie pas l’allégation selon laquelle le fluorure peut causer des effets néfastes à la santé, comme le cancer, la dégénérescence osseuse ou l’hypothyroïdie. Santé Canada fonde ses conclusions sur des examens scientifiques internes portant sur des études scientifiques pertinentes et originales qui sont publiées dans des revues évaluées par les pairs et internationalement reconnues.

3. Dans une précédente pétition (no 221), Santé Canada fait valoir ce qui suit : « Au Canada, l’utilisation de dentifrice fluoré et de suppléments de fluor à un âge critique est plus inquiétante. » La fluorose dentaire est attribuable à une surexposition totale au fluorure au cours de la formation des dents. Selon le rapport de 2006 du National Research Council (NRC) des États-Unis, l’eau fluorée est la source la plus importante d’exposition aux fluorures. Comment Santé Canada calcule-t-il que seulement 10 p. 100 de la fluorose dentaire est attribuable à la fluoration de l’eau qui constitue la plus grande partie (environ 60 p. 100) de l’exposition aux fluorures? Pour quelle raison les dentifrices fluorés ou les suppléments de fluor inquiètent-ils plus relativement à la surexposition aux fluorures alors que l’EXPOSITION PLUS IMPORTANTE des fluorures provient de l’eau fluorée? Veuillez produire les calculs et les références.

Santé Canada a pris en compte l’exposition aux fluorures de toutes les sources afin de déterminer les concentrations acceptables et optimales maximales dans l’eau. Pour un complément d’information, veuillez consulter la Recommandation de Santé Canada concernant le fluorure sur le site Web de Santé Canada à http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/environ/fluor-fra.php

4. Dans une précédente pétition (no 221), Santé Canada fait valoir que, depuis 1996, on constate une tendance à la baisse générale de la fluorose dentaire modérée au Canada. Les rapports de l’enquête menée par les États-Unis [National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES)] révèlent une augmentation importante de la fluorose dentaire aux États-Unis — (une hausse de 9 p. 100) comparativement à 1980. Des données récentes révèlent que la fluorose dentaire a progressé considérablement dans la région du Niagara. En 2006, [nom non publié] et autres ont démontré que lorsque la fluoration de l’eau est ABANDONNÉE, on observe une chute de la fluorose dentaire. Santé Canada fait-il allusion à une chute de la fluorose dentaire dans les collectivités qui cesse de fluorer? Santé Canada aurait-il l’obligeance de fournir la preuve des taux décroissants de fluorose dentaire?

La prévalence réelle de la fluorose dentaire modérée au Canada est très faible, et toutes les données probantes permettent de croire à une tendance à la baisse générale de la fluorose dentaire modérée au Canada depuis 1996. Cette affirmation repose sur l’examen des données canadiennes mené par Clark.

5. Dans une précédente pétition (no 221), Santé Canada soutient ce qui suit : « Aucun coût n’est associé à la suspicion de fluorose ni à la fluorose très légère ou moyenne, puisque, à ces stades, la fonction dentaire et l’aspect esthétique ne sont pas affectés. » Santé Canada nie-t-il l’existence des procédures et des coûts susmentionnés pour le polissage, le blanchiment, la micro-abrasion dentaire, les facettes de porcelaine et les couronnes dentaires utilisées par de nombreuses personnes pour atténuer les dommages causés par une surexposition aux fluorures?

Santé Canada ne nie pas l’existence de procédures d’ordre esthétique et les frais qui y sont associés. Toutefois, la fluorose dentaire de légère à modérée n’affecte pas la fonction de la dent et elle n’entraîne pas non plus de problèmes ou de maladie fonctionnels qui commanderaient un traitement dentaire. Dans certains cas de fluorose dentaire modérée, une personne peut choisir de subir un traitement d’ordre esthétique.

6. Pour quelle raison Santé Canada nie-t-il que la fluorose dentaire très légère ou modérée est socialement embarrassante et qu’elle constitue une « préoccupation d’ordre esthétique? » Quelqu’un à Santé Canada accepterait-il de parler avec certaines des personnes qui ont dépensé des milliers de dollars pour ces traitements et qui ont subi un embarras social afin de constater s’il accepte le fait que la fluorose dentaire n’affecte pas les « aspects d’ordre esthétique? »

L’évaluation des « préoccupations d’ordre esthétique » demeure un choix personnel et, par conséquent, ne relève pas de la compétence de Santé Canada.

7. Santé Canada sait-il que la fluorose dentaire est associée à une incidence plus forte de caries dentaires?

Les données scientifiques actuelles révèlent que la fluoration conforme aux concentrations optimales prévient la carie dentaire. Les références que vous avez fournies portent toutes sur des situations dans les pays en développement où l’état de la santé dentaire n’est pas comparable à la situation canadienne, et où les niveaux du fluorure naturellement présent sont beaucoup plus élevés que la concentration maximale admissible au Canada.

8. Dans une précédente pétition (no 221), Santé Canada déclare ce qui suit : «  En raison de la faible occurrence de fluorose préoccupante sur le plan esthétique, il n’y a aucun coût moyen à signaler. » L’enquête NHANES 2002 des États-Unis révèle que les taux de fluorose dentaire aux États-Unis, (qui utilisent des concentrations de fluoration artificielles qui sont presque identiques à ceux de Santé Canada) pour les taux de fluorose de très légère à légère sont de 25 p. 100, les taux de fluorose dentaire modérée sont de 10 p. 100 et les taux de fluorose dentaire grave sont d’environ 1 p. 100 ce qui correspond à un total de 36 p. 100. Santé Canada est-il d’avis qu’un taux de fluorose dentaire de 25 p. 100 (fluorose dentaire très légère et légère) ou 36 p. 100 (l’ensemble de la fluorose dentaire) constitue une « faible occurrence? »

Comme nous l’avons mentionné, le stade décisif quant aux préoccupations d’ordre esthétique est la fluorose modérée, qui n’entraîne ni affection ni atteinte fonctionnelle demandant un traitement dentaire. Dans certains cas de fluorose modérée, mais pas forcément dans tous les cas, un individu peut décider qu’un traitement esthétique est nécessaire. La prévalence de la fluorose modérée au Canada est très faible, et toutes les preuves donnent à penser que, depuis 1996, la fluorose modérée est en diminution au pays.

Il importe également de signaler que les comparaisons entre le Canada et d’autres pays concernant les niveaux d’exposition doivent se faire avec prudence, car les taux de fluorose dentaire dépendront d’un certain nombre de facteurs, notamment la région géographique, la fluoration de l’eau, le régime alimentaire, l’utilisation de produits dentaires fluorés, la consommation de suppléments nutritionnels, l’état de santé général, etc.

9. Santé Canada ou le Service de santé publique aurait-il l’obligeance de fournir les données sur l’incidence de la fluorose dentaire légère, modérée et grave au Canada comme il a déjà été demandé?

11. Santé Canada ou le Service de santé publique aurait-il l’obligeance de fournir les chiffres de la fluorose dentaire en comparant les collectivités canadiennes qui consomment de l’eau potable fluorée et non fluorée?

Réponse aux questions 9 et 11

Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada ne compilent pas de telles données. Comme il a déjà été mentionné, ces données ne sont pas disponibles. Vous pourriez peut-être trouver de l’information dans la littérature scientifique publiée.

10. Selon l’examen fait en 1999 par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, la prévalence de la fluorose dentaire est deux fois plus élevée dans les collectivités qui consomment de l’eau fluorée (entre 20 p. 100 et 75 p. 100) comparativement aux collectivités où l’eau n’est pas fluorée (entre 12 p. 100 et 45 p. 100). Santé Canada croit-il que la prévalence de ces taux est « très faible? »

Il n’est pas approprié pour Santé Canada d’exprimer une opinion sur l’examen d’un autre organisme.

12. Santé Canada connaît-il l’étude de [nom non publié] en 2006 dans laquelle on affirmait ce qui suit : « Lorsque le fluorure a été retiré de l’alimentation en eau en 1992, la prévalence et la gravité des taux de TFI ont chuté considérablement par rapport au cycle de l’enquête en 1993-1994 comparativement aux cycles des enquêtes de 1996-1997 et 2002-2003. »? Santé Canada conteste-t-il la preuve de [nom non publié] selon laquelle la fluorose dentaire chute considérablement lorsque la fluoration de l’eau est abandonnée?

Santé Canada connaît l’existence de cette étude qui comprend d’autres renseignements et conclusions concernant la fluoration. On prévoit que les taux de fluorose dentaire chuteront si la fluoration est abandonnée; il en va de même des effets bénéfiques du fluorure.

13. Santé Canada sait-il que Dean, réputé être le père de la fluoration de l’eau, est d’avis que lorsque l’enfant moyen dans une collectivité présente une légère fluorose, cela commence à constituer un problème de santé publique qui justifie une étude plus approfondie. (Dean 1942, page 29). NRC 2006 page 106? Santé Canada est-il en désaccord avec Trendley Dean?

Il n’est pas approprié pour Santé Canada de commenter l’opinion d’un particulier. Nos conclusions se fondent sur des examens scientifiques internes portant sur des études scientifiques pertinentes et originales qui sont publiées dans des revues évaluées par les pairs et internationalement reconnues.

14. Les parents devraient-il prendre à leur charge les frais de la fluorose dentaire parce qu’ils ont permis à leur enfant de boire des quantités d’eau, comme on le recommande dans les magazines sur la santé ou parce que personne n’a informé les parents que la chaîne alimentaire contient beaucoup trop de fluorure, comme l’explique un article du numéro de janvier 2008 de la revue Scientific American?

Aucun coût n’est associé à la suspicion de fluorose ni à la fluorose très légère ou moyenne puisque, à ces stades, la fonction dentaire et l’aspect esthétique ne sont pas affectés. Comme nous l’avons déjà mentionné, le stade décisif quant aux préoccupations d’ordre esthétique est la fluorose modérée qui n’entraîne pas d’affection ni d’atteinte fonctionnelle demandant un traitement dentaire.

15. Dans une précédente pétition (no 221), Santé Canada énonce ce qui suit : « la fluoration de l’eau à un niveau optimal ne cause pas de fluorose dentaire préoccupante sur le plan esthétique. »Santé Canada comprend-il la différence entre la concentration (mg/L) et la dose (mg/jour)? Dans l’affirmative, peut-il expliquer de quelle manière des niveaux de concentration nous permettent d’obtenir de l’information exacte sur la dose de fluorure reçue en une journée. Pour obtenir de l’aide, veuillez consulter la calculatrice de doses de fluorure ci-dessus.

Santé Canada a tenu compte de l’exposition au fluorure de toutes les sources pour déterminer les concentrations acceptables admissibles et les concentrations optimales de l’eau potable. Pour un complément d’information, veuillez consulter la Recommandation de Santé Canada concernant le fluorure sur le site Web de Santé Canada http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/environ/fluor-fra.php

16. Dans une précédente pétition (no 221), Santé Canada énonce ce qui suit : « À l’instar de toutes les affections, la fluorose modérée ou grave doit être diagnostiquée par un professionnel formé, et non par le grand public. » Santé Canada suggère-t-il que le public n’a pas le droit de comprendre le phénomène de la fluorose dentaire et squelettique? Santé Canada croit-il que les très visibles taches sur les dents qui sont causées par l’exposition au fluorure sont trop difficiles à constater et à évaluer pour un profane? Ou encore Santé Canada croit-il qu’il est trop difficile pour un profane de compter les dents endommagées par la fluorose dentaire une fois cette dernière identifiée?

L’autodiagnostic n’est jamais recommandé. Comme il est indiqué dans une précédente réponse, les dentistes et d’autres professionnels de la santé ont accès à des documents scientifiques et médicaux pour identifier des problèmes comme la fluorose dentaire de modérée à grave. Si une personne s’inquiète de sa santé, elle doit en parler à son dentiste ou à un autre fournisseur de soins de santé.

17. Dans une précédente pétition (no 221), Santé Canada énonce ce qui suit : « C’est pourquoi Santé Canada est d’avis que les suppléments de fluor ne devraient pas être utilisés et que les enfants de moins de trois ans ne devraient pas se brosser les dents avec un dentifrice fluoré, à moins qu’un professionnel de la santé le juge approprié à la suite d’une évaluation individuelle. » Un verre d’eau fluorée artificiellement contient la même quantité de fluorure que la « quantité de dentifrice grosse comme un pois » que Santé Canada recommande de ne pas avaler. Un verre d’eau fluorée artificiellement contient également des quantités non mesurées de composés de fluorosilicate qui sont plus toxiques que les « ions fluorure. » Veuillez ne pas perdre de vue que la quantité d’eau fluorée ou d’aliments fluorés consommés par une personne en une journée ne peut se contrôler. Pour quelle raison Santé Canada estime-t-il qu’une dose contrôlée de suppléments de fluorure et de dentifrice fluoré de catégorie pharmaceutique ne doit pas être ingérée, et pourtant qu’il est approprié de consommer des fluorosilicates de catégorie industrielle et les ions fluorure qui en émanent?

Santé Canada a tenu compte de l’exposition au fluorure de toutes les sources pour déterminer les concentrations admissibles et optimales maximales d’eau potable. Pour un complément d’information, veuillez consulter la Recommandation de Santé Canada concernant le fluorure sur le site Web de Santé Canada à l’adresse http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/environ/fluor-fra.php

L’eau qui est fluorée à une concentration optimale ne pose pas de problème relativement à la fluorose modérée quel que soit le groupe d’âge et elle ne rend pas nécessaire d’informer les parents d’une préoccupation sanitaire. Par ailleurs, ce qui est préoccupant, c’est l’utilisation de suppléments de fluorure et l’ingestion de dentifrice fluoré au cours des âges critiques. Voilà pourquoi Santé Canada recommande les mesures suivantes afin de minimiser l’exposition dans le cas des jeunes enfants :

  • Ne donnez jamais de bain de bouche ou de rince-bouche à des enfants de moins de six ans, car ils pourraient l’avaler.
  • Parlez à votre dentiste avant d’utiliser un rince-bouche fluoré.
  • Santé Canada ne recommande pas l’usage de suppléments fluorés (en gouttes ou en comprimés).
  • Assurez-vous que la quantité de dentifrice utilisée par vos enfants ne dépasse pas la taille d’un petit pois et apprenez-leur à ne pas avaler le dentifrice. Les enfants de moins de six ans devraient être surveillés lorsqu’ils se brossent les dents, et ceux de moins de trois ans devraient se faire brosser les dents par un adulte sans utiliser de dentifrice.

18. Selon le brevet visant un dentifrice fluoré : « Une méthode visant à prévenir la carie dentaire en administrant du fluorure et, par la même occasion, contrôler la perte osseuse périodontique par le fluorure, en fournissant une combinaison de fluorure et d’anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) » et « dans la place de concentration dans laquelle il est employé afin de prévenir la carie dentaire, le fluorure stimule la production de prostaglandines et, par conséquent, exacerbe la réaction inflammatoire à la gingivite et à la parodontite. » (Aberg et autres, 1998). Santé Canada connaît-il la recherche qui révèle que le fluorure cause la gingivite et la parodontite? Dans la négative, pourquoi pas?

Compte tenu de la littérature scientifique dont nous disposons, la force de la preuve ne corrobore pas l’allégation selon laquelle le fluorure peut causer de tels effets néfastes à la santé.

Santé Canada a tenu compte de l’exposition au fluorure provenant de toutes les sources pour déterminer les concentrations admissibles et optimales maximales dans l’eau potable. Pour un complément d’information, veuillez consulter la Recommandation de Santé Canada concernant le fluorure sur le site Web de Santé Canada à l’adresse http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/pubs/water-eau/fluoride-fluorure/index-fra.php

19. Santé Canada est-il au fait du rapport de 2002 des Centers for Disease Control des États-Unis http://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/mm5250a3.htm qui révèle que la prévalence de personnes édentées (c.-à-d. celles qui ont perdu toutes leurs dents naturelles) variait entre 13 p. 100 à Hawaii et en Californie et 42 p. 100 au Kentucky? » Au Kentucky, toute la population consomme de l’eau fluorée de source artificielle; 8,8 p. 100 de la population de l’État d’Hawaii bénéficiait de la fluoration; 27,7 p. 100 de la population de l’État de la Californie utilisait de l’eau fluorée. Bref, les taux les plus élevés de perte de dents surviennent dans les États dans lesquels les taux de fluoration de l’eau sont les plus élevés. Les taux les plus faibles de perte de dents se produisent dans les États ayant les taux les plus faibles de fluoration de l’eau. Santé Canada conteste-t-il cette preuve des CDC selon laquelle la fluoration de l’eau n’a pas permis de protéger la population contre les maladies dentaires et la perte des dents? »

Comme il a été mentionné précédemment, Santé Canada ne peut pas commenter les examens d’autres organismes. Il importe de faire preuve de prudence dans l’interprétation de telles données – les maladies dentaires et la perte des dents peuvent être causées par un ensemble de facteurs et d’états, et les données dont les effets sont concomitants ne peuvent pas s’interpréter comme étant un élément de preuve ou une preuve, car il faudrait alors établir un lien direct de cause à effet.

20. « La microscopie électronique a révélé que les ions fluorure pouvaient interrompre le processus de germination cristalline, ce qui se traduit par la perforation du cristal dans l’émail de la dent en formation et la présence de minéraux amorphes dans les cristaux des dents. En outre, les résultats d’analyses enzymatiques ont révélé que le fluorure faisait directement obstacle à la synthèse de l’anhydrase carbonique par les cellules qui forment la matrice de l’émail dentaire [les améloblastes]. » Santé Canada possède-t-il la preuve que les conclusions de Kakei et autres sont erronées? : « peu importe la quantité, l’ingestion de fluorure a des effets néfastes sur la formation des dents et des os. » Kakei M, Sakaeb T, Yoshikawac M, Tamurad N. 2007 « Effect of fluoride ions on apatite crystal formation in rat hard tissues ». Annals of Anatomy, 189: 175-181.

Santé Canada reconnaît que des recherches se poursuivent dans le milieu scientifique concernant le mécanisme d’action exact du fluorure sur la structure des dents. Le groupe d’experts sur le fluorure de Santé Canada a établi que le stade décisif en ce qui concerne les préoccupations d’ordre esthétique est réputé être la fluorose dentaire modérée selon l’indice de Dean. On peut obtenir d’autres renseignements à l’adresse http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/pubs/water-eau/2008-fluoride-fluorure/index-fra.php. L’actuelle prévalence de la fluorose dentaire modérée au Canada est faible, et toute la preuve donne à penser que, depuis 1996, on constate une tendance générale à la baisse de la fluorose dentaire modérée au Canada.