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Accounting Students Education Contribution (ASEC) École de comptabilité, Université de Waterloo Série « Distinguished Speaker »

Notes pour une allocution de Sheila Fraser, FCA, Vérificatrice générale du Canada, le 19 septembre 2002, Waterloo (Ontario)


Bonjour tout le monde! Je vous remercie de m'avoir si bien présentée.

Je suis très heureuse et honorée d'avoir été invitée à participer à la série Distinguished Speakers. J'aimerais remercier l'ASEC de cette invitation.

Le fait d'être ici dans cette salle me rappelle mes propres études en comptabilité, et je me rends compte à quel point les choses ont changé. En 1972, quand j'ai obtenu mon diplôme en administration de l'Université McGill, ma classe de comptabilité ne comptait que 35 étudiants, et 5 seulement étaient des femmes.

Aujourd'hui, vous avez la chance d'étudier dans une école qui se consacre à la profession comptable. Une école qui offre un éventail impressionnant de programmes, menant jusqu'au doctorat. Une école qui vous donne les outils pour choisir un large éventail de carrières dans les secteur public et privé, ou dans le milieu universitaire. Une école qui compte plus que cinq étudiantes!

Comme vous le savez probablement, le thème de ma conférence d'aujourd'hui est la comptabilité et l'obligation de rendre compte. C'est bien plus qu'un jeu de mots.

Ces deux expressions résument l'essence même de la profession comptable, son importance et la raison pour laquelle vous, la prochaine génération d'experts-comptables, pourrez jouer un rôle aussi important dans notre pays.

La comptabilité est une profession, mais c'est aussi une vocation. Elle attire des gens qui s'engagent à demander des comptes aux personnes et aux institutions, au nom des actionnaires ou du public. Il faut aussi croire qu'on peut faire une différence.

Mon parcours

Aujourd'hui, j'aimerais vous parler de mon propre parcours — depuis mes études en comptabilité en passant par le secteur privé jusqu'au Bureau du vérificateur général du Canada. Plus particulièrement, j'aimerais vous parler du rôle que joue le Bureau pour tenir le gouvernement responsable envers le Parlement. Je vous parlerai aussi des récents scandales de la comptabilité aux États-Unis. Et j'en profiterai, je l'admets, pour faire un peu de publicité pour le Bureau — nous sommes toujours à la recherche de personnes brillantes et talentueuses qui voudraient se joindre à notre équipe.

Au sujet de mon parcours, je n'avais jamais envisagé de devenir comptable. J'ai commencé à étudier en sciences, mais en deuxième année, je trouvais que les mathématiques étaient trop théoriques à mon goût. C'est mon médecin de famille qui m'a suggéré d'essayer la comptabilité. Je l'ai fait et je ne l'ai jamais regretté.

Quand j'ai obtenu mon baccalauréat en administration de l'Université McGill en 1972, j'ai été embauchée par Clarkson Gordon, qui est devenu Ernst and Young. Sur les 150 comptables du bureau de Montréal, il n'y avait que quelques femmes. Deux ans plus tard, je suis devenue comptable agréée, et les portes ont commencé à s'ouvrir.

Mon nouveau titre m'a aidée à obtenir une promotion et à devenir gestionnaire en 1976. Une année plus tard, j'ai été mutée au bureau du cabinet à Québec. J'étais alors responsable d'un large éventail de clients du secteur privé et du secteur public.

En 1981, j'ai été la deuxième femme à devenir associée du cabinet. Deux années plus tard, j'ai eu mon premier enfant. J'ai été également la première associée à avoir un enfant, non seulement au Canada, mais aussi aux États-Unis et au Royaume-Uni.

C'était une telle nouveauté que le cabinet n'avait pas encore prévu de congés de maternité pour les associés. Inutile de vous dire qu'il y en a maintenant.

J'ai passé 27 ans dans ce cabinet. En 1999, je suis entrée au Bureau du vérificateur général du Canada comme sous-vérificatrice générale des Opérations de vérification. En 2001, j'ai été nommée vérificatrice générale du Canada — la première femme à occuper ce poste.

Je me sens très privilégiée d'exercer ces fonctions. La vérificatrice générale joue un rôle important dans notre régime de gouvernement démocratique. Et ce poste me donne l'occasion d'essayer de faire une différence dans la vie des Canadiens et des Canadiennes.

Ce poste me donne aussi une occasion extraordinaire d'apprendre. Je n'exagère nullement quand je dis que j'apprends quelque chose de nouveau tous les jours.

L'une des principales choses que j'ai découverte lorsque je suis entrée au Bureau — et c'est là un message que j'essaie de communiquer dans des occasions comme celles-ci — est que le Bureau du vérificateur général ne fait pas que de la comptabilité — il s'occupe de l'obligation de rendre compte.

Il est évident que nous faisons de la comptabilité et de la vérification au sens traditionnel, mais nous en faisons pour une raison — pour veiller à ce que le gouvernement rende des comptes aux Canadiens et aux Canadiennes.

Dans notre régime politique, le Parlement, le gouvernement et la fonction publique ont la garde des fonds publics qui leur sont confiés pour assurer des programmes et des services aux Canadiens et aux Canadiennes.

Une partie importante de la confiance qu'ont les gens à l'égard de nos institutions démocratiques tient à ce qu'ils croient que les fonds publics sont dépensés de manière judicieuse et efficace.

L'argent dépensé doit être optimisé, et il doit l'être conformément aux autorisations. De plus, la gérance environnementale doit être assurée — et cela doit être perçu comme tel.

La confiance placée dans notre gouvernement national dépend énormément de la clarté et de la rapidité avec laquelle le gouvernement rend compte de son rendement.

En tant que bureau de vérification législative, notre travail consiste à vérifier les opérations gouvernementales. Nous fournissons au Parlement l'information objective et impartiale dont il a besoin pour tenir le gouvernement responsable de l'intendance des fonds publics.

C'est la raison pour laquelle il est essentiel que la vérificatrice générale soit indépendante du gouvernement.

Trois mesures de sauvegarde essentielles protègent cette indépendance. Premièrement, la vérificatrice générale est nommée pour un mandat de dix ans et peut recruter elle-même son personnel. Deuxièmement, j'ai le droit de demander au gouvernement toute information dont j'ai besoin pour accomplir mon travail. Enfin, je présente mes rapports directement à la Chambre des communes, par l'entremise du Président de la Chambre.

Le poste de vérificateur général existe depuis 1878 — depuis presque aussi longtemps que la Confédération elle-même. La majeure partie du temps, le principal rôle du Bureau a consisté à vérifier les livres du gouvernement, mais en 1977, son mandant a été élargi considérablement.

En plus de vérifier l'exactitude des états financiers, nous avons obtenu le pouvoir d'effectuer des vérifications de l'optimisation des ressources, qui portent sur les trois « E » de l'activité gouvernementale : l'économie, l'efficience et l'efficacité.

En 1995, un quatrième « E » a été ajouté : l'environnement. Le Parlement a créé le poste de commissaire à l'environnement et au développement durable au sein du Bureau du vérificateur général.

La commissaire, Johanne Gélinas, et son personnel évaluent la mesure dans laquelle le gouvernement fédéral remplit ses promesses de protéger l'environnement et de promouvoir le développement durable.

Beaucoup de gens ignorent que nous jouons ce rôle important dans le domaine de la vérification environnementale, et je vous en reparlerai un peu plus tard.

Avant d'entrer au Bureau, je ne mesurais pas la pleine portée de son travail. Comme moi, vous serez peut-être surpris d'apprendre que le Bureau vérifie près de 70 ministères et organismes fédéraux, 40 sociétés d'État, 11 établissements ministériels et 60 autres entités.

Il effectue aussi des vérifications spéciales. De plus, nous vérifions les gouvernements des trois territoires et quelque 15 organismes territoriaux, et plusieurs organisations des Nations Unies, dont l'UNESCO.

C'est un travail colossal qui exige une équipe de quelque 600 personnes. Nous examinons la plupart des secteurs du gouvernement — toutes les activités allant de la gestion des ressources humaines au ministère de la Défense nationale à la protection du saumon du Pacifique, en passant par l'éducation des enfants autochtones jusqu'à la salubrité des aliments.

La vérification est notre secteur d'activité. C'est un secteur d'activité où nous sommes un gros joueur. De fait, quand nous nous comparons aux grands cabinets comptables canadiens, quant au nombre d'employés, nous sommes le sixième au Canada.

Nous produisons quatre rapports de vérification de l'optimisation des ressources par année pour le Parlement, y compris le rapport de la commissaire à l'environnement et au développement durable. Chaque rapport comprend plusieurs chapitres, qui touchent un éventail de questions.

Par exemple, en avril dernier, notre rapport comportait des chapitres sur les nouveaux mécanismes de prestation des services qui placent les fonds publics hors de portée du Parlement, ainsi que sur la sécurité des technologies de l'information.

Pour vous donner une certaine idée de l'étendue et de la variété de notre travail, j'aimerais insister sur deux questions essentielles qui sont ressorties de ces chapitres.

La première est une question qui me préoccupe énormément — et qui devrait préoccuper les contribuables canadiens. Je veux parler de l'érosion du contrôle parlementaire sur des milliards de dollars de fonds publics. Cela met clairement en danger la notion de gouvernement responsable.

La deuxième question pourrait vous intéresser particulièrement, vous qui faites partie de la génération qui utilise les ordinateurs et les technologies de l'information en grand nombre. Grâce à Internet, vous vivez dans un monde où l'information est à la portée de la main. C'est aussi un monde où la sécurité des technologies de l'information est de plus en plus menacée par des virus et des cyberattaques.

En fait, les systèmes d'information du gouvernement ne sont pas aussi sécuritaires que vous pourriez le croire. Et l'information personnelle au sujet de la population canadienne n'est peut-être pas très bien protégée.

L'érosion du contrôle parlementaire sur les fonds publics

Mais tout d'abord, reparlons de l'obligation de rendre compte…

Pour qu'un gouvernement rende des comptes, il faut que les députés soient en mesure d'approuver les plans de dépenses du gouvernement et d'examiner les résultats de ces dépenses.

Nos travaux de vérification ont révélé que le gouvernement met de plus en plus souvent de côté ce principe essentiel. Nous avons examiné des mécanismes où des milliards de dollars des contribuables sont dépensés sans exigences en matière de reddition de comptes au Parlement.

Je vais vous expliquer cela…

Traditionnellement, les ministères, les organismes et les sociétés d'État assurent leurs propres programmes. Ils rendent compte directement aux ministres et sont responsables envers eux.

Il en est toujours ainsi dans la plupart des cas. Cependant, au cours de la dernière décennie, le gouvernement fédéral a encouragé les ministères à améliorer la prestation des services. Cela a conduit à la création d'un éventail de nouvelles structures et de mécanismes de prestation.

Cela veut dire que les fonctionnaires ne sont plus les seuls à assurer des services au public. Le travail se fait avec des associés, ou parfois même entièrement délégué à des entités de l'extérieur. Dans certains cas, le gouvernement a simplement transféré la gestion au secteur privé.

Je ne suis pas opposée à ces nouveaux mécanismes de prestation des services — pourvu que la reddition de comptes fondamentale soit assurée.

Au cours des dernières années, le gouvernement s'est de plus en plus servi de fondations pour atteindre des buts précis. Ces fondations se sont vu confier la responsabilité de milliards de dollars de fonds des contribuables. Cela a eu pour effet de mettre les fonds publics hors de portée du Parlement.

Au cours des cinq dernières années, le gouvernement a transféré sept milliards de dollars à neuf fondations. Parmi ces fondations, les plus importantes sont la Fondation canadienne pour l'innovation et la Fondation des bourses d'études du millénaire. L'idée était d'encourager l'innovation et d'aider les étudiants à assumer les coûts de l'éducation postsecondaire.

Deux choses me préoccupent fort au sujet de ces transferts.

Tout d'abord, le gouvernement a passé les sept milliards de dollars en charges dans ses comptes, ce qui lui a permis de déclarer un excédent annuel plus faible.

Cependant, ces fonds n'ont pas été dépensés. Notre vérification a révélé qu'au 31 mars 2001, seule une petite partie des sept milliards de dollars avait été utilisée aux fins auxquelles elle devait servir. Une très petite partie de cet argent avait été remise aux bénéficiaires prévus comme les innovateurs et les étudiants. J'ai attiré l'attention du Parlement sur cette question et j'ai encouragé le gouvernement à revoir ses conventions comptables.

En deuxième lieu, et ce qui est encore plus important, c'est que ces nouveaux modes de prestation des services minent la capacité du Parlement d'examiner l'utilisation des fonds publics. Il n'y a à peu près pas ou pas du tout de reddition de comptes au Parlement et le gouvernement ne lui dit pas non plus comment il a utilisé ces fonds.

Le Parlement a manifesté de l'inquiétude au sujet de ces mécanismes et un comité sénatorial a entrepris une étude de la question. Il reste à voir si l'étude se poursuivra étant donné la prorogation du Parlement et le début d'une nouvelle législature cet automne.

Le Parlement doit obtenir l'assurance que ces mécanismes contiennent les éléments essentiels de l'obligation de rendre compte. Je continuerai à surveiller la situation de près.

Sécurité des technologies de l'information

Passons maintenant à la sécurité des systèmes de technologies de l'information du gouvernement…

La plupart d'entre vous ont probablement déjà eu un virus sur votre ordinateur. Au mieux, c'est embêtant. Au pire, il peut causer des dommages importants.

Sur une large échelle, le coût des virus et des autres cyberattaques est énorme. Vous souvenez-vous du virus « I love you ». Les réparations et les pertes de productivité associées à ce virus à lui seul ont coûté une somme estimée à 8,7 milliards de dollars américains. La valeur de l'information perdue sera peut-être impossible à déterminer.

Les cyberattaques menacent notre économie. Et comme les systèmes d'information sont un aspect essentiel à notre infrastructure, ces attaques posent une grave menace pour la sécurité nationale. Après les événements tragiques du 11 septembre 2001, nous ne pouvons nous permettre de nous reposer sur nos lauriers.

Aux États-Unis, le nombre de cyberattaques déclarées entre 1999 et 2001 ont plus que quintuplé. Nous n'avons pas ce genre de données au Canada. Mais notre travail montre une tendance semblable. En août 2001 seulement, 10 000 cyberattaques ont été signalées au Canada.

Le gouvernement canadien investit beaucoup d'argent, de ressources humaines, de temps et d'efforts pour devenir un chef de file de ce qu'on appelle le cyber-gouvernement ou gouvernement en direct. En théorie, améliorer l'accès en ligne aux programmes et aux services gouvernementaux PEUT améliorer la prestation des services.

Mais avant que les Canadiens et les Canadiennes ne se mettent à faire des affaires en ligne avec le gouvernement, ils voudront avoir l'assurance que les systèmes sont sécuritaires. Ils voudront savoir que les renseignements personnels sont protégés adéquatement.

Le problème est que ces systèmes ne sont peut-être pas aussi sécuritaires qu'ils le devraient, ce qui pourrait rendre les renseignements personnels vulnérables.

Je vais vous parler de deux principales constatations de notre vérification de la sécurité des technologies de l'information :

Premièrement, des normes désuètes mettent nos systèmes de technologies de l'information à risque. C'est pourquoi nous avons recommandé fortement au gouvernement d'accélérer le rythme. Nos systèmes d'information, nos réseaux et nos données doivent être protégés maintenant!

Je suis heureuse de dire que le gouvernement travaille dans cette voie. Une politique révisée sur la sécurité du gouvernement est entrée en vigueur en février dernier. Elle fournit un cadre solide pour assurer la sécurité dans tout le gouvernement.

Mais sans des normes à jour, la politique a peu d'effet. L'initiative de la sécurité informatique pourrait fort bien ne pas être menée à terme.

Notre vérification a révélé aussi que les ministères n'arrivent pas à bien surveiller la sécurité informatique. De fait, ils ne savent même pas si la sécurité qu'ils ont mise en place est acceptable. Ils ne savent pas non plus comment mesurer les progrès futurs.

Le gouvernement a approuvé généralement les recommandations de notre vérification. Cela n'est pas en soi garant d'actions, évidemment. Nous le surveillerons donc de près pour veiller à ce qu'il donne suite à ses promesses.

Ce genre de surveillance postérieure à la vérification est essentiel à notre crédibilité.

Au cours des prochaines semaines, nous publierons un nouveau rapport, Le Point, qui mettra l'accent sur la suite donnée à quelques-unes des nombreuses recommandations que nous avons faites dans nos rapports de vérification antérieurs. Lisez les nouvelles qui paraîtront à ce sujet ou allez voir notre site Web.

Pendant près de 125 ans, le Bureau du vérificateur général a bien servi la population canadienne. La confiance du Parlement et du public canadien est essentielle à notre succès.

Le scandale d'Enron

Ce qui m'amène à vous parler de la confiance ébranlée envers la profession de vérificateur.

Je suis certaine que bon nombre d'entre vous ont suivi les reportages sur l'effondrement d'Enron.

On me demande souvent de comparer l'affaire Enron avec les activités financières du gouvernement du Canada.

Il existe tout un monde de différences entre une société inscrite à la bourse aux États-Unis et le gouvernement du Canada. Il existe également tout un monde entre un vérificateur du secteur privé et un vérificateur législatif.

Tout d'abord, dans le secteur privé, les vérificateurs signent une opinion type, qui indique si les règles comptables ont été respectées. Cependant, il ne leur est pas possible de signaler des problèmes aux actionnaires.

Au contraire, la vérificatrice générale du Canada peut soulever dans ses rapports des problèmes au sujet de la pertinence des règles. Nous pouvons aussi nous adresser directement aux parlementaires lors des audiences et des comités.

Deuxièmement, dans l'affaire Enron, la chaîne de reddition de comptes, en ce qui concerne le rôle du conseil d'administration, du comité de vérification et des vérificateurs, comportait des lacunes graves.

De nombreuses mesures strictes ont été adoptées aux États-Unis : la loi Sarbanes Oxley, et les instructions et règlements des commissions de valeurs mobilières. Mais aucune règle ne peut contrebalancer la malhonnêteté et le manque d'éthique.

En tant que vérificatrice du gouvernement fédéral, je jouis d'une indépendance beaucoup plus grande. Nous ne nous faisons pas payer pour nos services. De plus, notre travail est plus transparent et il fait l'objet d'un examen critique.

Le système est-il parfait? Bien sûr que non. Mais en fait, les Canadiens et les Canadiennes critiquent souvent la façon dont le gouvernement s'occupe des finances publiques — particulièrement dans les jours suivant le dépôt de nos rapports — et cela est un signe de santé. De nombreux actionnaires d'Enron auraient bien voulu qu'il y ait eu des discussions semblables.

Mes secteurs d'intérêt

J'aimerais maintenant vous parler des cinq secteurs d'intérêt sur lesquels mon bureau mettra l'accent au cours des prochaines années.

Tous les nouveaux vérificateurs généraux réfléchissent sur ce qui est extrêmement important à leurs yeux et sur ce qu'ils veulent réaliser au cours de leur mandat.

Chacun d'entre nous a une occasion extraordinaire de produire des résultats positifs et il nous appartient de réfléchir sérieusement à l'héritage que nous aimerions laisser derrière nous. Voici les secteurs qui sont importants à mes yeux.

Le premier d'entre eux est la reddition de comptes au Parlement. Tous les vérificateurs généraux s'y sont intéressés, sans exception. Au début de mes remarques, j'espère que j'ai réussi à vous expliquer un peu pourquoi ce travail est aussi important. Le régime parlementaire a bien servi la population canadienne. Grâce à notre travail, nous cherchons à protéger et à renforcer le rôle du Parlement.

Un autre secteur d'intérêt de longue date du Bureau que je compte poursuivre est la promotion d'une fonction publique efficace. Nos vérifications aident à répondre à une question essentielle : les principales ressources du gouvernement — les personnes, les technologies et les ressources financières — sont-elles mises ensemble à profit pour obtenir des résultats pour la population canadienne et fait-on le meilleur usage possible des fonds publics?

Quand j'ai accepté ce poste, j'ai ressenti très fortement le besoin de produire des résultats positifs et durables pour les Canadiens et les Canadiennes pendant mon mandat.

Je voulais mettre l'accent sur les questions qui influent sur le bien-être de mes concitoyens et concitoyennes… les questions qui importent pour les Canadiens et les Canadiennes et qui touchent leur vie de tous les jours. Des questions comme la santé, la sécurité et l'environnement.

Comme je l'ai mentionné, de nombreuses personnes ne sont pas au courant du rôle important que nous jouons pour protéger l'environnement au moyen des vérifications.

Depuis 1995, nous avons au sein de notre bureau un commissaire à l'environnement. Aujourd'hui, c'est Johanne Gélinas qui est la commissaire. Avec son équipe, elle fait enquête sur des questions liées à l'environnement et au développement durable qui touchent les Canadiens et les Canadiennes en vérifiant le rendement du gouvernement fédéral en la matière.

Par le passé, ces rapports ont porté sur les changements climatiques, le smog, la santé du bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Au cours des prochaines semaines, elle déposera son rapport de 2002 au Parlement. Le rapport en dit beaucoup sur les mines abandonnées dans le Nord, les sites fédéraux contaminés et les espèces envahissantes. Je pense que vous le trouverez très intéressant.

L'équipe surveille aussi la mise en oeuvre des stratégies de développement durable des ministères fédéraux. Ce sont des documents publics qui décrivent les buts et les plans d'action concrets des ministères en vue d'intégrer le développement durable dans leurs politiques, leurs programmes et leurs activités.

L'équipe permet aussi une interaction constructive et significative entre les personnes et les organisations au Canada et notre gouvernement grâce à un processus de pétition publique.

Ce processus permet aux Canadiens et aux Canadiennes de demander à des ministres du gouvernement de répondre à leurs questions et à leurs préoccupations en matière d'environnement et de développement durable. La population canadienne utilise de plus en plus ce processus, mais nous aimerions qu'il soit davantage connu.

Toute personne peut déposer une pétition — une simple lettre suffit. Pour ceux d'entre vous qui sont curieux au sujet de ce processus, vous trouverez plus d'information sur notre site Web.

Mon quatrième secteur d'intérêt porte sur les questions autochtones. De toute évidence, ces questions préoccupent directement les 1,4 million de membres des Premières nations, des Inuits et des Métis au Canada, mais elles touchent aussi sensiblement la vie de la population non autochtone.

Le Bureau cherche à contribuer au bien-être des Autochtones en axant ses travaux sur les conditions sociales, économiques et environnementales auxquelles qu'ils doivent affronter.

Par exemple, par le passé, nous avons produit des rapports sur l'éducation élémentaire et secondaire, les revendications territoriales globales et la santé des membres des Premières nations.

Dans l'avenir, nous voulons examiner les logements sur les réserves, les programmes de développement économique, l'application des traités et l'appui nécessaire à une gouvernance efficace.

Et enfin, le dernier de mes secteurs d'intérêt est l'héritage et le patrimoine. Ces termes veulent dire ce qu'on lègue d'une génération à la suivante. Donc, il s'agit ici du long terme.

L'action ou l'inaction du gouvernement fédéral aujourd'hui a évidemment un effet sur les perspectives des générations futures. Quel aspect offrira le Canada quand nous serons prêts à prendre notre retraite? Que laisserons-nous à nos enfants et à nos petits-enfants? Aurons-nous préservé ou dilapidé les biens culturels, patrimoniaux et physiques auxquels nous attachons de la valeur et qui nous aident à nous définir comme Canadiens et Canadiennes?

Je veux que nos travaux aident à accroître la sensibilisation au fait qu'il est important de gérer en tenant compte du long terme.

Avant de récapituler ce que je vous ai dit et de répondre à vos questions, j'aimerais vous parler un peu de recrutement.

J'ai dit au départ que la comptabilité était plus qu'une profession — c'est une vocation. Et cela n'est nulle part aussi vrai qu'au Bureau du vérificateur général.

Nous cherchons des gens qui veulent produire des résultats positifs. Nous embauchons les meilleurs et les plus brillants, tant des personnes qui ont de l'expérience que de nouveaux diplômés. Et puis nous investissons dans leur formation.

En plus des possibilités de perfectionnement que nous lui offrons, notre personnel a l'occasion de travailler dans un large éventail de domaines. Comme nous travaillons dans le milieu bilingue de la fonction publique fédérale, nous donnons aussi à notre personnel la possibilité de travailler dans les deux langues officielles.

Donc en réfléchissant à votre avenir, songez à la valorisation qu'apporte une carrière dans la fonction publique, et particulièrement au Bureau du vérificateur général. Lyn Renaud, du service des ressources humaines du Bureau, qui est chargée du recrutement, m'accompagne aujourd'hui. Vous aurez l'occasion de la rencontrer un peu plus tard. N'hésitez pas à aller la voir et à lui poser toutes vos questions.

Ma petite publicité est terminée. Je vous remercie une fois de plus de m'avoir invitée à prendre la parole aujourd'hui. Je vous souhaite beaucoup de succès dans vos futures carrières, où qu'elles vous mènent. J'espère qu'elles seront intéressantes et satisfaisantes et j'espère également qu'elles vous donneront beaucoup de plaisir. Je suis convaincue que vous ferez tous une différence!

Je serais heureuse de répondre à vos questions.