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Effets nocifs sur la santé des populations aquatiques et humaines susceptibles causés par l’ajout de fluorure (fluorosilicates) dans l’eau potable
Pétition : no 244
Sujet(s) : eau; pêches; santé humaine et environnementale; substances toxiques
Pétitionnaire(s) : James S. Beck
Reçu le : 18 avril 2008
État du dossier : clos
Sommaire : Le pétitionnaire demande des réponses au gouvernement concernant l’ajout dans notre eau potable de fluorure (fluorosilicates) qui, soutient-il, a effets nocifs sur la santé des humains. Le pétitionnaire affirme que l’ajout de fluorure a également des effets toxiques et nocifs sur certaines espèces de faune terrestre ainsi que sur certaines espèces de poissons. Le pétitionnaire soulève plusieurs questions en ce qui concerne la dose et les concentrations sûres de fluorure.
Ministères/organismes fédéraux chargés de répondre : Agence de santé publique du Canada, Santé Canada
Pétition
[traduction du BVG]
Pétition en vertu de la Loi sur le vérificateur général, article 22, réclamant l’arrêt de la fluoration artificielle de l’eau
L’ajout de H2SiF6 et de NaSiF6 (fluorosilicates) a des effets nocifs sur la santé des populations aquatiques et humaines susceptibles, ce qui contrevient à la Loi sur les pêches, notamment le paragraphe 34(1), lequel décrit les dispositions pour préserver et protéger l’habitat du poisson assurant la subsistance des ressources halieutiques du Canada; le paragraphe 35(1) sur la détérioration, lequel interdit les activités qui peuvent entraîner la détérioration, la destruction ou la perturbation (DDP) de l’habitat du poisson; et les articles 36 à 42, qui régissent le dépôt de substances nocives dans des eaux où vivent des poissons.
Nom : James S. Beck, M.D., Ph.D.
Adresse : 4959 Vantage Cres. NW
Calgary (Alberta) T3A 1X6
Courriel : beck@ucalgary.ca
Téléphone : 403-286-4977
Signature : [document original signé par James S. Beck]
Bureau du vérificateur général du Canada
Commissaire à l’environnement et au développement durable
À l’attention de : Pétitions
240, rue Sparks
Ottawa (Ontario) K1A 0G6
No sans frais : 1-888-761-5953 (sans frais)
Téléphone : 613-995-3708
Télécopieur : 613-941-8286
Courriel : petitions@oag-bvg.gc.ca
Introduction
La politique de fluoration de l’eau, qui date d’une soixantaine d’années, a en général pour effet d’exposer des populations entières à 1 mg F-/L dans l’eau potable et à des quantités inconnues de fluorosilicates. Les travaux de Marier et Rose, du Conseil national de recherches du Canada (CNRC),1 les recherches plus récentes menées par un comité du NRC des États-Unis en 2006,2 le document de 1993 de l’Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR)3 du Public Health Service des États-Unis et le rapport de 1979 préparé pour le ministre de l’Environnement du Québec4 permettent de prédire qu’un adulte exposé à de l’eau contenant 1 ppm de fluorure (terme qui englobe ici toutes les formes de F) consommera en moyenne de 2 à 4 mg de fluorure par jour dans l’eau fluorée.
Plusieurs documents gouvernementaux1-4 traitent des diverses populations susceptibles qui retiennent des quantités supérieures à la normale de F- (personnes atteintes de troubles rénaux, jeunes enfants), ingèrent des quantités d’eau supérieures à la moyenne (10 litres ou plus—voir ci-dessous) ou présentent une intolérance particulière à des expositions chroniques à de petites quantités de F-. Il a été démontré que ces personnes subissent des effets délétères, notamment une fluorose dentaire et squelettique et la perturbation de certains organes endocriniens vitaux (thyroïde, parathyroïde, pancréas, etc.), qui entraînent une exacerbation ou la promotion de symptômes d’hypothyroïdie, d’insuffisance rénale, de diabète et de maladies cardiovasculaires, entre autres.
Selon le document de l’OMS publié en 2002 et intitulé Fluorides: Environmental Health Criteria 227, des apports chez l’adulte de plus de 5 mg de fluorure par jour (toutes sources confondues) présentent probablement un risque important de fluorose squelettique.
D’après le Report on Fluorides in Drinking Water publié en 2006 par le NRC (p. 263), si une personne de 70 kg qui ingère 0,7 mg de fluorure par jour présente une déficience en iode, sa fonction thyroïdienne peut être inhibée : [TRADUCTION] « Chez les humains, des effets sur la fonction thyroïdienne ont été associés à des expositions au fluorure à des concentrations de 0,05 à 0,13 mg/kg/jour lorsque l’apport en iode était suffisant et à des concentrations de 0,01 à 0,03 mg/kg/jour lorsque l’apport en iode était insuffisant ». Selon les Centers for Disease Control (CDC), aujourd’hui le taux d’iode urinaire moyen est inférieur de moitié à ce qu’il était en 1971. Cette agence estime que 36 % des Américaines ont maintenant un apport en iode sous-optimal (http://www.cdc.gov/nchs/products/pubs/pubd/hestats/iodine.htm).
Les concentrations de fond de fluorure dans le lac Ontario et le Saint-Laurent ont augmenté à 0,25 mg/L, ce qui est le double de la Recommandation pour la qualité des eaux au Canada (RQEC) de 0,12 mg/L [Programme de surveillance de l’eau potable (PSEP) http://www.ene.gov.on.ca/envision/water/dwsp/0002/eastern/eastern–.htm].
Les données de l’étude effectuée par Daemker et Dey (1989) indiquent que certaines espèces de poissons (saumons) subissent des effets délétères à des concentrations d’environ 0,25 mg/L.20 Les concentrations inférieures à 0,1 ppm se sont révélées mortelles pour les daphnies (Daphnia magna).21 Ces deux études laissent entendre que des espèces de saumons peuvent également souffrir de la réduction des aliments disponibles causée par le fluorure de même que des barrières chimiques à la migration induites par le fluorure.
Les données mettent en lumière des effets nocifs sur la santé des espèces aquatiques, des espèces terrestres et des humains susceptibles. Les ajouts de substances toxiques comme l’acide hydrofluorosilicique, l’arsenic, le plomb, le mercure, etc., ne sont donc pas justifiables.
Données de recherche
Le tableau 2-4 tiré du rapport de 2006 du NRC présente de l’information sur l’ingestion d’eau et de fluorure, dans l’hypothèse où la concentration de fluorure est de 0,7 à 1,2 mg/L (ce qui couvre la concentration du fluorure de 0,8 à 1,0 mg/L recommandée par Santé Canada).
Personnes souffrant de diabète insipide néphrogénique (70 kg) :
- elles consomment habituellement 3,5 litres d’eau/jour;
- elles consomment habituellement de 2,5 à 4,2 mg/jour de fluorure dans l’eau seulement;
- les grands consommateurs (quantité raisonnablement élevée mais pas dans les limites supérieures) ingèrent 10,5 litres d’eau/jour;
- les grands consommateurs (quantité raisonnablement élevée mais pas dans les limites supérieures) ingèrent de 7,3 à 13 mg/jour de fluorure dans l’eau seulement.
Ces niveaux de consommation dépassent la dose journalière admissible (DJA) de Santé Canada. Cette dernière est de 105 µg/kg de poids corporel/jour, ce qui correspond à 7,35 mg/jour pour un adulte canadien de 70 kg.
Eau/jour Fluorure consommé/jour
1 L/jour 0,6 0,8 1,0 1,2 1,5 (mg/jour)
2 L/jour 1,2 1,6 2,0 2,4 3,0
3 L/jour 1,8 2,4 3,0 3,6 4,5
4 L/jour 2,4 3,2 4,0 4,8 6,0
5 L/jour 3,0 4,0 5,0 6,0 7,5
6 L/jour 3,6 4,8 6,0 7,2 9,0
7 L/jour 4,2 5,6 7,0 8,4 10,5
8 L/jour 4,8 6,4 8,0 9,6 12,0
9 L/jour 5,4 7,2 9,0 10,8 13,5
10 L/jour 6,0 8,0 10,0 12,0 15,0
11 L/jour 6,6 8,8 11,0 13,2 16,5
Une personne souffrant de diabète insipide néphrogénique dépasserait la DJA en consommant uniquement de l’eau potable (10,5 litres x 0,8 mg/L = 8,4 mg/jour de fluorure) (10,5 litres x 1,0 mg/L = 10,5 mg/jour de fluorure). Les athlètes et les travailleurs excèdent également la DJA (8,4 litres x 0,8 mg/L = 6,72 mg/jour de fluorure) (8,4 litres x 1,0 mg/L = 8,4 mg/jour de fluorure).
Ce calcul ne tient pas compte de l’exposition sans cesse croissante au fluorure provenant d’autres sources. Toute discussion sur les fluorures dans l’eau potable doit prendre en compte les augmentations globales des sources de fluorure. Le fluorure est présent dans l’air, l’eau, les aliments (les pesticides, les engrais et les fumigants appliqués après la récolte contribuent à la teneur en fluorure de nos aliments), les produits de consommation et les médicaments. L’usage accru de l’eau potable fluorée dans la transformation des aliments et boissons exerce un certain effet multiplicateur dans la chaîne alimentaire, comme l’indiquent le rapport du ministère de l’Environnement du Québec publié en 19794 et d’autres sources.1-3,5,7
Effets sur la santé
- La dose quotidienne correspond à la quantité d’eau fluorée consommée en une journée en plus de la quantité consommée de fluorure provenant d’autres sources : produits dentaires, produits de consommation, air, aliments.
- La charge mesurée dans divers organes du corps est influencée par la mesure dans laquelle notre corps élimine bien le fluorure.
- La dose est influencée par l’état nutritionnel d’une personne. La quantité dans le corps s’accumule pendant toute la vie.
- La dose est liée au poids corporel (les bébés consomment plus d’eau par unité de poids).
On ne peut limiter la dose de fluorure, car on ne peut imposer la quantité d’eau qui peut être consommée; on n’a aucune idée du niveau d’exposition des individus au fluorure présent dans l’air, les produits dentaires, les produits de consommation, les médicaments, les aliments et les boissons qui utilisent de l’eau artificiellement fluorée, et dans les pesticides et les engrais. Comme on est incapable de limiter la dose, il est raisonnable de supposer que l’incidence et la gravité des effets indésirables sur la santé augmenteront probablement à mesure que croîtra l’exposition au fluorure de toutes sources. Le fluorure dans l’eau potable est la source la plus facile à éliminer si l’on veut réduire l’exposition.
Les municipalités sont non seulement incapables de limiter la dose (la quantité de fluorure consommée en une journée), mais la concentration de fluorure dans notre eau potable peut être mal régulée. Les rapports annuels de 2005 pour la région de Waterloo montrent que les concentrations recommandées de fluorure étaient atteintes de 7,2 à 74,7 % du temps. Le rapport annuel de 2006 pour la région de Waterloo a révélé que la concentration de fluorure dans l’eau dépassait de plusieurs fois les recommandations (p. ex. 3,3 mg/L entre le 22 et le 24 mai 2006). Ces résultats correspondent en gros à ceux des travaux de Reeves8, qui a signalé que seulement 65 % des systèmes de fluoration de l’eau respectent leurs cibles en ce qui concerne la teneur en fluorure de l’eau potable.
Populations susceptibles (CNRC, 1977; ATSDR, 1993; US NRC, 2006)
- De 1 à 5 % de la population est hypersensible au fluorure.
- 5 % de la population est diabétique.
- 5 % de la population souffre d’une maladie rénale.
- 5 % de la population souffre d’une maladie cardiovasculaire.
- 5 % de la population souffre d’une insuffisance thyroïdienne.
- De 27 à 44 % des régimes alimentaires sont pauvres en calcium, en magnésium et en iode (EPA/CDC).
Jeunes enfants
- Ils éliminent uniquement 15 % du fluorure ingéré (Whitford 1994).
- Ils consomment plus d’eau par unité de poids corporel que les adultes.
- Les jeunes garçons jusqu’à l’âge de 20 ans qui consomment de l’eau fluorée courent un risque 5 à 7 fois plus élevé de cancer des os que ceux qui ingèrent de l’eau non fluorée.8
Personnes qui sont incapables de filtrer les toxines adéquatement, y compris celles qui
- souffrent d’une maladie rénale associée à une moins grande élimination du fluorure,
- souffrent d’un trouble du métabolisme de l’eau et du sodium tel que le diabète insipide.
Personnes qui consomment plus d’eau que la moyenne, notamment
- celles qui sont très actives (p. ex. athlètes, travailleurs dont les tâches sont exigeantes physiquement, personnel militaire),
- personnes vivant dans des climats chauds, en particulier celles qui travaillent à l’extérieur,
- femmes enceintes et qui allaitent,
- personnes souffrant d’un problème de santé qui influe sur l’apport en eau, tel que le diabète sucré et les affections nécessitant une réhydratation rapide, comme les dérangements gastro-intestinaux ou les intoxications alimentaires (EPA, 2000a).
York Review, 2000
Deux auteurs de la York Review publiée en Grande-Bretagne en 2000 et trois auteurs du rapport de 2006 du NRC ont récemment signé une pétition en faveur de l’arrêt de la fluoration de l’eau.
Deux conseillers de la York Review de 2000 ont déclaré récemment : [TRADUCTION] « Il n’a pas été prouvé que la fluoration de l’eau réduisait la carie dentaire » et « Aucun médicament ne serait homologué sur la foi des données actuelles sur l’efficacité ou l’innocuité » et « Si le fluorure est un médicament, les données sur ses effets devraient être assujetties aux mêmes normes de preuve que celles auxquelles on s’attend pour les médicaments, notamment des données tirées d’essais randomisés […]. Aucun essai randomisé de la fluoration de l’eau n’a été effectué. » (Cheng KK, Chalmer I, Sheldon TA 2007 British Medical Journal October 6, 335: 699-702).
Ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, rapport de 1999
[TRADUCTION] « L’ampleur de l’effet de [la fluoration] n’est pas importante en termes absolus, n’est souvent pas statistiquement significative et peut ne pas présenter d’intérêt clinique. Les études canadiennes ne fournissent pas de données systématiques indiquant que la fluoration de l’eau contribue à réduire la carie dans les populations infantiles contemporaines. Les quelques études portant sur des collectivités où la fluoration a été abandonnée n’indiquent pas qu’il en ait résulté des augmentations importantes de la carie dentaire. »
« Des études récentes corroborent le fait que l’incidence de la fluorose dentaire a crû dans les collectivités fluorées et non fluorées. Les études nord-américaines mentionnent des taux de 20 à 75 % lorsque l’eau est fluorée et de 12 à 45 % lorsque l’eau n’est pas fluorée. »
« Au Canada, chez les nourrissons qui sont nourris avec des préparations lactées et ceux qui vivent dans les collectivités fluorées, les apports réels sont plus importants que les apports recommandés. Des efforts doivent être déployés pour réduire les apports dans le groupe d’âge le plus vulnérable, soit les enfants de 7 mois à 4 ans. »
« En l’absence de données complètes de qualité sur les avantages et les risques de la fluoration de l’eau, la défense d’une telle pratique est, dans le meilleur des cas, moralement incertaine et pourrait peut-être être considérée comme immorale ». Cohen H, Locker D. The Science and Ethics of Water Fluoridation, Journal of the Canadian Dental Association. 2001 67(10): 578-80.
Rapport de 2007 de Pizzo et coll. :
[TRADUCTION] « Il est reconnu maintenant que le fluorure systémique joue un rôle limité dans la prévention de la carie. » Giuseppe Pizzo, Maria Piscopo, Ignazio Pizzo et Giovanna Giulliana. Community water fluoridation and caries prevention: a critical review. Clinical and Oral Investigations Sept 2007;11(3):189-193.
Fluorure d’aluminium (AlFx) – effets synergiques
Il a été démontré que le fluorure et l’AlFx inhibent les enzymes antioxydantes, stimulent la production de radicaux libres, induisent la peroxydation des lipides dans le cerveau, activent les voies des écosanoïdes inflammatoires, abaissent la production mitochondriale d’énergie, diminuent le taux de mélatonine.16
Le risque d’altération de l’homéostase, du développement, du comportement et de la cognition est important. La prise de calcium, de vitamines C, D, E et d’iode a été signalée comme moyen d’atténuer ces effets.16 On sait depuis un certain temps que le fluorure influe sur l’activité de nombreuses enzymes. Il est maintenant établi que bon nombre de ces effets sont dus à l’action synergique du fluorure combiné à l’aluminium (AlFx). Le fluorure, l’AlFx et l’aluminium interfèrent tous trois avec les enzymes nécessaires à la production cellulaire d’énergie.16
Le transfert du radical phosphoryl constitue le mécanisme fondamental sous-tendant le métabolisme énergétique et la transduction des signaux intracellulaires. L’AlFx est une molécule inorganique qui imite la structure chimique d’un phosphate. En tant qu’analogue du phosphate, il influe sur l’activité des enzymes de transfert du radical phosphoryl, telles que les GTPases, les ATPases, les phosphohydrolyases, la phospholipase D.17
Le fluorure est également connu comme l’« activateur universel de la protéine G » en biochimie, c’est-à-dire qu’il peut activer toutes les familles de protéines G.18 Ainsi, l’AlFx transmet de faux messages qui sont ensuite amplifiés par l’entremise des diverses protéines G. Les protéines G sont des transducteurs cellulaires qui relaient et amplifient les signaux transmis de l’extérieur vers l’intérieur des cellules. Selon le rapport de 2006 du NRC2,[TRADUCTION] « L’aluminium combiné au fluorure en très petites quantités [0,5 mg/L] exerce des effets sur les éléments suivants : hormones thyroïdiennes; hormone de croissance; mélatonine; neurotransmetteurs; insuline/glucagon; prostaglandines; vasopressine, etc. ».
QUESTIONS
- Ce qui ressort clairement des publications scientifiques, c’est que le fluorure est une substance toxique qui ne devrait pas être ingérée. Qu’est-ce que Santé Canada considère comme une dose quotidienne sûre de fluorure, avec une marge de sécurité adéquate? Veuillez prendre en compte toutes les personnes susceptibles d’être exposées, notamment celles qui souffrent d’une affection thyroïdienne, d’une maladie rénale, les nourrissons, les enfants et les fœtus. Veuillez montrer vos calculs, vos justifications et références à l’appui de votre conclusion.
- Comment un citoyen canadien peut-il déterminer la dose quotidienne de fluorure provenant de toutes les sources? Veuillez montrer vos calculs et références pour justifier votre réponse.
- Santé Canada met en garde contre toutes les sources d’apport en fluorures : dentifrice, bain de bouche et suppléments pour les jeunes enfants de moins de six ans. Santé Canada invite également la population à ne pas donner de produits dentaires fluorés aux enfants : « Les enfants de moins de six ans devraient brosser leurs dents sous surveillance et ceux de moins trois ans, se faire brosser les dents par un adulte sans utiliser de dentifrice. » « Ne donnez jamais de bain de bouche ou de rince-bouche fluoré à des enfants de moins de six ans : ils risqueraient d’en avaler. » Dans « Monographie – Produits anticaries contenant du fluorure », Santé Canada déclare que les étiquettes des bains de bouche et des dentifrices contenant du fluorure doivent renfermer la mise en garde suivante d’ici 2009 : « Si une quantité plus importante que la dose utilisée pour le brossage est avalée par accident, consulter un médecin ou contacter immédiatement un centre anti-poison ». Pourquoi le fluorure de qualité pharmaceutique dans les dentifrices est-il considéré comme peu sûr alors que le fluorure à usage industriel dans l’eau est considéré comme sûr? Veuillez fournir des références.
- Pour la plupart des personnes aux États-Unis, la principale source alimentaire de fluorure est l’eau fluorée (NRC, 2006, p. 24). Pourquoi Santé Canada ne met-il pas la population en garde contre cette source de fluorure chez les jeunes enfants?
- Santé Canada croit-il qu’on peut limiter la dose quotidienne de fluorure qui est ingérée dans des aliments et boissons? Si oui, comment? Si non, comment justifiez-vous le fait de ne pas tenir compte de ces sources? Veuillez montrer vos calculs et références pour justifier votre réponse.
- Selon Santé Canada, on ne recommande plus la prescription de doses contrôlées de fluorure de qualité pharmaceutique sous la supervision d’un médecin. « Santé Canada ne recommande pas l’usage de suppléments de fluorure (sous forme de gouttes ou de comprimés). Cette recommandation est conforme à celles faites par la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI) de Santé Canada et l’Association canadienne de santé dentaire publique (ACSDP). » (http://www.hc-sc.gc.ca/iyh-vsv/environ/fluor_f.html). Pourquoi l’utilisation dans l’eau potable au Canada de doses non contrôlées d’acide hydrofluorosilicique, un fluorure de qualité industrielle qui n’est pas réglementé par le gouvernement fédéral du Canada (il n’a pas de DIN) est-elle encouragée par le Public Health Service et Santé Canada alors que des doses contrôlées de fluorures de qualité pharmaceutique ne sont pas recommandées? Santé Canada croit-il que l’administration de doses non contrôlées est préférable à celle de doses contrôlées?
- Des exemples de grands consommateurs d’eau tirés du rapport de 2006 du NRC montrent que de nombreuses personnes consomment plus de 5 mg/jour, alors que l’OMS indique que des effets sur les os sont susceptibles de survenir à de tels niveaux d’exposition. Santé Canada considère-t-il que ces personnes consomment une dose sûre?
- Le rapport de 2006 intitulé Fluoride in Drinking Water: A Scientific Review of EPA’s Standards contient une évaluation du risque qui montre que de nombreuses personnes consomment plus de 0,7 mg/jour et qu’un grand nombre d’entre elles (en particulier des femmes) risquent d’éprouver des effets au niveau de la thyroïde. Santé Canada est-il en désaccord avec cette évaluation du risque effectuée par ce comité du NRC en 2006? Si c’est le cas, quels sont les points de divergence et pourquoi? Si vous êtes d’accord, pourquoi Santé Canada affirme-t-il que les concentrations recommandées sont sûres pour tous? Veuillez fournir des références pour justifier vos conclusions.
RÉFÉRENCES
- Rose D, Marier JR. Environmental Fluoride 1977 Associate Committee on Scientific Criteria for Environmental Quality. National Research Council, Canada, 1977.
- NRC (National Research Council). 2006. Fluoride in Drinking Water: A Scientific Review of EPA’s Standards. Washington, DC: The National Academies Press. [Available at http://www.nap.edu/catalog/]
- A Toxicological Profile by the U.S. Dept. of Health and Human Services, Public Health Service, Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR) TP – 91/17, Pages 3-4, Section 1.2, Paragraph 7 (Public Health Statement), April 1993.
- Rapport préparé pour le ministre de l’Environnement par le Comité aviseur sur la fluoruration des eaux de consommation. Les fluorures, la fluoration et la qualité de l’environnement, novembre 1979.
- Morin JP, Remington Graham J, Parent G. La fluoration : Autopsie d’une erreur scientifique. Berger. 2005, chapitre 7.
- World Health Organization Geneva, 2002 Environmental Health Criteria 227. http://www.intox.org/databank/documents/chemical/fluoride/ehc227.htm
- Martin DJ. Fluoride Content of vegetables cooked in fluoride containing water. J Dent Res 30:676.
- Bassin EB, Wypij D, Davis RB, Mittleman MA. (2006). Age-specific fluoride exposure in drinking water and osteosarcoma (United States). Cancer Causes and Control 17: 421-8
- Reeves TG (1996) Status and strategic plans for fluoridation: Centers for Disease Control. J Public Health Dent 56:242–245.
- Smith G.E., Fluoride and bone : an unusual hypothesis. Xenobiotica. 1985 15(3):177-186.
- Gray AS. Time for a new base line? 1987 J. Canadian Dent Assoc 10:763-765.
- [TRADUCTION] « Dans l’ensemble, 86,8 % de la dose a été retenue en moyenne par les nourrissons, ce qui est environ 50 % de plus que ce à quoi on s’attendrait chez les adultes […]. Il est clairement nécessaire de disposer de plus d’information sur le métabolisme rénal et général du fluorure chez les jeunes enfants […] ». Whitford GM. (1994). Intake and metabolism of fluoride. Advances in Dental Research 8:5-14.
- Cox, W.R. 1953. Hello test Animals... Chinchillas or You and Children. Olsen Publ. Co., Milwaukee. Wis.
- Justus CJ, Krook LP. (2006). Allergy in horses from artificially fluoridated water. Fluoride 39:89-94.
- Krook LP, Justus C. 2006 Fluoride poisoning of horses from artificially fluoridated drinking water. Fluoride 39(1)3–10.
- [TRADUCTION] « L’effet prédominant du fluorure survient après l’éruption des dents et est topique. » MMWR Weekly Report. Vol 50, No. RR-14, August 17, 2001, p. 4. « Les propriétés anticaries du fluorure ont été attribuées initialement à des changements dans l’émail durant le développement des dents à cause de l’association entre le fluorure et les changements cosmétiques dans l’émail et de la croyance selon laquelle le fluorure incorporé dans l’émail durant le développement des dents rendrait l’émail plus résistant aux acides. Des études épidémiologiques et des recherches en laboratoire indiquent cependant que le fluorure prévient la carie dentaire surtout après l’éruption des dents et que son action est principalement topique chez les adultes comme chez les enfants. » MMWR Weekly Report. 1999;48:933-940. Les CDC affirment également que la concentration de fluorure dans l’eau potable est trop faible pour avoir un effet topique. « Des études ont montré que même une goutte contenant 0,2 mg/L de moins que le niveau optimal (de fluorure) peut réduire grandement les avantages sur le plan dentaire. » CDC Fluoridation Course 3017-G, p. 8, par. 3. Selon les estimations des CDC, la concentration de fluorure en Ontario devrait être de 1,2 mg/L. D’après les propres calculs des CDC, les concentrations (0,5-0,8 mg/L) recommandées par le ministère de l’Environnement sont inefficaces.
- Strunecka A, Patocka J, Blaylock RL, Chinoy N. 2007 Fluoride Interactions: From Molecules to Disease. Current Signal Transduction Therapy 2: 190-213.
- Li L. (2003). The biochemistry and physiology of metallic fluoride: action, mechanism, and implications. Critical Reviews of Oral Biology and Medicine 41(2):100-14.
- Wittinghofer, A. 1997 Signaling mechanistics: aluminium fluoride for molecule of the year. Current Biology 7:R682-5.
- Daemker, DM, Dey, DB. Evidence for fluoride effects on salmon passage at John Day Dam, Columbia River 1982-1986, North American Journal of fisheries management, 1989, 9:154-162.
- Dave G. Effects of fluoride on growth reproduction and survival in Daphnia magna, Comparative Biochemistry and Physiology, 78c(2) 425-431 (1984).
Réponse conjointe : Agence de santé publique du Canada, Santé Canada
25 Août 2008
Docteur James S. Beck, M.D., Ph.D.
4959, Vantage Crescent NW
Calgary (Alberta) T3A 1X6
Docteur,
La présente fait suite à votre Pétition en matière d’environnement no 244 du 18 avril 2008 adressée à M. Ronald C. Thompson, l’ancien commissaire provisoire à l’environnement et au développement durable (CEDD).
Dans votre pétition, vous souleviez des préoccupations concernant l’ajout de produits chimiques de fluoruration à l’eau potable du point de vue de l’innocuité, de la toxicité et de l’efficacité de ces substances.
Vous trouverez ci-joint la réponse de Santé Canada et de l’Agence de la santé publique du Canada à votre pétition.
Je vous remercie de l’intérêt que vous portez à cette question importante et j’espère que l’information ci-jointe vous sera utile.
Veuillez agréer, Docteur, l’expression de mes salutations distinguées.
[document original signé par Tony Clement, ministre de la Santé et ministre de l’Initiative fédérale du développement économique dans le Nord de l’Ontario]
Tony Clement
Pièce jointe
c.c. : M. Scott Vaughan, CEDD
Réponse à la
Pétition en matière d’environnement no 244 déposée par M. James S. Beck
en vertu de l’article 22 de la Loi sur le vérificateur général
et reçue le 18 avril 2008
Pétition visant l’abandon de l’ajout de substances toxiques à notre eau potable (fluorures inorganiques, arsenic inorganique et plomb)
30 août 2008
Ministre de la Santé et ministre responsable de l’Initiative fédérale de développement économique pour le Nord de l’Ontario
Contexte
Santé Canada travaille avec les provinces et les territoires à l’élaboration des Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada. Les Recommandations sont par la suite utilisées par l’ensemble des provinces et des territoires comme fondement pour définir leurs propres exigences relativement à la qualité de l’eau potable. Le fluorure est l’une des nombreuses substances pour lesquelles une recommandation a été formulée. La concentration maximale admissible (CMA) pour le fluorure a été fixée en tenant compte de toutes les sources d’exposition au fluorure, y compris les aliments et les produits d’hygiène dentaire. Au Canada, la fluoruration des réserves d’eau potable relève d’une décision prise par chaque municipalité, en collaboration avec l’autorité provinciale ou territoriale concernée. Cette décision peut également faire suite à une consultation auprès des résidents, souvent par l’entremise d’un référendum.
Le fluorure se retrouve naturellement dans de nombreuses sources d’eau au Canada. Il peut aussi être ajouté à l’eau potable comme mesure de santé publique pour protéger la santé dentaire et prévenir ou réduire les caries. La fluoruration des réserves d’eau potable est une mesure bien acceptée de protection de la santé publique qui est appuyée par de solides preuves scientifiques. Le fluorure est utilisé internationalement pour protéger la santé dentaire. Il est ajouté à des réserves publiques d’eau potable partout dans le monde depuis plus de cinquante ans comme mesure de santé publique et de santé dentaire. L’utilisation du fluorure pour prévenir la carie dentaire reçoit toujours l’appui de plus de 90 organisations sanitaires professionnelles nationales et internationales, dont Santé Canada, l’Association dentaire canadienne, l’Association médicale canadienne, l’Organisation mondiale de la Santé et la Food and Drug Administration des États-Unis.
Dans le cadre de son examen continu des effets sur la santé de l’exposition au fluorure dans l’eau potable, Santé Canada a réuni un groupe d’experts en janvier 2007 pour présenter des conseils et des recommandations se fondant sur l’état actuel de la science pertinente du point de vue de la fluoruration de l’eau. Des conseils ont été demandés au groupe d’experts sur cinq enjeux précis : apport quotidien total en fluorure; fluorose dentaire; autres effets sur la santé; évaluation des risques; risques et avantages de la fluoruration de l’eau potable. Les discussions portaient sur des analyses documentaires sur des sujets précis qui ont été produites et présentées par certains des experts invités.
Le rapport produit par le groupe d’experts contribuera à étoffer l’élaboration d’une recommandation à jour sur le fluorure pour l’eau potable au Canada en nous assurant que notre analyse est fondée sur les données scientifiques les plus récentes. Le rapport du groupe d’experts a été affiché sur Internet à l’adresse suivante : http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/pubs/water-eau/2008-fluoride-fluorure/index-fra.php.
Santé Canada continuera de suivre de près la science et d’examiner les nouveaux rapports et articles scientifiques qui explorent des liens possibles entre le fluorure et divers effets sur la santé dans le but de garantir la protection de la santé de la population canadienne.
- Il ressort clairement des documents de recherche que le fluorure est une substance toxique qui ne devrait pas être ingérée. Qu’est-ce qui constitue, selon Santé Canada, une dose quotidienne de fluorure sûre et une marge de sécurité adéquate? Veuillez tenir compte de tous les receveurs possibles, y compris les personnes souffrant d’une maladie thyroïdienne ou d’une maladie du rein, les bébés, les enfants et les fœtus. Veuillez indiquer les calculs, les justifications et les références utilisés dans le cadre de votre analyse.
Santé Canada utilise une approche fondée sur la population pour le processus d’évaluation des risques. Des recommandations sur l’eau potable sont élaborées dans le but de protéger la sous-population la plus à risque; par conséquent, elles assurent la protection de l’ensemble des Canadiens. Le fluorure est un minéral nutritif utilisé par le corps humain pour préserver la santé dentaire. La sous-population la plus touchée par l’exposition au fluorure se compose des jeunes enfants de 22 à 26 mois; il s’agit également de la sous-population utilisée pour définir une recommandation sur l’eau potable assurant la protection de tous les Canadiens. Les données visant à valider ou à réfuter une susceptibilité accrue au fluorure chez n’importe quelle sous-population autre que celle se composant des jeunes enfants sont très limitées. Aucune donnée ne laisse entendre que l’exposition au fluorure à la concentration maximale admissible canadienne de 1,5 mg/L entraînerait des effets indésirables chez les sous-populations potentiellement sensibles.
- Comment un citoyen canadien peut-il calculer la dose quotidienne de fluorure provenant de l’ensemble des sources? Veuillez indiquer les calculs et les références justifiant votre réponse.
Le calcul de la dose quotidienne de n’importe quel élément nutritif précis provenant de l’ensemble des sources sur une base individuelle est compliqué puisqu’il dépend d’un certain nombre de facteurs tels que les suivants : le niveau de fluorure dans l’eau que vous buvez et que vous utilisez pour cuisiner et la quantité consommée; la quantité de fluorure dans vos aliments et la quantité consommée; la quantité de fluorure de tout complément alimentaire ou vitamine consommé; etc. Si un citoyen canadien souhaite calculer la dose quotidienne de fluorure provenant de l’ensemble des sources, il doit tenir un journal détaillé de ce qu’il consomme, avoir accès à un laboratoire pouvant analyser ses échantillons et obtenir probablement le soutien d’un professionnel qualifié pour l’aider à définir toutes les variables pouvant avoir une incidence sur sa dose quotidienne.
- Santé Canada met en garde contre toutes les sources d’ingestion de fluorure allant du dentifrice au rince-bouche, en passant par les compléments, chez les jeunes enfants de moins de six ans. Santé Canada avise également le public de ne pas donner de produits dentaires fluorés aux enfants : « Les enfants de moins de six ans devraient brosser leurs dents sous surveillance et ceux de moins de trois ans, se faire brosser les dents par un adulte, sans utiliser de dentifrice. » « Ne donnez jamais de bain de bouche ou de rince-bouche fluoré à des enfants de moins de six ans : ils risqueraient d’en avaler. » La « Monographie – Produits anticaries contenant du fluorure » de Santé Canada stipule que l’avertissement suivant devra être affiché sur les étiquettes des rince-bouche et des dentifrices contenant du fluorure d’ici 2009 : « Si une quantité plus importante que la dose utilisée pour le brossage est avalée par accident, consulter un médecin ou contacter immédiatement un centre antipoison. » Pourquoi le fluorure de catégorie pharmaceutique provenant du dentifrice est-il jugé dangereux tandis que le fluorure de catégorie industrielle provenant de l’eau est considéré comme étant sans danger? Veuillez fournir des références.
Les avertissements sur l’exposition au fluorure et l’ingestion de fluorure par des enfants, que l’on trouve dans la « Monographie – Produits anticaries contenant du fluorure » de Santé Canada tiennent compte du fait que la catégorie pharmaceutique peut présenter certains risques selon l’âge de la sous-population et la façon dont le produit est utilisé. Par ailleurs, les avertissements sur le potentiel d’exposition accidentelle sont jugés utiles à titre indicatif pour le consommateur puisque ce dernier est mieux informé et sait ce qu’il doit faire si une telle situation survient.
Les références qui ont été citées, en plus des énoncés d’une norme d’étiquetage ou d’une monographie (Norme d’étiquetage : Gels et rinces au fluorure à usage thérapeutique à l’intention du public. 2003-01-15; Monographie – Produits anticaries contenant du fluorure, 16 août 2007), sont notées ci-après :
FDA 1995: USA Department of Health and Human Services, Food and Drug Administration. 21 CFR Part 355. Anticaries Drug Products for Over-the-Counter Human Use, Final Monograph. 1995. [Document consulté le 17-05-2007]. Disponible à l’adresse suivante : www.fda.gov/cder/otcmonographs/Anticaries/anticaries(355).pdf.
Smith, RG. Prevention of hygiene-related oral disorders. Dans : Berardi RR, DeSimone II EM, Newton GD, Oszko MA, Popovich NG, Rollins CJ, Shimp LA et KJ Tietze, éd. Handbook of Nonprescription Drugs: An Interactive Approach to Self-care, 13e édition. Washington (DC) : American Pharmaceutical Association; 2002.
ADC 2005b : Association dentaire canadienne. Position de l’ADC sur l’utilisation des fluorures pour la prévention des caries. 2005. [Document consulté le 17-05-2007]. Disponible à l’adresse suivante : www.cda-adc.ca/_files/position_statements/f_fluorides.pdf
- [Traduction] « La principale source alimentaire de fluorure de la plupart des Américains est l’eau fluorée… » (NRC 2006, p. 24). Pourquoi Santé Canada ne diffuse-t-il pas une mise en garde contre cette source d’ingestion de fluorure chez les jeunes enfants?
- Selon Santé Canada, la prescription de doses contrôlées de fluorure de catégorie pharmaceutique, sous la supervision d’un médecin, n’est plus recommandée. « Santé Canada ne recommande pas l’usage de suppléments de fluorure (sous forme de gouttes ou de comprimés). Cette recommandation est conforme à celles faites par la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada (DGSPNI) et l’Association canadienne de santé dentaire publique (ACSDP). » (http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/environ/fluor-fra.php) Pourquoi l’utilisation de doses non contrôlées d’acide fluorosilicique, un fluorure de catégorie industrielle qui n’est pas réglementé par notre gouvernement fédéral (il n’a pas de DIN), est-elle préconisée dans notre eau potable au Canada par le service de santé publique et Santé Canada alors que des doses contrôlées de fluorures de catégorie pharmaceutique ne sont pas recommandées? Santé Canada croit-il que l’administration de doses non contrôlées est préférable à celle de doses contrôlées?
Réponses aux questions 4 et 6
L’eau potable fluorée n’est pas une source d’exposition à des composés de fluorosilicate comme l’acide fluorosilicique. Une fois ajoutés à l’eau, les composés de fluorosilicate se décomposent rapidement et complètement par hydrolyse pour libérer des ions fluorures, ce qui signifie que l’eau potable n’est pas une source d’exposition à ces composés. Il est également important de noter les concentrations importantes de fluorure dans les dentifrices, qui se situent entre 1 000 et 1 500 ppm.
Santé Canada a tenu compte de l’exposition au fluorure provenant de l’ensemble des sources pour calculer les concentrations maximales admissibles et optimales dans l’eau potable. Pour en savoir plus, veuillez consulter le document technique de la Recommandation sur le fluorure qui se trouve sur le site Web de Santé Canada (http://www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/pubs/water-eau/fluoride-fluorure/index-fra.php).
L’eau qui est fluorée à un niveau optimal ne pose pas de problème pour ce qui est de la fluorose modérée chez tous les groupes d’âge. C’est plutôt l’utilisation de compléments de fluor et l’ingestion de dentifrice fluoré pendant les âges critiques qui est inquiétante. Par conséquent, Santé Canada recommande de prendre les mesures suivantes pour réduire au minimum l’exposition chez les jeunes enfants :
- Ne donnez jamais de bain de bouche ou de rince-bouche fluoré à des enfants de moins de six ans : ils risqueraient d’en avaler.
- Parlez avec votre dentiste avant d’utiliser du rince-bouche au fluorure.
- Santé Canada ne recommande pas l’usage de suppléments de fluorure (sous forme de gouttes ou de comprimés). Cette recommandation est conforme à celles faites par la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (DGSPNI) de Santé Canada et l’Association canadienne de santé dentaire publique (ACSDP).
- Assurez-vous que la quantité de dentifrice utilisée par vos enfants n’excède pas la taille d’un petit pois et apprenez-leur à ne pas avaler le dentifrice. Les enfants de moins de six ans devraient brosser leurs dents sous surveillance et ceux de moins de trois ans, se faire brosser les dents par un adulte, sans utiliser de dentifrice.
Pour en savoir plus, veuillez consulter la publication Votre santé et vous qui se trouve sur le site Web de Santé Canada (http//www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/environ/fluor-fra.php).
- Santé Canada croit-il qu’une personne peut contrôler la dose quotidienne de fluorure ingérée en raison du fluorure contenu dans les aliments et les boissons? Dans l’affirmative, comment? Dans la négative, comment pouvez-vous expliquer que de telles sources ont été ignorées? Veuillez indiquer les calculs et les références justifiant votre réponse.
Santé Canada a tenu compte de l’exposition au fluorure provenant de l’ensemble des sources pour calculer les concentrations maximales admissibles et optimales dans l’eau potable. Pour en savoir plus, veuillez consulter le document technique de la Recommandation sur le fluorure qui se trouve sur le site Web de Santé Canada (http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/environ/fluor-fra.php).
- Des exemples de grands consommateurs d’eau présentés dans le document NRC 2006 font ressortir que de nombreux individus consomment plus de 5 mg/jour, alors que l’OMS stipule que des effets sur les os peuvent se faire ressentir en raison d’une telle exposition. Selon Santé Canada, la dose consommée par ces individus est-elle sûre?
Il est inopportun pour Santé Canada de formuler des commentaires sur des expositions possibles dans d’autres pays, notamment parce que les niveaux admissibles dans ces pays sont beaucoup plus élevés que ceux établis au Canada. Nos conclusions se fondent sur des examens scientifiques exhaustifs réalisés à l’interne portant sur des études scientifiques originales pertinentes qui sont publiées dans des revues reconnues internationalement qui font l’objet d’un examen par les pairs.
- Le document intitulé Fluoride in Drinking Water: A Scientific Review of EPA’s Standards, publié en 2006, présente une évaluation des risques qui illustre que bon nombre de personnes consomment davantage que 0,7 mg/jour alors que bon nombre d’entre elles (en particulier les femmes) peuvent être vulnérables aux maladies de la thyroïde. Santé Canada est-il en désaccord avec l’évaluation des risques réalisée par le NRC Committee (2006)? Dans ce cas, sur quels points et pourquoi? Si Santé Canada est d’accord, pourquoi insiste-t-il pour dire que les niveaux de concentration recommandés sont sûrs pour tout le monde? Veuillez fournir les références que vous avez utilisées pour tirer vos conclusions.
Conformément à ce qui a été mentionné précédemment, Santé Canada utilise une approche fondée sur la population pour le processus d’évaluation des risques; par conséquent, il élabore des recommandations sur l’eau potable en fonction de la sous-population la plus à risque. La sous-population la plus touchée par l’exposition au fluorure se compose des jeunes enfants de 22 à 26 mois; il s’agit également de la sous-population utilisée pour définir une recommandation sur l’eau potable assurant la protection de tous les Canadiens. Aucune donnée ne laisse entendre que l’exposition au fluorure à la concentration maximale admissible canadienne de 1,5 mg/L entraînerait des effets indésirables chez les grands consommateurs d’eau potable.
Il est inopportun pour Santé Canada de formuler des commentaires sur l’opinion ou la position d’individus ou d’organismes. Les conclusions de Santé Canada se fondent sur des examens scientifiques exhaustifs réalisés à l’interne portant sur des études scientifiques originales pertinentes qui sont publiées dans des revues reconnues internationalement qui font l’objet d’un examen par les pairs.
